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Ras-le-bol des agents correctionnels à la prison de Roberval

Des chemises accrochées à une clôture.

Des agents correctionnels ont accroché des chemises sur la clôture de la prison de Roberval en guise de protestation.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Radio-Canada

Les agents correctionnels de la prison de Roberval, en négociation pour renouveler leur convention collective depuis un an et demi, ont accroché leurs chemises de travail sur la clôture extérieure de l'établissement de détention en guise de moyen de pression. Un cas de COVID-19 parmi les détenus les inquiète énormément également.

Sur les chemises, les agents ont inscrit des numéros. Ils voulaient ainsi démontrer qu'ils se sentent traités comme de simples numéros par Québec.

Ils souhaitent en premier lieu ne plus faire de temps supplémentaire et recevoir un salaire comparable aux agents du fédéral. Ils dénoncent aussi un climat de travail qu'ils jugent particulièrement difficile. Signe d'un grand mécontentement, les démissions ont été plus nombreuses au cours de la dernière année, alors que certains quittent après 10-15 ans à l'emploi.

Des chemises accrochés à une clôture devant la prison de Roberval.

Les agents correctionnels de la prison de Roberval ont pris les grands moyens pour faire passer leur message.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Le président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, critique le manque de soutien de la part des patrons.

La violence augmente au niveau des personnes incarcérées, la violence envers le personnel, l'intimidation et ce que l'on se rend compte, c'est que nos gestionnaires ne nous supportent pas à travers ça. Ils jouent à l'autruche, ne nous accompagnent pas, ne soutiennent pas les agents. De toute façon, si on intervient physiquement, l'employeur va chercher à ce qu'il y ait des poursuites contre nous. Ils vont appuyer davantage les personnes incarcérées que les agents, a-t-il dénoncé.

D'autres rencontres de négociation sont prévues dans les prochaines semaines. Le président s'attend à ce que la pression monte et que les actions syndicales s'intensifient.

Un cas de COVID-19

Selon le syndicat, un détenu a reçu un résultat positif de COVID-19 mercredi. Des agents correctionnels ont par la suite été retirés par mesures préventives, mais d'autres détenus ont possiblement été en contact avec lui.

D'après les informations obtenues, il avait été transféré depuis l'établissement de détention de Rivière-des-Prairies le 10 octobre, où il y avait eu une éclosion peu avant cette date.

Un drapeau de la CSN devant la prison de Roberval.

Les syndiqués affiliés à la CSN veulent que leurs conditions de travail s'améliorent.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Du temps supplémentaire obligatoire

Les agents dénoncent également le recours au temps supplémentaire obligatoire pour conserver le même niveau de services pour les détenus. Ils croient que cela se fait au détriment de leurs propres conditions de travail. Pour Mathieu Lavoie, Québec agit ainsi, à la faveur des détenus, simplement pour une question d'image publique.

La population ne veut pas les avoir sur le trottoir, les juges ne veulent pas non plus, compte tenu du risque qu'ils représentent pour la population. On n'ose pas couper les services, on aime mieux faire du temps supplémentaire obligatoire pour éviter que le Protecteur du citoyen fasse une mauvaise presse au gouvernement. [...] Il est temps que ça bouge, qu'il y ait des avancées concrètes, que la ministre (Geneviève) Guilbault se sorte la tête de dans le sable, arrête de jouer à l'autruche, que le Conseil du Trésor sorte sa tête du sable, a-t-il déploré.

D'après les informations de Laurie Gobeil

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