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Une vague d’injections pour droguer des étudiantes sème l’inquiétude au Royaume-Uni

Une foule dans une boîte de nuit.

De nombreuses femmes rapportent avoir été droguées au moyen d'une injection dans des discothèques britanniques.

Photo : Facebook / Coda Toronto

Agence France-Presse

Après du GHB dans les boissons, les piqûres : une vague de témoignages d'étudiantes droguées à leur insu par des injections dans des discothèques inquiète le Royaume-Uni, où la police a été saisie de plus de 100 cas et a procédé à de premières arrestations.

Cela fait des années qu'est connue la pratique qui consiste à introduire des drogues dans la boisson d'une victime. Mais ces derniers jours, de nombreuses jeunes femmes et quelques jeunes hommes ont dénoncé des agressions dans des bars ou boîtes de nuit à l'aide d'aiguilles hypodermiques, ce qui provoque l'effroi au Royaume-Uni.

Les témoignages se sont multipliés après que deux étudiantes de l'Université de Nottingham eurent pris la parole dans les médias britanniques, affichant leurs marques d'aiguilles et leurs ecchymoses sur la peau.

Zara Owen, étudiante en première année, avait expliqué s'être réveillée après une soirée avec des souvenirs flous et une douleur aiguë dans la jambe, où elle avait repéré une piqûre.

Sarah Buckle, en deuxième année, avait, elle, été emmenée à l'hôpital par ses amis après s'être brusquement effondrée lors d'une sortie nocturne. Elle a ensuite découvert sur sa main une ecchymose avec une marque sombre au centre, qu'elle a montrée à la chaîne télévisée Channel 4 News.

Depuis septembre, la police britannique a déclaré avoir reçu 140 rapports sur des incidents impliquant des boissons droguées et 24 impliquant des piqûres.

Il est clair que ces rapports sont très préoccupants, a déclaré le chef de police adjoint Jason Harwin, responsable de la branche drogue au sein de la fédération (NPCC) qui coordonne les différents organismes policiers.

Selon lui, le NPCC travaille à un rythme soutenu pour comprendre l'ampleur de cette délinquance, établir tout lien entre ces allégations et traduire les responsables en justice.

Des arrestations

Vendredi, la police de Nottinghamshire, dans le nord de l'Angleterre, a annoncé avoir arrêté deux hommes dans le cadre de son enquête sur des incidents de piqûres survenus dans la ville.

Les jeunes gens, âgés de 18 et 19 ans, sont soupçonnés d'avoir planifié de droguer des personnes avec l'intention de leur nuire, de les importuner ou de les blesser, ont indiqué les forces de l'ordre.

Dans la région voisine du Lincolnshire, la police a arrêté, tôt dans la matinée, un homme de 35 ans, soupçonné de posséder des drogues avec l'intention de les administrer, après avoir reçu l'aide du personnel d'une boîte de nuit. Mais sans que cela implique une aiguille.

Depuis le début du mois, la police du Nottinghamshire a reçu 15 signalements de piqûre présumée par un objet pointu de la part de 14 femmes et d'un homme, et 32 signalements en tout d'administration de drogues depuis début septembre.

Et cela concerne d'autres régions d'Angleterre. La police du Devon et des Cornouailles affirme enquêter sur un incident au cours duquel une femme a été agressée avec une aiguille dans une boîte de nuit d'Exeter. Un cas a aussi été signalé dans les West Midlands.

Cette vague de dénonciations intervient quelques mois seulement après la mort très médiatisée de deux jeunes femmes dans les rues de la capitale, qui avait créé une émotion considérable au Royaume-Uni et relancé le débat sur la sécurité des femmes dans l'espace public.

Sarah Everard, une Londonienne de 33 ans, avait été attaquée en pleine rue puis tuée début mars par un policier tandis qu'elle rentrait chez elle. Sabina Nessa, enseignante de 28 ans, avait disparu le 17 septembre alors qu'elle sortait de chez elle pour se rendre à un bar situé à cinq minutes à pied. Son corps avait été retrouvé le lendemain dans un parc, caché sous un tas de feuilles.

Des boycottages pour réclamer davantage de sécurité

Pour protester face à cette nouvelle atteinte à leur sécurité, les étudiantes et leurs camarades masculins préparent une série de boycottages des discothèques et bars, refusant de sortir un soir déterminé à l'avance dans chaque ville pour réclamer une meilleure protection.

Plus de 163 000 personnes ont ainsi signé une pétition demandant au gouvernement de rendre obligatoire la fouille minutieuse des clients à l'entrée des boîtes de nuit.

La commission parlementaire responsable des affaires intérieures a examiné mercredi les témoignages des victimes, sa présidente Yvette Cooper qualifiant ces attaques à l'aiguille de crimes ignobles.

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