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Les messages de reconnaissance territoriale, nouvelle pratique pour les équipes de Toronto

Les joueurs des Canadiens et des Maple Leafs sautent sur la patinoire en prévision du match d'ouverture de la saison 2021-2022.

Un message vidéo concernant la reconnaissance territoriale de nombreuses nations est désormais diffusé avant chaque match à l'aréna Banque Scotia.

Photo : La Presse canadienne / Jon Blacker

Les cérémonies d'avant-match des Maple Leafs et des Raptors de Toronto comprennent un nouvel élément cette année dans l'esprit de la réconciliation avec les peuples autochtones. Une vidéo dans laquelle il est dit que l'aréna Banque Scotia se trouve sur le territoire traditionnel de nombreuses nations est diffusée avant les matchs.

Maple Leaf Sports & Entertainment, qui possède les deux équipes, reconnaît que le lieu sur lequel se trouve l'amphithéâtre est le territoire traditionnel des Mississaugas de Crédit, des Anishinabés, des Chippewas, des Haudenosaunee et des Wendats, entre autres.

Angela White, qui est directrice de l'équité, de la diversité et de l'inclusion de MLSE, affirme que ce message de reconnaissance territoriale sert à maintenir une pratique de commémoration.

« Nos peuples autochtones sont les premiers occupants de ce pays et en tant que peuple non autochtone, il est de notre responsabilité de reconnaître et de respecter cette vérité. »

— Une citation de  Angela White, directrice de l'équité, de la diversité et de l'inclusion de MLSE

La pratique est courante à Toronto, mais elle n'a jamais été aussi répandue dans la sphère sportive. Les Maple Leafs ont diffusé le message pour la première fois en mars 2020, puis repris le collier au retour des spectateurs dans les gradins tout récemment. Les Raptors, déménagés aux États-Unis pendant la pandémie, en ont fait pratique courante lors du calendrier préparatoire également.

Pour le Toronto FC et les Argonauts, qui appartiennent aussi à MLSE, un message similaire est aussi diffusé sur l'écran géant du BMO Field avant leurs matchs locaux.

Le Toronto FC dispute un match au BMO Field, à Toronto.

Un message de reconnaissance territoriale est aussi diffusé avant les matchs du Toronto FC et des Argonauts au BMO Field.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Angela White dit que son organisation a pris le soin de consulter des membres des communautés autochtones pour formuler le message afin de s'assurer qu'il soit fait en bonne et due forme.

Philip Cote, un artiste renommé membre de la Première Nation de Moose Deer Point, fait partie de ceux qui ont prêté main forte.

On a toujours été marginalisés dans les livres d'histoire. C'est à la base du racisme systématique. Les peuples autochtones n'ont jamais été interrogés sur leur culture, leur histoire et leur territoire. Ces messages de reconnaissance territoriale portent sur l'histoire, le territoire et la culture. Ils sont vitaux, explique-t-il.

« Ce message, qu'on voit tous maintenant, il est pour les jeunes de la prochaine génération afin qu'ils comprennent que les Autochtones sont suffisamment importants pour être considérés et reconnus dans la sphère publique. »

— Une citation de  Philip Cote, membre de la Première Nation de Moose Deer Point

Par ailleurs, ce dernier a aussi produit une œuvre d'art avec un message de reconnaissance territoriale pour les Blue Jays de Toronto. Elle est exposée au Centre Rogers, domicile de l'équipe.

Une présentation qui laisse à désirer

La directrice du programme d'études autochtones de l'Université Western, Janice Forsyth, n'est pas convaincue par la sincérité de ces messages. Elle explique que le contexte dans lequel ils sont présentés au public la fait douter.

Il faut dire qu'à l'aréna Banque Scotia comme au BMO Field, ces messages sont diffusés à l'écran géant avant l'interprétation des hymnes nationaux, avant la sortie des joueurs sur la surface de jeu et pendant des pauses publicitaires à la télévision.

C'est bien de voir que le monde du sport accepte enfin la vérité et la réconciliation. C'est un peu dommage que cela arrive si tard. Nous sommes quand même six ans après la sortie du rapport de la (Commission sur la vérité et la réconciliation). Je me demande quel travail a été accompli en coulisses et quelles conversations ont eu lieu pour qu'il faille autant de temps pour en arriver là, explique celle qui est membre de la Première Nation crie de Fisher River, au Manitoba.

Quand vous pensez à ce à quoi ressemble un aréna avant un match – les gens qui se promènent, qui ne portent pas vraiment attention et qui cherchent leurs places –, c'est souvent perçu comme le divertissement avant le vrai spectacle alors ça mène à se demander si ce geste est vraiment sincère et comment il contribue à la réconciliation.

À ce chapitre, Angela White assure que le message qui précède désormais les matchs des équipes de MLSE ne signifie pas la fin de l'engagement de l'organisation, mais plutôt le début.

Nous pensons que la reconnaissance des terres autochtones en soi ne suffit pas. Nous continuons à agir en établissant des relations et des programmes influencés par des employés et des dirigeants autochtones, a-t-elle ajouté, sans pour autant décrire des actions concrètes.

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