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Différend commercial entre le Canada et les États-Unis sur les voitures électriques

Un nouvel irritant commercial entre le Canada et les États-Unis, qui couvait discrètement depuis des mois, a fini par éclater au grand jour.

Mary Ng en conférence de presse.

La ministre fédérale du Commerce international, Mary Ng, a fait parvenir une lettre aux élus américains concernant les préoccupations du Canada au sujet des véhicules électriques.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Le gouvernement Trudeau a fait parvenir une lettre à une douzaine de hauts responsables américains pour exprimer son désarroi face à une proposition, envisagée par les démocrates, qui pourrait perturber le secteur canadien de l'automobile.

La lettre de la ministre canadienne du Commerce international, Mary Ng, a été envoyée aux leaders de la Chambre des représentants et du Sénat, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, ainsi qu'à des membres du camp républicain dans les deux chambres, aux responsables des principaux comités et à la secrétaire au Commerce, Gina Raimondo.

L'enjeu est l'énorme projet de loi budgétaire, qui constitue le cœur du programme national du président américain Joe Biden. Comme l'a rapporté CBC News la semaine dernière, les responsables canadiens s'inquiètent d'une proposition de type Buy American qui s'y trouve.

Les démocrates espèrent rapidement parvenir à un accord entre eux pour faire passer ce projet de loi contenant environ 2000 milliards de dollars destinés, notamment, à la lutte aux changements climatiques ainsi qu'à l'amélioration des services de garde, du congé parental et des soins de santé.

L'une des plus importantes dispositions en matière de lutte aux changements climatiques, soit les incitatifs financiers pour l'achat de véhicules électriques, ne fait toutefois pas le bonheur du gouvernement Trudeau et du secteur automobile canadien.

Les démocrates souhaitent offrir 12 500 $ en crédit d'impôt à ceux qui achètent un véhicule électrique. Or, une partie de cet incitatif ne serait valide que s'il s'agit d'une voiture assemblée aux États-Unis.

Selon la proposition des démocrates, d'ici cinq ans, la totalité du crédit de 12 500 $ ne pourrait s'appliquer qu'aux véhicules sortis des usines américaines.

Ottawa redoute que cette proposition refroidisse les entreprises qui en sont à déterminer où elles installeront leurs usines à véhicules électriques. Un tel crédit pourrait décourager les investisseurs de faire affaire au Canada, s'inquiète le gouvernement Trudeau.

Outre les conséquences de l'instauration de cet incitatif financier, la ministre Ng a fait part aux élus américains de ses « graves inquiétudes » quant au déclin historique de la coopération canado-américaine dans le secteur de l'automobile, à la perte de dizaines de milliers d'emplois au Canada et aux dommages collatéraux que pourraient subir les travailleurs américains du secteur de l'automobile.

« Cette proposition saperait des décennies de coopération entre les États-Unis et le Canada visant à favoriser une chaîne intégrée de production et d'approvisionnement qui est mutuellement avantageuse. »

— Une citation de  Mary Ng, ministre canadienne du Commerce international

S'ils étaient adoptés, ces crédits auraient un impact négatif majeur sur l'avenir de la production de [véhicules électriques] et d'automobiles au Canada, ce qui entraînerait un risque de préjudice économique grave et des dizaines de milliers de pertes d'emploi dans l'un des plus grands secteurs manufacturiers du Canada, poursuit Mme Ng.

Dans sa lettre, la ministre Ng laisse entrevoir la possibilité de représailles. Elle affirme que la proposition viole les engagements des États-Unis en vertu du nouvel accord commercial nord-américain et des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Elle indique également qu'elle va à l'encontre des engagements pris par les États-Unis de collaborer avec le Canada pour développer l'industrie des véhicules électriques et l'exploitation des minerais essentiels utilisés pour les construire.

Les démocrates entendent faire adopter leur projet de loi avant que le président Biden se rende à Glasgow pour participer à la 26e Conférence sur les changements climatiques (COP), qui débutera le 31 octobre .

Ils espèrent ensuite pouvoir réaliser des avancées suffisantes, susceptibles d'intéresser les électeurs américains qui se rendront aux urnes le 2 novembre prochain, date où se tiendront une série de scrutins dans plusieurs États.

D'après un texte d'Alexander Panetta, de CBC

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