•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des groupes communautaires critiquent le sondage concernant la police d’Ottawa

Une voiture du Service de police d'Ottawa.

Les résultats du sondage doivent servir à l'élaboration du budget du corps policier (archives)

Photo : Radio-Canada / Emilien Juteau

Radio-Canada

Des groupes communautaires remettent en cause les résultats du sondage concernant le budget du Service de police d'Ottawa (SPO). Certains estiment que l'exercice a été mené de façon partiale.

Le Service de police et la Commission des services policiers ont consulté des milliers de personnes dans les derniers mois pour avoir leur avis sur l'état de la situation afin d'élaborer le prochain budget.

Les résultats de cet important sondage, rendus publics jeudi, ont entre autres révélé que la confiance du public à l'endroit du SPO s'est dégradée depuis 2018 et que la moitié des résidents sont en faveur d'une augmentation du budget de la police.

Vendredi, des groupes communautaires ont remis en question les résultats de ce rapport. Le groupe Horizon Ottawa, qui demande notamment un gel ou une diminution du budget, considère que ce sondage n'est pas impartial, qu'il manque d'objectivité.

Je pense qu'ils étaient forcés de mettre ces [chiffres] dans leur rapport et leur sondage pour avoir un certain type de légitimité, a commenté Sam Hersh, le porte-parole du groupe.

« À la fin de la journée, la police et le chef de police Peter Sloly sont intéressés à avoir plus d'argent dans leur budget et c'est ce qu'ils ont essayé de faire avec ce sondage. »

— Une citation de  Sam Hersh, porte-parole du groupe Horizon Ottawa

C'est clair que ce n'est pas un sondage scientifique, a soutenu M. Hersh. Il a réitéré qu'Horizon Ottawa milite pour des services spécialisés qui serviraient d'alternative à la réponse policière en cas d'incident.

Les résidents d'Ottawa souhaitent d'ailleurs voir une nouvelle approche par rapport aux questions sociales au sein des forces policières, particulièrement en matière de santé mentale. Une majorité de répondants au sondage a indiqué qu'elle voulait qu'une partie des responsabilités policières soient remises aux services communautaires.

En réponse à cette demande, le chef du corps policier, Peter Sloly, a déclaré avoir entendu les appels au changement qui incluent le besoin de mieux collaborer avec nos partenaires à l’élaboration des méthodes d’intervention alternative face aux problèmes sociaux, surtout en matière de maladie mentale.

Pour qu'un tel changement soit mis en place, il faudrait à la fois une réorganisation budgétaire et une réorganisation des services policiers, selon Ketcia Peters, directrice générale de l'organisme Nord-Sud développement racines et cultures Canada.

Ils le constatent. Ils le disent que le modèle présent ne fonctionne pas, a-t-elle fait valoir en entrevue. Mais leur réponse à ça, c'est d'augmenter les ressources, d'augmenter le budget, alors ce n'est pas cohérent.

« Il n’y a pas de lien entre l’augmentation budgétaire pour les services policiers et la réduction des crimes. Alors l’argument n’est pas vraiment fondé.  »

— Une citation de  Ketcia Peters, directrice générale de l'organisme Nord-Sud développement racines et cultures Canada
Une femme est devant l'édifice du Parlement, à Ottawa.

Ketcia Peters, directrice générale de Nord-Sud développement racines et cultures Canada

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Le sondage ne reflète vraiment pas le discours, les conversations qui ont eu lieu, selon Mme Peters. Elle fait notamment référence au mouvement d'indignation mondial qui a suivi le meurtre de George Floyd aux États-Unis.

La présidente de la Commission des services policiers, Diane Deans, a décliné la demande d'entrevue d'ICI Ottawa-Gatineau. Elle s'adressera aux médias lundi, après la rencontre de la commission où il sera question de ce rapport.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !