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Le modèle de financement des prothèses de l’Alberta est désuet, selon les amputés

Angela Oakley promenant son chien.

Angela Oakley promène son chien, Gretchen, à Edmonton, avec sa nouvelle prothèse de genou à microprocesseur.

Photo : Radio-Canada / Nathan Gross

Après des mois en fauteuil roulant, Angela Oakley, une vétérinaire de Grande Prairie, peut enfin reprendre ses activités physiques grâce à une nouvelle prothèse de genou. Sa mobilité a toutefois coûté cher et elle dénonce la structure de financement albertaine des prothèses qu'elle qualifie de dépassée et d'injuste.

Après de nombreuses interventions chirurgicales et l'amputation d'une partie de sa jambe il y a quelques années, Angela Oakley est devenue amputée au-dessus du genou.

Sa nouvelle prothèse, qu'elle a depuis la semaine dernière, coûte environ 57 000 $ et Alberta Aids to Daily Living, le programme provincial qui finance l'équipement médical pour les incapacités à long terme, lui remboursera un maximum de 6000 $.

Mais ce n’est pas tout, les prothèses de genou durent généralement de six à dix ans. De ce fait, elle s'attend à devoir la changer cinq à huit fois au cours de sa vie.

Cette fois-ci, elle a pu trouver les fonds nécessaires grâce à son entourage et à son employeur.

Pour faire changer les choses, Angela Oakley a lancé une pétition demandant des changements dans le financement des prothèses et a contacté le ministre de la Santé de l'Alberta.

Benjamin Proulx se tient debout devant une caméra lors d'un entretien.

Prothèse beaucoup plus coûteuse

Il existe deux types de prothèses de genou : mécanique et à microprocesseur. Le deuxième modèle, plus sophistiqué, s’avère beaucoup plus coûteux.

Le genou à microprocesseur s'adapte automatiquement aux informations en temps réel sur la démarche et la vitesse de l'utilisateur.

En raison des lésions nerveuses et du manque de force musculaire dans sa jambe gauche, ce type de prothèse est nécessaire pour qu'Angela Oakley se sente en sécurité. De plus, avec son mode de vie actif, le genou mécanique ne s’avère pas suffisant.

Des années de revendication, aucun résultat

Ben Proulx, qui a perdu une de ses jambes à quatre ans à cause d'un cancer, a reçu son premier genou à microprocesseur lorsqu'il était adolescent.

Il a fait du lobbying auprès des trois derniers gouvernements provinciaux pour leur demander un financement accru pour les prothèses, mais malgré de nombreuses rencontres avec des décideurs politiques où il était armé d’études et de données il n'a pas eu de succès.

Carolyn Gregson, porte-parole du ministère de la Santé de l'Alberta, souligne que le programme d'aide à la vie quotidienne de l'Alberta est destiné à répondre aux besoins de base des Albertains pour les aider à rester indépendants.

Investissement à long terme

Dans un article pour le Canadian Prosthetics & Orthotics Journal, Calvin Howard et ses collègues ont examiné la couverture des prothèses dans les 10 provinces.

Ils ont découvert que les amputés pouvaient recevoir jusqu'à 15 000 $ pour des genoux à microprocesseur en Saskatchewan et jusqu'à 20 000 $ au Nouveau-Brunswick. La couverture de la Nouvelle-Écosse était similaire à celle de l'Alberta. Aucune province ne les finançait entièrement.

Calvin Howard, médecin au Manitoba, note que le coût des prothèses a explosé au cours des dernières années, alors que les politiques provinciales de financement n'ont pas suivi.

Il souligne également que bien que les prothèses de pointe soient coûteuses, la recherche a montré qu’elles peuvent, en réduisant les risques de développer des problèmes de santé connexes, permettre à la société de réaliser des économies au fil du temps.

Avec les informations de Madeleine Cummings

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