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Pas question que le Québec perde un siège aux Communes, s’insurge Blanchet

Yves-François Blanchet s'adresse aux journalistes.

Le chef du Bloc québécois, Yves François Blanchet, explique que le Québec ne peut perdre des sièges à Ottawa et qu'il devrait au contraire en gagner au moins un de plus.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le chef du Bloc québécois s’élève contre le retrait possible d’un siège à la Chambre des communes pour le Québec dans la refonte de la carte électorale canadienne. Il en va, selon lui, du poids historique du Québec et des francophones au sein de la fédération canadienne.

Le 15 octobre dernier, le directeur général des élections du Canada, Stéphane Perrault, a fait savoir qu’en vertu du réexamen de la carte électorale, le nombre de sièges à la Chambre des communes passera de 338 à 342 en 2024.

Dans la proposition du directeur des élections, établie à partir de calculs mathématiques prévus dans la loi fédérale, l'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique recevraient des sièges supplémentaires, alors que le Québec passerait, lui, de 78 à 77 sièges.

C’est la première fois depuis 1966 qu’une province se verrait retirer un siège à la Chambre des communes à l’issue d'une révision de la carte électorale. Et bien sûr, c’est au Québec qu’il y aura une soustraction…, s'est indigné M. Blanchet.

C’est donc plate que ça arrive le lendemain d’une élection plutôt que la veille, a ironisé le chef bloquiste en expliquant qu’il ne s’agit pas que d’un siège, mais bien d’une perte du poids relatif du Québec au sein de la Fédération canadienne doublée d’un recul de l’influence du français au pays.

« On a un pays au sens international du terme qui prétend avoir deux langues officielles et dont les institutions, sur une base régulière, remettent en question le poids du seul territoire où la langue majoritaire est le français. »

— Une citation de  Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Pour M. Blanchet, le nombre de sièges accordés au Québec au Parlement canadien ne peut être que le fruit d’un calcul démographique. La réflexion doit être beaucoup plus importante que de dire : "Bing! Bang! Calculette électronique… on enlève un siège au Québec, on en rajoute un en Ontario, et quoi encore?"

Clause nation

Dans la mesure où les francophones constituent l’une des deux nations fondatrices du pays, un gouvernement ne peut faire en sorte de réduire intentionnellement son poids politique au sein de la Fédération. C’est pourquoi le Bloc réclame l’ajout d’une clause nation dans la loi qui révisera le découpage électoral au Canada.

Minimalement, la position du Bloc aujourd’hui, c’est que s’il y a quatre sièges qui s’ajoutent au total, bien il faut au moins qu’il y en ait un qui aille au Québec, a réclamé Yves-François Blanchet en point de presse.

Sans cela, a-t-il ajouté, il y a un enjeu de perte de poids relatif. On n’est pas dans un enjeu démographique et ça n’a jamais été des critères démographiques. Ça a toujours été des critères de patentage politique.

Un test pour Justin Trudeau, affirme François Legault

Gros plan de François Legault

François Legault, premier ministre du Québec

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

À Québec, la perspective de perdre ce siège n'enchante pas non plus le premier ministre François Legault, qui se tourne vers le premier ministre Trudeau à qui il demande de joindre le geste à la parole.

C’est un test pour Justin Trudeau. C’est beau de reconnaître que le Québec est une nation, maintenant, il faut qu’il y ait des conséquences, a déclaré M. Legault.

« Ce qu’on demande à M. Trudeau, c’est de préserver le poids en pourcentage du Québec dans le nombre de députés québécois à Ottawa. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Je pense que la nation du Québec mérite une certaine représentation à la Chambre des communes, sans égard à l’évolution du nombre d’habitants dans chaque province, a ajouté le premier ministre du Québec.

La ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne du Québec, Sonia LeBel, abonde dans le même sens.

Mardi, elle a expliqué que le poids du Québec au sein du pays ne peut être déterminé par une simple formule mathématique.

Nous sommes la seule province francophone, au Québec, on a un statut particulier, nous avons une nation à défendre, a-t-elle ajouté en lançant un appel à tous les députés fédéraux qui représentent des citoyens du Québec pour défendre ce principe.

Élections Canada précise son rôle

De son côté, Élections Canada explique que ce n'est pas son rôle de décider s'il faut ou non retirer des sièges aux provinces. Le DGE calcule le nombre de sièges à la Chambre des communes attribués à chaque province au moyen des estimations de la population obtenues de Statistique Canada et de la formule énoncée dans la Constitution, explique l'institution dans un courriel.

« Le DGE ne décide pas combien de sièges à la Chambre des communes sont attribués à chaque province. Ce calcul est une opération mathématique sur laquelle le DGE n'exerce aucun pouvoir discrétionnaire. »

— Une citation de  Bureau du directeur général des élections

Rappelons que, selon les lois en vigueur au Canada, le directeur général des élections doit effectuer une révision de la carte électorale chaque décennie à partir des estimations de la population fournies par le statisticien en chef du Canada et d'une formule prévue dans la Constitution (Nouvelle fenêtre).

À compter du mois de février prochain, des commissions indépendantes et non partisanes seront tenues dans chaque province avec pour mandat de redessiner les cartes électorales en tenant compte, notamment, de la population moyenne dans chaque circonscription afin d’assurer une représentation politique égalitaire des citoyens au Parlement.

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