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Les Métis de Sault-Sainte-Marie réclament un processus de revendications territoriales

Aciérie Algoma en bordure de la rivière Ste-Marie à Sault-Sainte-Marie.

Des terres qui longent la rivière Ste-Marie avaient été promises aux Métis lors de la signature du traité Robinson-Huron en 1850.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Mathieu Tremblay

Dans une lettre, la Nation métisse de l’Ontario demande au gouvernement fédéral d’établir un processus permettant à ses membres de la région de Sault-Sainte-Marie de soumettre leurs revendications territoriales.

Ils veulent être compensés pour des terres qui leur avaient été promises il y a 171 ans, lors de la signature du traité Robinson-Huron.

Les terres en question longent la rivière Ste-Marie et comprennent une partie du centre-ville de Sault-Sainte-Marie. C’est d’ailleurs sur ces terres que se trouve l’hôtel de ville.

Le conseiller régional de la Nation métisse de l’Ontario, Mitch Case, explique qu’en 1850, William B. Robinson, qui représentait le gouvernement fédéral dans la négociation du traité avec les Autochtones, a promis que les terres qu’occupaient les Métis seraient protégées et que les inquiétudes au sujet du maintien de ces terres seraient évaluées.

Mais 171 ans plus tard, déplore Mitch Case, rien n’a encore été fait en ce sens.

« Il est temps que le Canada fasse la bonne chose. »

— Une citation de  Mitch Case, conseiller régional de Sault-Sainte-Marie pour la Nation métisse de l’Ontario

La perte de ces terres anciennement occupées par ses ancêtres a eu de lourdes conséquences sur de nombreuses générations, déplore M. Case.

« C’était notre voie d’accès à la pêche, notre source de revenus à l’époque et la perte de ces terres a causé une grande pauvreté intergénérationnelle. »

— Une citation de  Mitch Case, conseiller régional de Sault-Sainte-Marie pour la Nation métisse de l’Ontario

La Nation métisse ne demande pas à ravoir ces terres exactes, mais plutôt à être compensée.

Pour l'instant, les mécanismes de revendications territoriales n'existent que pour les bandes reconnues par la Loi sur les Indiens.

En 2019, le gouvernement fédéral a reconnu le droit à l'autogouvernance des Métis de l'Ontario.

L'accord conclu à l’époque ne comportait toutefois pas d'engagement spécifique sur les revendications territoriales, mais ouvrait la porte à des négociations.

Il va devoir y avoir des conversations sur les litiges à régler [...], mais ce processus n’a pas encore eu lieu, c’est ça que nous demandons, fait savoir M. Case.

L’ancienne vice-présidente de la Nation métisse de l’Ontario, France Picotte, souligne que bien d’autres Métis se trouvent dans la même situation.

Et l’inaction du gouvernement fédéral a des conséquences bien plus que sur le plan financier.

Photo de France chez elle

France Picotte est une ancienne vice-présidente de la Nation métisse de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Benoit

Si le gouvernement ne respecte pas ses obligations, comment pense-t-on que le restant de la population va respecter les Métis comme personnes indigènes avec des droits? [...] Ils n’ont pas besoin de le faire si le gouvernement nous respecte à peine, déclare-t-elle.

Dans une déclaration, le député fédéral libéral de Sault-Sainte-Marie, Terry Sheehan, s’engage à rencontrer prochainement Mitch Case, afin de discuter de leur travail conjoint pour faire avancer la réconciliation et construire une nouvelle relation gouvernementale de Nation à Nation basée sur l’affirmation des droits, le respect, la coopération et le partenariat.

Dans un courriel, le ministère fédéral des Relations Couronne-Autochtones a indiqué que le Canada est déterminé à faire progresser la réconciliation à long terme et à renouveler les relations avec les peuples autochtones, y compris les Métis, sur la base de l'affirmation des droits, du respect, de la coopération et du partenariat.

« Nous examinerons attentivement la demande de la Nation métisse de l'Ontario en ce qui concerne les droits revendiqués et les griefs en suspens et nous sommes impatients d'avoir des discussions directement avec elle pour explorer ces questions plus en profondeur. »

— Une citation de  Courriel du ministère fédéral des Relations Couronne-Autochtones

Le ministère rappelle que le fédéral et la Nation métisse de l'Ontario ont signé un accord-cadre en 2017 qui établissait un processus de collaboration pour faire progresser la réconciliation et établir une relation renouvelée de gouvernement à gouvernement.

Bien que nous nous soyons concentrés jusqu'à présent sur l'avancement de l'autonomie gouvernementale, nous demeurons déterminés à continuer de travailler en partenariat avec la MNO afin de progresser sur d'autres priorités communes, ajoute le porte-parole du ministère.

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