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Les changements climatiques pourraient entraîner des pénuries d’eau en Alberta

Un silo de céréales avec de l'eau au premier plan.

Les changements climatiques ont d'importantes conséquences sur l'industrie agricole albertaine.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Radio-Canada

Les changements climatiques et l'augmentation des épisodes de sécheresse pourraient bientôt engendrer des pénuries d’eau en Alberta, ce qui aurait de graves conséquences sur l’industrie agricole, selon des experts.

La rivière Oldman est particulièrement tranquille ce jour-là dans le sud-ouest de l'Alberta. Dans cette région parfois en proie à des vents violents, ces journées paisibles sont idéales pour les pêcheurs comme Bob Costa.

Cet environnement m’a toujours apaisé. [...] Je ne voudrais pas qu’il soit perturbé, dit-il.

L’homme pêche dans la région depuis une quarantaine d’années. Il dit que le débit de la rivière n’a jamais été aussi faible.

Bob Costa tient une canne à pêche sur le bord d'une rivière.

Le niveau de la rivière diminue de plus en plus. À ce point-ci, je n’y pêcherai pas parce que les poissons sont trop stressés. Ils manquent d’oxygène, déplore-t-il.

Le phénomène n’est pas surprenant pour James Byrne, un climatologue de l'Université de Lethbridge, qui craint que les changements climatiques entraînent des pénuries d’eau au cours des prochaines années.

Nous sommes déjà à l’ère des catastrophes climatiques, affirme-t-il.

Pénuries dans le sud de l'Alberta

Les Prairies pourraient être particulièrement touchées, car ces régions font partie des plus grandes consommatrices industrielles et commerciales d’eau, notamment en raison de leurs secteurs agricoles.

En 2019, l’agriculture représentait 9,2 milliards de dollars du PIB de l’Alberta.

Le sud de la province dépend d’ailleurs de l’irrigation, un système qui consiste à apporter de l'eau à des cultures par des moyens artificiels au lieu de compter sur la pluie.

En octobre, le gouvernement albertain a annoncé un investissement de 815 millions de dollars afin de moderniser l'infrastructure des systèmes d'irrigation et de mieux stocker l'eau.

L’utilisation de l’eau dans le sud de l’Alberta est également restreinte et le gouvernement a cessé de délivrer des permis d'extraction d'eau.

Malgré tout, des experts croient que l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes fragilisera encore plus les ressources en eau de la province.

Nous avons alloué 100 % de notre eau. Nous ne pouvons pas en allouer davantage, affirme le professeur à la Faculté de géographie et d’environnement de l’Université de Lethbridge, Stefan Kienzle.

Selon lui, la plus grande menace à laquelle fait face le sud de l’Alberta est celle des sécheresses qui s’étendent sur plusieurs années.

Un champ de céréales dans le sud de l'Alberta.

L'industrie agricole dans le sud de l'Alberta dépend de l'irrigation.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Si une sécheresse dure plus de deux ans, c’est fini. L'irrigation n’est plus possible et c’est la fin de la productivité. Les municipalités et les industries vont devoir se battre pour maintenir nos robinets ouverts, dit-il.

Cet été, l’Alberta a d’ailleurs fait face à des vagues de chaleur sans précédent et plusieurs zones de la province ont déclaré un désastre agricole.

La province surveille la situation

Le ministre de l’Environnement et des Parcs, Jason Nixon, affirme que le programme de permis d’extraction d’eau permettra à l’Alberta de s’ajuster dans le cas de pénuries d’eau.

Il ajoute que la province partage son eau avec d’autres juridictions, ce qui signifie qu'elle peut avoir accès à davantage de ressources en eau.

Cela dit, nous reconnaissons à quel point le bassin [hydraulique de la rivière Oldman] est précieux. C’est pourquoi il est fermé. Nous continuons à le surveiller, explique le ministre.

Il ajoute que la province se concentre sur l’amélioration du système d’irrigation du sud de l’Alberta.

Cela nous permettra de nous assurer que nous sommes capables d’utiliser toutes les ressources en eau dont nous disposons, dit-il.

Quoi faire?

Selon Katie Morrison, la directrice de la conservation pour le sud de l'Alberta de la Société pour la nature et les parcs du Canada, l’activité humaine ainsi que les industries forestières et minières dans le sud de l’Alberta grèvent l’approvisionnement en eau déjà limité de la province.

Toutes ces choses mises ensemble exercent une pression sur une des ressources les plus précieuses de la province, dit-elle.

Le professeur de géographie à l’Université de Lethbridge James Byrne croit pour sa part que l’Alberta doit entamer une transition vers les énergies renouvelables dès maintenant.

Si on ne développe pas notre économie de manière à tirer profit des énergies renouvelables, elle va décliner, dit-il.

Avec les informations de Joel Dryden

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