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Quatrième vague : un discours de Higgs « centré sur soi », analyse un psychologue

Le premier ministre Blaine Higgs en conférence de presse le 21 octobre 2021.

Le premier ministre Blaine Higgs partage la frustration des gens liée à la pandémie, mais craint que les commentaires négatifs démoralisent les membres de son équipe qui luttent contre la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

En conférence de presse jeudi, le premier ministre Blaine Higgs s’est adressé à la population néo-brunswickoise dans un discours où il partage la colère des gens et semble lancer un appel à la responsabilisation. Le psychologue Jean-Michel Robichaud craint toutefois que le « centrage sur soi » de Higgs porte atteinte à la pertinence de son message.

En effet, le premier ministre soutient dans son allocution que les commentaires négatifs de la population blessent. Plus encore, il déclare qu'ils blessent mon équipe, ils me blessent personnellement, ils blessent ma famille et ils blessent notre habileté à se lever et combattre cette quatrième vague.

Il nous appelle à la responsabilisation en disant que nos commentaires individuels ont une importance et ont un impact, analyse le psychologue. Il s’agit là d’une reconnaissance pertinente, selon M. Robichaud.

Un portrait photo de Jean-Michel Robichaud.

Jean-Michel Robichaud est psychologue dans une clinique de psychologie à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Jean-Michel Robichaud

Mais la formulation utilisée par Blaine Higgs pose problème, poursuit-il. La colère générée par la fatigue [due à la] COVID et toutes les conséquences qui en découlent est très loin de se limiter à un impact sur l’équipe de M. Higgs, défend-il.

Il constate d'ailleurs que la frustration mène à des commentaires agressifs, voire discriminatoires, entre les citoyens.

Ça divise la population. On le voit entre les camps vaccinés et non vaccinés. Ça génère des conflits dans les familles. Ça crée des malaises dans les endroits publics. Bref, on est tous victimes de la colère dont M. Higgs parle, détaille-t-il.

En ce sens, il pense que la portée de son discours pourrait être minimisée. Les gens pourraient se dire : "Moi aussi je souffre", illustre M. Robichaud.

Un besoin de transparence

Bien que le premier ministre prenne toute la responsabilité de la gestion de la pandémie dans la province, il dit également que son équipe et lui font de leur mieux avec l'information qu'ils ont au moment de prendre une décision.

Pour la population, c'est quand même rassurant d'entendre ça, admet le psychologue clinicien. Il ajoute que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, le fait d'avouer ses torts – en tant que figure d'autorité – ça rapproche. On a l'impression qu'on nous dit un peu plus la vérité, explique M. Robichaud.

Somme toute, il reconnaît que la population doit être indulgente à l’égard de Blaine Higgs et de son équipe. Cependant, il est aussi important, selon lui, de reconnaître qu'il faut être indulgent les uns envers les autres, à travers les professions, et à travers les gens qui à leur manière nous aident à combattre la crise sanitaire.

Bienveillance dans les écoles

Dans certains de ses établissements, le District scolaire francophone Sud (DSFS) a été témoin de situations où des personnes ont manqué de respect à des membres de son personnel.

C'est pourquoi nous rappelons à toutes et à tous que nos écoles doivent demeurer des endroits où le respect est de mise et ce, en tout temps, indique le coordinateur des relations stratégiques du DSFS, Jean-Luc Thériault.

De ce fait, le district compte apposer prochainement des affiches aux réceptions de ses écoles, sur lesquelles on pourra lire leurs cinq règles de sagesse et de bienveillance en temps de pandémie.

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