•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les grands oubliés de la modernisation des services de garde

Un enfant dont on ne voit que les mains et les jambes tient un jouet.

Selon l'annonce de Québec, plus de 2900 places seront créées dans la région au cours des prochaines années.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

En plus des places déjà annoncées cet été, le ministère de la Famille va créer 612 nouvelles places en Mauricie et 698 au Centre-du-Québec. Le gouvernement Legault a annoncé jeudi son grand chantier de modernisation du réseau des services de garde. Il lance des appels d'offres en continu pour la création de ces nouvelles places, mais l’échéancier du plan présenté en fait sourciller plusieurs.

À l’échelle du Québec, la réforme du réseau des services de garde à l’enfance coûtera 3 milliards de dollars et permettra la création de 37 000 places d’ici 2025. Un délai qui n’a rien de rassurant pour l’une des membres du groupe Ma place au travail, Judith Sarrazin.

Pour les futurs parents, c’est une excellente nouvelle. Par contre, pour les parents qui devaient retourner travailler et qui sont présentement sans solde, par exemple, ou pour ceux qui doivent retourner incessamment, ça met le taux d’anxiété dans le plafond, indique-t-elle en entrevue à l’émission Toujours le matin.

De plus, les garderies non subventionnées et les parents qui les utilisent se sentent oubliés dans cette modernisation du réseau. Si l'objectif du gouvernement Legault est ultimement de convertir ces garderies en places subventionnées à 8,50 dollars par jour, ils craignent que ça se fasse trop tard.

Je sens le positif là-dedans, qu'il prend le taureau par les cornes, mais on ne peut pas fêter en ce moment, déclare Brigitte Cardinal, fondatrice du Regroupement des parents utilisateurs de garderies non subventionnées.

Ce projet pour convertir les places non subventionnées devra attendre que le projet pilote en cours se complète et soit analysé pour qu'on puisse déterminer les prochaines étapes de réalisation.

La crainte de plusieurs parents et propriétaires de garderies non subventionnées, c'est que les 37 000 places promises soient créées plus rapidement que la conversion, ce qui pourrait continuer d'engendrer un déséquilibre entre les deux systèmes. C’est ce que croit l’une des utilisatrices du réseau des garderies privées, Aurélie Dumont. Je dirais qu'il faut assurer une meilleure équité, aussi, pour nos éducatrices. On a augmenté les frais de garde de 10 %. Alors, on s'en va vers presque 30 % [d’écart dans les frais de garde].

C’est sans compter les augmentations salariales promises aux éducatrices des centres de la petite enfance (CPE) qui laissent planer un exode des travailleuses des garderies privées vers ces milieux plus lucratifs, comme le croit Simon Veillette, un autre parent.

 Ces gens-là sont mieux payés ailleurs. Nécessairement, ça va nuire à la rétention. Dans un certain sens, c'est ça qu'on craint. 

Bonifier les projets existants pour accélérer la création de places

Certains préfèrent voir le positif de l’annonce du gouvernement Legault. Plus de 2900 places seront créées dans la région au cours des prochaines années. Le nombre maximal d’enfants par installation passera de 80 à 100.

Pour le directeur général du CPE Flocons de rêve, Jean-François Perras-Fortin, ça permettra de consolider plusieurs places dans des projets existants. Je vais vous donner un exemple bien concret : au mois d'août dernier, le gouvernement est venu annoncer la construction d'un CPE de 72 places, avec Flocons de rêve, à Saint-Maurice. Donc, il pourrait envisager la construction de plus de places sur le même terrain, dans le cadre du même projet. 

Pour lui, cette avenue permettrait d’accélérer la création des places subventionnées promises.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !