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Amende sans précédent pour s’être approché d’un épaulard

Un récent rapport fait état de violations « régulières » des règles visant à donner de l'espace aux baleines dans les eaux de la Colombie-Britannique.

Un navire se trouve à proximité d'un épaulard.

Des témoins ont vu Nicklaus Templeman s'approcher à moins de 35 mètres d’un épaulard au large de Willow Point.

Photo : Pêches et Océans Canada (MPO)

L'amende d'un montant sans précédent donnée à un guide d’observation de baleines s’étant approché d’un épaulard au large de l’île de Vancouver est « un pas dans la bonne direction », croient des experts, qui jugent toutefois que le gouvernement n’en fait pas suffisamment pour défendre cette espèce menacée.

En mai 2019, des témoins ont vu Nicklaus Templeman, propriétaire de l'agence touristique Campbell River Whale and Bear Excursions, s'approcher à moins de 35 mètres d’un épaulard au large de Willow Point.

Le guide professionnel écope aujourd’hui d’une amende de 10 000 $, annonce Pêches et Océans Canada.

Le processus judiciaire a duré deux ans, mais nous avons maintenant un cas qui sert de grand précédent, se réjouit l’agent Geoff Thorburn. Une amende de 10 000 $, cela donne un bon exemple aux futurs contrevenants.

C’est un pas dans la bonne direction, reconnaît le directeur de la protection des mammifères de l’organisation Natural Resources Defense Council, Michael Jasny. Mais ce n’est qu’un pas.

Des épaulards.

« Si vous avez à cœur la survie des épaulards, restez loin des entreprises qui ne restent pas loin des baleines », dit Michael Jasny.

Photo : Natural Resources Defense Council

Cinq fois plus élevée que l'amende précédente

Michael Jasny dénonce ce qu’il considère comme le silence radio de la part du gouvernement depuis l’adoption d'une nouvelle réglementation, en 2018.

En Colombie-Britannique, il est interdit pour tout bateau de s'approcher des épaulards à moins de 200 mètres. Dans les eaux fréquentées par les épaulards résidents du Sud, dont il ne reste que 74 individus, la règle s'étend à 400 mètres.

La loi vise à protéger cette espèce en voie de disparition. Non seulement les navires perturbent la capacité de forage des épaulards, en particulier des femelles, mais le trafic maritime est responsable d'environ la moitié des cas de mortalité chez les épaulards résidents du Sud.

« C’est bon de voir, enfin, une action musclée. En espérant que cela incite l’industrie de l’observation de baleines à rester sur ses gardes. »

— Une citation de  Michael Jasny, directeur de la protection des mammifères de l’organisation Natural Resources Defense Council

La dernière amende remise pour avoir enfreint les règles de distance entre les navires et les baleines remonte à 2019. À l'époque, un guide qui s’est approché à une distance de moins de 100 mètres d’un rorqual à bosse au nord de Prince Rupert a reçu une contravention de 2000 $.

Quatre épaulards adultes et un bébé orque dans les eaux de la Colombie-Britannique.

Dans la mer des Salish, il est interdit depuis 2018 pour tout bateau de s'approcher des épaulards à moins de 400 mètres.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Des violations régulières

Des données colligées par Straitwatch, un programme canadien de surveillance du comportement des mammifères marins et des navires, témoignent de violations régulières dans la mer des Salish, qui englobent des eaux canadiennes et américaines.

Au cours des quelques jours de surveillance qui ont servi à l’étude, des bateaux de pêche récréative et d’observation de baleines se sont approchés au-delà de la limite permise à au moins 125 reprises.

Quand un bateau qui a des gens à bord s’approche d’une baleine, cela crée un effet magnétique, dit Michael Jasny. Les autres bateaux veulent s’en approcher aussi.

Le problème, c’est que les agents de Pêches et Océans Canada ne sont pas assez présents, dénonce-t-il.

Où sont les agents chargés d'appliquer la loi?

Entre 2018 et 2020, les agents chargés d'appliquer la loi ont été présents dans la mer des Salish seulement 1 % du temps, selon le rapport de Straitwatch.

C’est parce qu’ils concentrent leurs efforts dans les lieux protégés entourant les îles Pender et Saturna, explique Michael Jasny. Il y a de bons arguments en leur faveur, mais, conséquemment, beaucoup moins d'efforts sont consacrés à la surveillance des baleines de la mer des Salish.

Dans le cas de Nicklaus Templeman, au moins six autres bateaux d’observation des baleines se trouvaient à proximité au moment de l’incident.

Deux de ces entrepreneurs de la région de Campbell River ont porté plainte en utilisant une ligne de dénonciation, et leurs passagers ont pu témoigner des activités illégales de l’accusé.

Quand nous sommes sur les eaux, tout le monde se comporte de manière exemplaire : on sait que nous sommes présents, dit l'agent de Pêches et Océans Geoff Thorburn. Et puis, nous ne pouvons pas être partout, tout le temps.

Le fait que les bateaux se surveillent est un élément clé de la lutte contre la perturbation illégale des épaulards, selon lui.

Faire un choix responsable

De manière générale, les guides d’observation de baleines près de Campbell River se montrent respectueux des règles et agissent de bonne foi pour éviter les épaulards, estime Michael Jasny.

Ce n’est pas forcément le cas dans l'ensemble de la mer des Salish, déplore-t-il.

Au final, le public et les clients des excursions d’observation de baleines ont un rôle important à jouer. Si vous avez à cœur la survie des épaulards, restez loin des entreprises qui ne restent pas loin d'eux, lance Michael à leur intention.

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