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Israël qualifie six ONG palestiniennes d’« organisations terroristes »

Un homme  au visage sévère s'adresse à unauditoire.

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, à Jérusalem le 12 octobre.

Photo : Getty Images / Amir Levy

Agence France-Presse

Le gouvernement israélien a annoncé vendredi avoir placé sur sa liste des « organisations terroristes » six ONG palestiniennes liées, selon lui, au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une décision critiquée par l'ONU et des organisations de défense des droits de la personne.

L'État hébreu et l'Union européenne considèrent depuis des années le FPLP, groupe armé palestinien d'obédience marxiste, comme une organisation terroriste. De nombreuses personnalités liées à ce mouvement, qui compte aussi une branche politique, ont été écrouées ces dernières années.

Ces organisations font partie d'un réseau d'organisations qui, sous couvert d'activités internationales, dépendent du FPLP pour soutenir ses objectifs et promouvoir ses activités, est-il écrit dans un communiqué du bureau du ministre israélien de la Défense, Benny Gantz.

Al-Haq et Addameer sur la liste noire

La décision israélienne a suscité la colère de nombreuses organisations internationales, tandis que l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas l'a qualifiée d'assaut perturbant contre la société civile palestinienne.

Parmi les six ONG palestiniennes placées sur liste noire par le ministère israélien de la Défense figurent les organisations de défense des droits de la personne al-Haq et Addameer, qui défend les prisonniers palestiniens en Israël.

Lundi, Israël avait déjà annoncé avoir révoqué le statut de résident de Jérusalem du Franco-Palestinien Salah Hamouri, un des principaux avocats d'Addameer.

Ces organisations sont liées à la direction du FPLP qui appelle à la destruction d'Israël par des actes terroristes et elles bénéficient d'aides d'États européens et d'organisations internationales obtenues de manière frauduleuse, a dénoncé M. Gantz.

Des fonds détournés

Le service israélien de renseignement intérieur avait accusé en mai des ONG en Cisjordanie occupée d'avoir détourné des fonds de plusieurs pays européens, dont la Suisse, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne et la Grande-Bretagne, au profit du FPLP.

Un responsable sécuritaire israélien avait alors assuré que des dizaines de millions de dollars avaient été transférés sans qu'aucun des gouvernements ne sache où allait l'argent.

Cet argent a permis au FPLP de financer les familles des prisonniers et des auteurs d'attentats, de payer des salaires à ses membres, de renforcer ses activités terroristes et de diffuser son idéologie, a affirmé vendredi le ministère de la Défense, appelant la communauté internationale à couper tous les contacts avec ce type d'organisations.

Les États-Unis, grand allié d'Israël, ont affirmé qu'ils allaient consulter leurs partenaires israéliens pour obtenir plus d'informations concernant les fondements de la décision israélienne.

« Le gouvernement israélien ne nous a pas prévenus. »

— Une citation de  Ned Price, porte-parole du département d'État

Nous considérons que les droits de la personne, les libertés fondamentales et une société civile forte sont cruciales, a-t-il ajouté.

Le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme dans les Territoires palestiniens s'est dit alarmé par la décision israélienne. Il a accusé Israël de mener une longue campagne stigmatisant ces organisations et d'autres ONG, et restreignant leur capacité à mener leurs tâches cruciales.

Les lois antiterroristes ne doivent pas être utilisées pour empêcher le travail légitime visant à préserver les droits de l'homme et à apporter de l'aide humanitaire, a déclaré l'organisation; elle a ajouté que les raisons données par Israël semblaient vagues et non pertinentes.

Amnistie internationale et Human Rights Watch ont également dénoncé une décision épouvantable, injuste et alarmante qui menace le travail de certaines des ONG palestiniennes les plus importantes.

« Il s'agit d'une décision politique, pas sécuritaire, qui s'inscrit dans une longue campagne menée par Israël contre les ONG palestiniennes afin de les faire taire. »

— Une citation de  Shawan Jarareen, directeur d'al-Haq

L'ONG israélienne anticolonisation B'Tselem a jugé la décision des autorités israéliennes digne des régimes totalitaires.

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