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Le géant de l’immobilier Evergrande évite de justesse un défaut de paiement

Le conglomérat chinois traîne une dette estimée à 300 milliards de dollars américains.

Des tours résidentielles s'élèvent dans le ciel de Pékin.

Un homme emprunte un escalier mécanique situé devant un complexe résidentiel construit par le géant Evergrande, à Pékin.

Photo : AFP / NOEL CELIS

Agence France-Presse

Evergrande évite pour l'heure un défaut de paiement : le promoteur chinois lourdement endetté, dont la faillite pourrait ébranler l'économie du pays, a effectué un versement juste avant une date butoir, a indiqué vendredi un média d'État.

Le groupe immobilier, l'un des plus importants de Chine, traîne une ardoise estimée à 300 milliards de dollars américains. Sa situation financière est scrutée avec inquiétude, car son potentiel effondrement pourrait freiner la croissance du géant asiatique.

Avec son club de football du Guangzhou FC, deux fois champion d'Asie et jusqu'à peu entraîné par le champion du monde italien Fabio Cannavaro, Evergrande semblait il y a quelques années une entreprise indestructible.

Mais le groupe basé à Shenzhen se débat désormais face à une dette abyssale, des paiements d'intérêts à honorer et des livraisons d'appartements qui tardent faute de liquidités pour terminer les travaux.

Evergrande devait s'acquitter le 23 septembre d'un paiement d'intérêts sur des obligations en dollars. Le versement n'a pas été effectué, mais l'entreprise disposait toutefois d'un délai de grâce d'un mois – qui courait jusqu'à ce samedi.

À la surprise des analystes, le promoteur a finalement bien effectué un transfert de 83,5 millions de dollars américains pour honorer ce paiement d'intérêts, a indiqué le journal Securities Times, citant des sources.

Les craintes d'une faillite d'Evergrande ont affolé les marchés internationaux en septembre. L'action du groupe avait plongé jeudi à Hong Kong à la reprise des cotations après deux semaines d'interruption.

Mais le cours est reparti à la hausse vendredi dans la foulée de l'annonce du Securities Times, gagnant près de 5 % en début de séance.

L’édifice du centre Evergrande à Shanghai.

Outre l'immobilier, Evergrande a investi au cours des dernières années dans le tourisme, le numérique, les assurances, la santé et les voitures électriques.

Photo : Getty Images / HECTOR RETAMAL

Outre l'immobilier, Evergrande, sûr de sa force financière, a investi ces dernières années dans le tourisme, le numérique, les assurances, la santé ou encore les voitures électriques.

Mais inquiet du gonflement de la dette dans le secteur immobilier, les régulateurs chinois ont imposé l'an passé aux principaux promoteurs trois lignes rouges, des ratios prudentiels qui visent à réduire leur recours à l'emprunt.

Cette décision a marqué le début des soucis financiers pour Evergrande. Le géant peine depuis à maintenir à flot ses activités et cherche à se délester d'actifs pour se renflouer.

Le groupe a concédé cette semaine n'avoir pas fait de progrès significatif à cet égard, après l'échec de la vente de 50,1 % du capital de l'une de ses filiales. Cette cession aurait pu rapporter 2,2 milliards d'euros.

La banque centrale chinoise a jugé la semaine dernière gérables les risques posés par l'endettement d'Evergrande pour le système financier du pays.

Evergrande attend un « miracle », dit un analyste

L'inquiétude se fait sentir chez les particuliers.

Des dizaines de propriétaires lésés, n'ayant pas reçu livraison de leur appartement, ainsi que des fournisseurs non payés, ont manifesté en septembre devant le siège du groupe.

Cette crainte d'agitation sociale pourrait pousser les autorités à intervenir pour renflouer ou restructurer le groupe endetté. Même si aucun signal clair n'a jusqu'à présent été donné par Pékin.

Evergrande est peut-être en mesure de payer ces intérêts, et même d'en payer d'autres. Ils auront des paiements d'intérêts toutes les deux semaines environ et ils ne constituent pas une somme énorme, déclare à l'AFP l'analyste Chen Long du cabinet Plenum à Pékin.

« Mais à un moment donné, au-delà des intérêts, il y aura le capital qui arrivera à échéance, et celui-là s'élève à plusieurs milliards de dollars. »

— Une citation de  Chen Long, analyste du cabinet Plenum, à Pékin

L'analyste estime que le conglomérat chinois joue la montre en attendant un miracle ou une initiative de Pékin.

La mauvaise santé du groupe n'est qu'un des symptômes d'un secteur immobilier globalement grippé.

Les prix des logements neufs sont ainsi en repli pour la première fois en six ans, dans un contexte de méfiance des acheteurs face au risque de faillite de plusieurs promoteurs.

Dans 70 grandes et moyennes villes de Chine, les tarifs étaient ainsi orientés à la baisse sur un an en septembre, a indiqué mercredi le gouvernement.

Selon les calculs de l'agence Bloomberg, les prix ont baissé en moyenne de près de 1 %.

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