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COP26 : des investisseurs canadiens gérant 5500 G$ signent une déclaration

Les grands investisseurs ne descendent pas dans les rues pour exprimer leurs préoccupations en matière d’environnement, mais ont le poids financier pour changer les choses.

Un drapeau canadien avec, en arrière-plan, de la fumée qui sort d'une cheminée.

Parmi les signataires de la déclaration, le Mouvement Desjardins espère atteindre la carboneutralité dans ses activités d'approvisionnement, de financement et d'investissement en énergie, transport et immobilier d'ici 2040.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Trente-six investisseurs institutionnels canadiens représentant 5500 milliards d’actifs sous gestion ont signé une déclaration sur le climat. L’initiative, réalisée dans le cadre de la 26e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, se veut « plus que des mots ».

Avec les actifs que nous gérons, nous sommes un levier pour changer l’économie réelle, affirme le président du conseil de l’Association d’investissement responsable.

Roger Beauchemin, également président et chef de la direction d’Addenda Capital, soutient qu’il est bien beau de liquider son portefeuille d’une société œuvrant dans les hydrocarbures, par exemple, mais que ce geste n’aura dans les faits que très peu d’impact.

Dans la déclaration (Nouvelle fenêtre), les investisseurs appellent les entreprises à agir face aux risques climatiques les plus significatifs, notamment par le biais de leur association industrielle et de leurs activités de lobbying.

Les divisions de gestion d’actifs des plus grandes banques canadiennes, dont le Mouvement Desjardins et la Banque Nationale, sont signataires de la déclaration. La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui tournera le dos au pétrole d’ici 2022, et la Commission du régime de retraite de l’Ontario en font aussi partie.

Pour faire progresser l’objectif mondial de zéro émission nette d'ici 2050, les investisseurs s’engagent entre autres à divulguer les émissions [de gaz à effet de serre] financées et à exiger des entreprises dans lesquelles ils investissent qu’elles fixent des objectifs en matière d’émissions et rendent compte de leur progrès.

Mais il n'y a pas que la vertu dans cette déclaration; il s'agit aussi d'une affaire d'argent.

« En tant que gestionnaires de capital, nous avons la responsabilité fiduciaire de considérer tous les facteurs importants qui peuvent avoir une incidence sur les rendements ajustés au risque de nos investissements, y compris les risques et occasions liés au climat. »

— Une citation de  Extrait de la Déclaration des investisseurs canadiens sur les changements climatiques

La déclaration insiste également sur les droits des Autochtones – une perspective canadienne absente de la conversation mondiale, peut-on y lire – et l’importance de leurs voix dans le processus décisionnel des investisseurs en matière d’action climatique.

Le Bureau du surintendant des institutions financières, qui surveille et réglemente les banques, se penche présentement sur les risques des changements climatiques sur la sûreté et la solidité du système financier. L’organisme prévoit faire connaître les étapes de sa démarche en vue d’élaborer une politique sur le climat au début de l’an prochain.

Que faire de la forte demande en énergie?

La croissance économique actuelle vient avec son revers : la demande en énergie, de l’essence au gaz naturel en passant par le charbon, est sous forte pression. Certains investisseurs y voient même des occasions de rendement chez les producteurs pétroliers canadiens au cours des prochaines années.

Vous avez tout à fait raison, admet Roger Beauchemin. Le problème présentement, c’est qu’on veut se débarrasser du pétrole et qu’on sait qu'on a besoin de le faire, mais on n’a pas encore trouvé de produits de substitution.

Le prix sur la pollution reste selon lui insuffisant, en plus de ne pas être étendu à tous les pays, ce qui rend la chose plus pénible et plus difficile.

M. Beauchemin soutient qu’il est cependant facile de lancer la pierre à l'ouest et à l’extraction de pétrole. Les Québécois ont aussi un énorme rôle à jouer dans cette transition énergétique, souligne-t-il. Il faut qu’on soit efficace avec notre énergie ici, car ce qu’on n’utilise pas peut être exporté.

Trop peu, trop tard

Le monde financier commence à bouger, mais propose encore d’en faire trop peu, trop tard, selon le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin. Au-delà de leur engagement pour 2050, les institutions financières doivent intégrer les conclusions de l’Agence internationale de l’énergie dans leurs stratégies climatiques, ce qui requiert qu’elles cessent de financer les nouveaux projets d'hydrocarbures.

Le pragmatisme doit avoir priorité sur des politiques plus dogmatiques où, du jour au lendemain, on doit passer à la carboneutralité incessamment, croit plutôt l'économiste en chef de la Banque Nationale. Stéfane Marion indique qu'il est avant tout nécessaire d'accompagner les entreprises dans ce processus de transition.

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