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La vie après la politique municipale n’est pas toujours facile

Un montage photo de Brian Pincott et Esmé Comfort en gros plan devant un arrière-plan de la salle du conseil municipal de Calgary.

Il peut être difficile de s'adapter à la vie en dehors de la politique municipale selon les anciens conseillers Brian Pincott et Esmé Comfort.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Quitter le rythme effréné de la vie en politique municipale comporte son lot de défis auquel il peut être difficile de s'adapter, avertissent d'anciens conseillers.

Contrairement à certaines croyances populaires, être conseiller municipal n’est pas un gage d’un futur doré, selon l’ancien conseiller de Calgary Brian Pincott.

La transition une fois son mandat terminé, par choix ou faute d’être réélu, peut être plus compliqué que prévu, dit-il.

Il y a trop d'élus qui pensent que ça va ouvrir plein de portes, mais ça ne se passe pas [comme ça]. Le monde ne crie pas: "je veux un conseiller sur mon conseil d’administration ou qui veut travailler dans notre compagnie pour faire n'importe quoi", explique celui qui a passé 10 ans à l'Hôtel de Ville de Calgary et qui est aujourd’hui directeur général de l’organisme Vélo Canada Bike à Winnipeg.

Seulement quatre anciens conseillers ont été réélus à Calgary, incluant la nouvelle mairesse Jyoti Gondek. Cela veut dire que, juste à Calgary, la vie en politique municipale vient de se terminer pour 11 personnes qui y ont donné tout leur temps au cours des 4 à 20 dernières années. Brian Pincott est passé par là en 2017.

Leur vie va changer complètement. Ça va changer d’avoir un métier qui est 24/7 à essayer de trouver quelque chose à faire. Ça va du téléphone qui n'arrête pas de sonner au point où le monde ne connaît même pas notre numéro de téléphone, se rappelle-t-il.

Les anciens conseillers ne sont pas complètement jetés dans le vide une fois leur mandat terminé. À Calgary, ils reçoivent deux semaines de paie par année de service. Pour quelqu’un comme Druh Ferrell, qui a siégé pendant 20 ans, ça représente une somme d’un peu moins de 87 000 $ avant les retenues sur le salaire. Ils recevront aussi une pension à l’âge de la retraite.

La situation est similaire à Edmonton où les anciens conseillers reçoivent trois semaines de salaire par année de service pour un maximum de 36 semaines.

C’est assez pour pouvoir se payer quelques jours loin de la scène politique, comme le conseille Brian Pincott.

36 h après que j’ai terminé d'être conseiller, je suis partie de Calgary pendant deux mois. Tout simplement pour me promener, pour me déconnecter de Calgary. Et je pense que c’est très important de faire ça.

Brian Pincott

Parce que sinon, si l’on reste, tout continue autour de nous. Tout le monde veut savoir ce que l’on pense du nouveau conseil, qu’est-ce qu’on pense de ce qui se passe au conseil. Et vraiment, ce n’est pas bon pour les nouveaux conseillers , ce n’est pas bon pour nous autres.

Impliqué un jour, impliqué toujours

À Canmore, Esmé Comfort a pris la difficile décision de ne pas se représenter au conseil municipal pour des raisons de santé. Avant de se rendre à l'Hôtel de Ville, où elle a complété deux mandats, Esmé Comfort était très impliquée dans le milieu scolaire de sa communauté, autant au conseil scolaire Canadian Rockies que pour l'organisme Canadian Parents for French.

La fin de sa carrière en politique municipale ne signifie pas la fin de son engagement social pour autant. Non, je n’arrête pas parce que je suis, comment on dit ça, busy body, dit-elle en riant. C’est toujours important et j’encourage tout le monde à s’occuper de ce qui se passe dans leur communauté parce que l’on peut influencer et c’est nécessaire de dire au peuple qui dirige ce que l’on veut et ce que l’on pense des décisions.

Signe de la résidence Bow Valley Regional Housing.

L'une des causes chères au coeur d'Esme Comfort est l'accès à des logements abordables, entre autres pour les personnes âgées, dans la vallée de la Bow.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

La transition en dehors de la vie politique est parfois difficile, dit-elle, parce que soudainement elle est moins stimulée intellectuellement. Quoique la lecture de documents très techniques de 100 pages ne lui manque pas.

Elle s’occupe comme elle peut. Netflix! [Je lis] des livres. Je suis fascinée par Twitter, Facebook, tous les médias et je suis toujours engagée. Les gens m'incluent dans leurs plans, leurs rêves, tout ça. Alors je suis occupée, dit-elle.

On n’échappe pas vraiment à la politique municipale une fois partie, croit-elle. Si vous avez beaucoup d'argent, allez à Hawaii ou je ne sais pas. Peut-être avec M. Musk en haut là [dans l’espace]. Autrement, restez engagés, ça vous aide à rester jeune et heureux.

Brian Pincott abonde dans le même sens. On se présente comme élu parce qu’on est impliqué dans notre communauté d’une manière ou d’une autre. Ça n'arrête pas, ça continue. Tous les intérêts que j’avais avant d'être élu ont été les mêmes quand j’ai été élu et sont les mêmes maintenant.

Il n'est d'ailleurs pas rare de voir des gens faire un retour en politique après une pause d'un ou deux mandats. À Calgary, deux anciens conseillers défaits en 2017 sont de retour au conseil : André Chabot et Richard Pootmans. Le nouveau maire d'Edmonton Amarjeet Sohi a quant à lui été défait en politique fédérale en 2019.

D’anciens conseillers nous écrivaient pour nous dire ce qu’ils pensaient, qu’on devait faire quelque chose et ils se présentaient au conseil [municipal]. Oui, ils se présentaient! Il y en a qui sont revenus, comme s’ils n’étaient jamais vraiment partis.

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