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Les cheveux gris, tendance de la pandémie?

Louise Turgeon sourit près d'une balustrade au bord de l'eau.

Louise Turgeon a décidé de ne plus se teindre les cheveux à l'été 2020.

Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu

Depuis le début de la pandémie, nombreuses sont les femmes qui ont dû renoncer à aller faire rafraîchir leur coloration en raison de la fermeture des salons de coiffure. Libérées, beaucoup ont choisi de ne plus cacher leurs cheveux gris et de les assumer pleinement.

Je devais avoir mon rendez-vous chez le coiffeur pour faire mes racines [en mars 2020], et le confinement a commencé cette journée-là, se souvient la Vancouvéroise Louise Turgeon. Je pouvais voir au fur et à mesure que les mois passaient que la racine était pas mal grise et je suis devenue curieuse.

En juin, elle consulte son coiffeur qui lui suggère d’essayer de porter ses cheveux au naturel.

Louise Turgeon, les cheveux blonds avec des repousses, est dans un jardin entouré de fleurs.

Louise Turgeon en juillet 2020.

Photo : Louise Turgeon

J'y suis retournée la journée de mon anniversaire, raconte-t-elle, et je me suis dit bon, on passe au gris! Ça m’a pris un mois à m’habituer, mais j’ai aimé. Je me sens tellement libérée de ne pas avoir à me regarder dans le miroir et me dire qu'il faut que j’aille faire ma teinture.

Louise Turgeon, qui est conseillère en affaires, admet avoir eu des craintes par rapport à la réaction de ses proches, mais celles-ci ont vite disparu.

« J’ai eu des réactions vraiment positives, comme quoi j’avais l’air encore plus jeune. Ça m’a fait plaisir. »

— Une citation de  Louise Turgeon

Elle profite de sa nouvelle couleur de cheveux pour se réinventer.

Je portais beaucoup de tons de gris, de noir, de blanc. [À présent] je vais vers des couleurs plus vives comme orange brûlé, corail, ou fuchsia, affirme-t-elle fièrement.

Fini l’esclavage

Selon Louise Turgeon, beaucoup de femmes ont pris la même décision qu’elle pendant la pandémie.

Sur Instagram, des mots-clics comme #grayhairdontcare (Nouvelle fenêtre), #ditchthedye (Nouvelle fenêtre) ou encore #silversisters (Nouvelle fenêtre) rassemblent des dizaines de milliers de publications.

Brent Beasley, le coiffeur et coloriste de Louise Turgeon, affirme que bon nombre de ses clientes se sont lancées dans la même expérience.

« Beaucoup de femmes ne veulent plus être esclaves de leur coloration, du temps que ça leur prend et de ce que ça leur coûte. »

— Une citation de  Brent Beasley, coiffeur

Il explique toujours avoir une bonne conversation avec celles qui songent à abandonner la teinture pour décider des prochaines étapes.

Ce que je leur dis, c’est que si elles n’aiment pas le résultat, elles peuvent toujours retourner à la couleur, et certaines l’ont fait. Mais je peux dire que les femmes qui ont embrassé la tendance aiment vraiment le résultat, affirme-t-il.

Brent Beasly debout dans son salon de coiffure, près d'une chaise et d'un miroir.

Le coiffeur Brent Beasly se voit comme un guide, un conseiller qui doit faire en sorte que ses clientes aient la meilleure apparence possible.

Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu

Il constate par ailleurs une évolution des mentalités par rapport aux cheveux gris.

Quand les hommes ont les cheveux gris, on trouve ça distingué. Quand les femmes ont les cheveux gris, on entend le mot âgé revenir souvent, dit-il, mais je crois que la tendance est en train de changer. Je crois que les femmes se font plus confiance, elles se regardent dans le miroir et aiment ce qu’elles voient.

Moins soumises aux diktats sociaux

La coiffeuse et coloriste Véronique Dunand remarque elle aussi un mouvement de retour vers le naturel, mais il n’a pas commencé avec la pandémie, selon elle.

Elle raconte avoir même fourni des trousses de coloration à certaines de ses clientes pendant le confinement, avec des tutoriels pour leur expliquer comment s’y prendre.

Selon elle, la COVID-19 a tout de même permis une certaine libération des diktats sociaux.

La COVID m’a permis d’être bien plus à l’aise d’aller marcher avec mon chien ou d’aller rencontrer des gens sans être tip top. Je trouve que c’est beaucoup plus sain, affirme-t-elle.

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