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En Alaska, des Autochtones veulent sonder le terrain d’un ancien pensionnat

Une rue vide bordée d'édifices historiques.

À Skagway, le Conseil Traditionnel souhaite que le site de l'ancien pensionnat pour Autochtones soit fouillé.

Photo : Andrew Cremata

Radio-Canada

À Skagway, le Conseil Traditionnel entame un long processus qui devrait mener à la fouille du site de l’ancien pensionnat pour Autochtones de la ville, l’École Pius X Mission, et la collecte de documents qui retracent l’histoire de ses jeunes résidents.

Le site de l’ancien pensionnat Pius X Mission de Skagway ne laisse pas présager ce qu’il s’y est passé entre 1932 et 1959, lorsqu’une soixantaine d’enfants et d'adolescents venus de tout l’État y ont été envoyés.

Le terrain est devenu un parc pour véhicules récréatifs. La Ville veut en utiliser une partie pour du développement immobilier. Le Conseil Traditionnel de Skagway (STC) a demandé à ce que l’emplacement fasse l’objet de fouilles approfondies avant que des logements n'y soit construits.

Sara Kinjo-Hischer, administratrice du STC, explique que des fouilles ont déjà eu lieu puisque des conduits d’eau et d’égouts ont été installés lorsque le camping était en chantier. L'actualité a fini de convaincre les Tlingit.

La volonté de faire une étude archéologique et d’utiliser le radar de pénétration du sol est venue après les horribles découvertes dans les pensionnats autochtones canadiens, explique Sara Knijo-Hischer.

Entamer les discussions

Elle note pourtant ne pas être au courant de témoignages affirmant qu’il y aurait des restes humains sur le terrain de Skagway, mais qu’après avoir entendu un grand nombre d’histoires effrayantes, le STC pense que c’est son devoir de faire ces démarches.

« Je suppose que nos espoirs seraient d'entamer cette discussion pour reconnaître qu'il y avait un pensionnat ici et de faire preuve de diligence raisonnable pour s'assurer qu'il n'y a pas de restes humains ou qu'il n'y a pas quelque chose qui devrait être trouvé. »

— Une citation de  Sara Kinjo-Hischer, administratrice, Conseil Traditionnel de Skagway

Mme Kinjo-Hischer insiste sur la notion de discussions, puisqu’elle trouve ces dernières insuffisantes à ce stade, même si, avec la nouvelle administration américaine, les choses commencent lentement à changer.

En juin dernier, la secrétaire de l’intérieur, Deb Haaland, elle-même membre de la Première Nation Laguna Pueblo, a annoncé une enquête fédérale sur plus de 350 pensionnats répartis dans tout les États-Unis, dont plusieurs se trouvent en Alaska.

C’est un début. Et notre espoir c’est que cette initiative s’étende aux pensionnats non fédéraux ou religieux.

Début de longues recherches

Cette enquête vise avant tout à faire ressortir des informations manquantes sur ces établissements. Pour les Tlingit de Skagway, le processus a déjà commencé.

Le Conseil Traditionnel a entamé des démarches pour rassembler le plus de documentation possible sur l’École Pius X Mission, à commencer par la liste des enfants et adolescents qui y ont été envoyés.

Sans compter que le pensionnat a brûlé en 1945 emportant probablement avec lui des archives importantes.

Mme Kinjo-Hischer affirme qu’ils ont contacté les Soeurs de Sainte-Anne, qui s’occupaient de l'établissement quand il était ouvert, sans avoir obtenu de réponse dans l’immédiat. Ils ont aussi localisé un ancien étudiant qui avait fait des recherches sur le pensionnat.

Ça va certainement être un travail de longue haleine. Nous avons une personne dont c’est le travail en ce moment.

Changer de point de vue

Un autre problème qu’évoque Mme Kinjo-Hischer, est que jusqu’à présent le peu de documents qu’ils ont sur le pensionnat ou les histoires qui circulent sur ce dernier sont racontées du point de vue de l’Église.

« Peu importe ce que l’on trouve, que cela soit à travers les fouilles ou par des documents de recherches, on espère qu’on arrivera à une histoire racontée par les membres autochtones qui ont fréquenté le pensionnat. »

— Une citation de  Sara Kinjo-Hischer, administratrice, Conseil Traditionnel de Skagway

Sara Kinjo-Hischer espère aussi qu’en plus d’ouvrir les discussions sur la réalité des pensionnats pour Autochtones, cela amènera les gens à parler de la propriété foncière et que cela aidera les survivants, notamment ceux qui ont été envoyés dans ces pensionnats alors qu’ils étaient trop jeunes pour se rappeler d’où ils venaient.

Quand les études sur l’emplacement seront terminées, le STC souhaiterait récupérer un bout de terre qui est aujourd’hui détenu par la Ville. Pour le moment, il n’y a pas eu de discussion sur le projet pour la zone, qui pourrait dépendre de ce qui est trouvé ou non lors des fouilles.

Le maire de Sagaway, Andrew Cremata, n’a pas souhaité s'exprimer sur le sujet affirmant qu’il était encore trop tôt.

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