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Des municipalités demandent à Ottawa de payer les arriérés de salaire de la GRC

Un agent de la GRC.

Les municipalités desservies par la GRC payent jusqu'à 90 % des coûts associés à ses services, mais c'est Ottawa qui est responsable de négocier avec le syndicat.

Photo : Reuters / Chris Wattie

Des municipalités de l'Alberta et d'ailleurs au Canada se disent prises de court par l’augmentation salariale rétroactive qu'elles doivent verser aux agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en vertu de la nouvelle convention collective. Comme c’est Ottawa qui l’a négociée, elles lui demandent de payer les arriérés.

La toute première convention collective de la GRC comprend une hausse de salaire de 20 000 $ par an pour les gendarmes, qui s'applique rétroactivement. Leur contrat a pris fin en 2017.

Pour la municipalité de Stony Plain, près d’Edmonton, en Alberta, cela veut dire une facture de 1,2 million de dollars pour 2022. Non loin de là, la Municipalité de Saint-Albert s’attend à débourser 3 millions. Airdrie, près de Calgary, estime que sa facture s’élèvera à 4 millions de dollars.

Ce montant a été un gros choc pour toutes les municipalités desservies par la GRC, affirme le maire de Stony Plain, William Choy.

Ce dernier dit qu’il était effectivement injuste que les agents de la GRC, qui n’étaient pas syndiqués avant 2015, soient moins payés que les autres policiers. Il croit qu’ils méritent une hausse salariale.

Je les soutiens à 100 %, mais le problème, c’est que nous n’étiond pas à la table des négociations, explique-t-il.

Selon lui, le moins qu’Ottawa puisse faire est de payer les arriérés de salaire dus en 2022, qui s’élèvent à 800 000 $ pour sa municipalité.

Plusieurs autres maires demandent la même chose.

La Fédération des municipalités interpelle Ottawa

Les employés de la GRC n'ont pas pu avoir de syndicat avant 2015. C’est leur première convention collective.

Le gouvernement canadien dit qu’il avait demandé aux municipalités de mettre de l’argent de côté en prévision d’une hausse salariale rétroactive.

La Fédération canadienne des municipalités (FCM) dit toutefois qu'on lui avait dit de se préparer à une hausse de 2,5 %. Selon ses calculs, celle qui a été accordée frôle plutôt les 4 %.

« Il y a un écart, auquel nous ne pouvons pas trouver des solutions seuls », dit le deuxième vice-président de la FCM, Scott Pearce.

La FCM a envoyé une lettre au gouvernement fédéral pour lui demander d’absorber tous les coûts rétroactifs liés à la mise en place du nouveau régime.

Elle lui demande aussi de s’engager à consulter les municipalités adéquatement lors de futures décisions du genre.

Le ministère de la Sécurité publique n’avait pas répondu aux questions de Radio-Canada à ce sujet au moment de la publication de ce texte.

Un précédent au Québec

Scott Pearce, qui est également maire du canton de Gore, au Québec, dit qu’une situation semblable est arrivée lorsque le gouvernement provincial a consenti à une importante hausse salariale pour les policiers de la Sûreté du Québec en 2017.

Il y avait une frustration parce que vous négociez avec l’argent des municipalités et on n’a même pas de siège autour de la table, raconte-t-il.

Le gouvernement provincial a finalement sorti le chéquier pour absorber une partie des coûts. Scott Pearce espère qu’Ottawa suivra son exemple.

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