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Heures supplémentaires obligatoires : la FIQ met en demeure les ordres professionnels

Une professionnelle de la santé est appuyée contre un mur dans un couloir d'hôpital.

La FIQ demande que les ordres professionnels prennent publiquement position contre le temps supplémentaire obligatoire.

Photo : iStock

Après avoir mis en demeure le ministre de la Santé et des Services sociaux (MSSS) la semaine dernière, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a réservé vendredi le même traitement aux ordres des infirmières et à la directrice nationale des soins infirmiers, à qui elle demande de s'opposer publiquement au temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Dans ses mises en demeure, envoyées à l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, à l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec, à l'Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec et à la directrice nationale des soins et services infirmiers au MSSS, Élizabeth Arpin, la FIQ les somme de contribuer à mettre fin au TSO comme mesure de gestion d'ici le 15 novembre.

Sans quoi, elle dit qu'elle n'hésitera pas à entreprendre des recours, sans en spécifier la nature, et ce, sans autre avis ni délai.

Alarmée par les conditions dangereuses auxquelles sont soumises les infirmières au quotidien – une situation qui persiste depuis des années –, la FIQ exige des principaux intéressés de ses mises en demeure qu'ils usent de leur influence et fassent les interventions requises auprès du ministère de la Santé pour que cesse cette pratique.

« Considérant la situation chaotique sévissant dans le réseau de la santé, vous devez intervenir. Vous devez être un acteur de changement pour protéger le public et les infirmières. La passivité de votre organisation n’est pas suffisante. »

— Une citation de  Extrait de la mise en demeure à l'endroit de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

Le 15 octobre dernier, la FIQ a mis en demeure le ministre de la Santé Christian Dubé afin qu'il mette fin à l'utilisation abusive des heures supplémentaires obligatoires, lui fixant la même date butoir que celle des ordres professionnels. M. Dubé avait répondu qu'il ne souhaitait pas que le TSO persiste, mais qu'il peinait à trouver du personnel pour grossir les rangs du réseau public.

Le ministre Christian Dubé se contente de prononcer de belles paroles, mais demeure complètement inactif, déplore Patrick Guay, le vice-président responsable des relations de travail à la FIQ, dans la mise en demeure.

La démonstration de cette violence organisationnelle qu'est le temps supplémentaire obligatoire (TSO) n'est plus à faire, selon la FIQ, qui dénonce son recours systématique comme mode de gestion bien établi, voire institutionnalisé.

Contraindre les infirmières à effectuer des heures supplémentaires de manière répétitive, parfois même jusqu'à 31 heures consécutives, est totalement inacceptable, écrit la FIQ.

Et lorsqu'elles se tournent vers les gestionnaires pour leur signaler qu'elles sont physiquement et mentalement épuisées, incapables d'assurer leur propre sécurité et celle de leur patient, elles se trouvent prises en otages et menacées de contraventions aux règles déontologiques ou encore de sanctions disciplinaires, ajoute M. Guay.

Plus que de se positionner officiellement et publiquement contre le TSO comme mesure de gestion, la FIQ exhorte les ordres professionnels et Mme Arpin à prendre les mesures qui s'imposent pour en informer le gouvernement et les établissements de santé.

Elle leur demande de se mettre au travail afin que l'implantation de ratios soit assurée.

La FIQ estime que la fin des heures supplémentaires obligatoires passe par la mise en place de ratios professionnels/patients qui permettraient d'enlever un poids des épaules des infirmières tout en garantissant la sécurité de ceux à qui elles prodiguent les soins.

À l'attention de Mme Arpin, la FIQ rappelle l'importance de son rôle, qui consiste à encadrer les directrices en soins infirmiers du réseau, lesquelles doivent assurer un contrôle de qualité.

Pourtant, malgré leurs obligations légales, elles [les directives] demeurent complètement inactives dans le fléau qu’incarne le TSO. Leur passivité engendre un abus de cette mesure exceptionnelle, accuse la FIQ.

Fin septembre, le gouvernement Legault s'était engagé à mettre en place une prime de 15 000 $ pour les infirmières qui décident de travailler à temps plein dans le réseau public – un incitatif qui doit permettre de résorber la pénurie de main-d'œuvre, selon Québec.

Les infirmières n'avaient pas tardé à faire savoir que l'argent ne suffirait pas à les convaincre : l'amélioration des conditions de travail, à commencer par la fin du TSO, arrive en tête de liste de leurs revendications.

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