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Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness, le chef d'Ensemble Montréal, Denis Coderre, la cheffe de Projet Montréal et mairesse de la Ville de Montréal, Valérie Plante, et Pierre Bruneau lors du débat municipal le Face-à-Face Montréal 2021 de TVA dans le cadre de la campagne électorale municipale 2021, à Montréal, le jeudi 21 octobre 2021.

Le Face-à-Face Montréal 2021 de LCN a donné lieu à de nombreuses prises de bec.

Photo : Joël Lemay / Agence QMI

Les trois principaux candidats à la mairie de Montréal se sont livrés à de tumultueux échanges, jeudi soir, dans le cadre d’un « face-à-face » retransmis sur la chaîne d’information en continu LCN.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Valérie Plante, Denis Coderre et Balarama Holness ont fait preuve de combativité, voire d’irrévérence, en défendant leurs idées et en attaquant celles de leurs adversaires.

Sans surprise, la mairesse sortante et cheffe de Projet Montréal a fait l’objet de nombreuses critiques en lien avec son bilan des quatre dernières années passées à l’Hôtel de Ville.

Denis Coderre, pour sa part, a tenté de conserver son calme tout au long de la soirée, répétant à de multiples reprises que Montréal était en mal de leadership.

Quant à Balarama Holness, il a présenté plusieurs idées pour le moins originales, mais ses adversaires n’ont pas manqué de souligner sa méconnaissance de certains dossiers et surtout, son idée controversée de tenir un référendum sur le statut linguistique de Montréal.

Régler la crise du logement

Les échanges entre Valérie Plante et Denis Coderre ont été particulièrement animés sur les thèmes de l’habitation et de la sécurité, les sujets de prédilection des deux rivaux, qui se livrent cette année à un match revanche après avoir tous deux convoité le même poste en 2017.

Concernant le logement, M. Coderre s'en est pris au Règlement pour une métropole mixte, qui prévoit que tous les nouveaux projets immobiliers comprennent 20 % de logements abordables, 20 % de logements sociaux et 20 % de logements familiaux.

Selon lui, ce genre d'obstacle fera en sorte que le projet en cours sur le site de la Molson ne fonctionnera pas.

Les promoteurs se plaignent présentement que la Ville n’est pas disponible, a-t-il envoyé à sa rivale.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Mme Plante a répliqué que, contrairement à la formation de son adversaire, Projet Montréal n’entendait pas donner les clés de la Ville aux promoteurs et fait valoir que la Ville de Gatineau entendait s’inspirer du 20/20/20 pour adopter une réglementation comparable.

Elle en a profité pour écorcher M. Coderre et son candidat à la mairie d’arrondissement de Verdun, Antoine Richard, qui a reconnu avoir contrevenu aux règles encadrant le courtage immobilier. Nous, on est contre ça, les flips a-t-elle souligné.

Vous pouvez parler des flips, mais là, on a à faire face à des flops, a rétorqué le chef d'Ensemble Montréal.

M. Holness, de son côté, a souligné que seuls 1082 des 6000 logements sociaux promis par Mme Plante en 2017 étaient construits et habités; que plusieurs des 24 000 personnes en attente d’un logement social dormaient dans la rue; et qu’à ce jour, aucun immeuble n’était encore assujetti au 20/20/20.

Les gens ont peur

Sur la sécurité, Denis Coderre a déclaré que le lien de confiance entre les policiers et l’administration actuelle [était] brisé et a accusé une fois de plus la mairesse sortante de vouloir définancer et désarmer le service de police.

Les gens ont peur, a-t-il dit. Vous êtes un parti qui croit au désarmement et au définancement, et là, c’est comme s’il y avait une vocation tardive. À la dernière minute, vous avez décidé de vous occuper de sécurité.

Faux, a répondu Valérie Plante, reprochant à son adversaire d’avoir lui-même diminué le budget du SPVM entre 2013 et 2017.

La cheffe de Projet Montréal a également souligné qu’Ensemble Montréal n’avait pas encore présenté ses engagements en matière de sécurité, et ce, même si Denis Coderre présente cet enjeu comme la question de l’urne, le 7 novembre.

Un référendum inacceptable

Le débat s’est terminé sur la délicate question de la place du français et sur la volonté de Balarama Holness d’organiser une consultation publique pour faire de Montréal une ville bilingue – une proposition inacceptable, de l’avis des deux autres candidats.

À la sortie de la pandémie, on a besoin d’être ensemble, a fait valoir Valérie Plante. Il faut être rassembleur et fédérateur, a estimé pour sa part Denis Coderre.

Les Montréalais et Montréalaises pourront décider s’est défendu le principal intéressé, soulignant qu’il parlait lui-même un français impeccable.

Plus tôt dans la soirée, M. Holness avait aussi proposé de faire de Montréal une cité-État; de privatiser le transport en commun; d’exiger des cyclistes qu’ils obtiennent une licence; et soutenu qu’il n’y avait pas de pénurie de main-d’œuvre à Montréal.

Des échanges tendus

Mais au-delà du fond, c’est la forme qui aura retenu l’attention, jeudi soir, l’animateur Pierre Bruneau ayant même reproché aux candidats d’être moins disciplinés que les chefs provinciaux ou fédéraux.

Car la cacophonie, les sous-entendus et le tutoiement étaient effectivement au rendez-vous.

Valérie Plante a souvent interrompu ses adversaires, alors que Denis Coderre lui a reproché à un certain moment son rire caractéristique. Quand vous riez, vous êtes nerveuse, arrêtez, a lancé le chef d’Ensemble Montréal à la mairesse sortante, qui n’a visiblement pas apprécié.

Balarama Holness, quant à lui, a reproché à Mme Plante d’être condescendante à son endroit. Il l'a également sommée de relaxer vers la fin du débat, une remarque qui a elle aussi piqué au vif la principale intéressée.

On s’excuse s’il y a eu un peu de bisbille!, a lâché la mairesse, juste avant que l’émission spéciale prenne fin.

Plus tôt dans la journée, Ensemble Montréal avait convié les médias au pied de l’édifice de TVA pour dire que Valérie Plante devait rendre des comptes et donner ses vraies couleurs aux électeurs quant à ses promesses brisées.

Guillaume Lavoie et Lionel Perez, respectivement candidats aux mairies de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, ont notamment reproché à la mairesse d’avoir mis son projet de ligne rose en pause, alors qu’elle en avait fait l’idée maîtresse de sa dernière campagne.

Ils ont aussi critiqué son silence en ce qui a trait aux problèmes financiers de la STM, qui songe à réduire ses services de 30 % l’an prochain pour compenser son déficit.

Il ne s'agissait ni du premier ni du dernier débat de la course à la mairie. Déjà, Mme Plante et M. Coderre avaient échangé ou débattu sur les thèmes du tourisme, des relations internationales, du mont Royal, de la culture, de la jeunesse et de l’économie, avec ou sans autres candidats.

Pour M. Holness, cependant, il s’agissait d’une rare occasion de se faire voir et entendre, lui qui récolte des intentions de vote cinq fois moins élevées que ses adversaires et qui ne présente plus que 70 candidats sur 103 postes électifs à pourvoir.

Le débat de jeudi soir a duré 75 minutes. Les thèmes abordés étaient : la mobilité et l’environnement; l’habitation, la qualité de vie et la sécurité; ainsi que l’économie et le rayonnement de la métropole.

Le prochain débat entre Valérie Plante, Denis Coderre et Balarama Holness aura lieu jeudi prochain à l’invitation d’un consortium de médias anglophones.

Entre-temps, Mme Plante et M. Coderre auront l’occasion de débattre lundi au Téléjournal Grand Montréal 18 h de Patrice Roy. Balarama Holness n’a pas été invité.

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