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À la recherche d’un lieu pour aider des jeunes aux besoins spéciaux

Christian Héno dans une session d'art martial.

Christian Héno a divisé son programme Conquer the dragon en 9 niveaux qui comprennent 10 sessions d'une heure chacune. L'accompagnement du jeune dure en général entre 3 à 6 mois.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Dépendant des écoles pour prodiguer ses programmes de thérapie par les arts martiaux, l’entrepreneur Christian Héno continue de sentir les foudres de la pandémie de la COVID-19, car il se retrouve aujourd’hui sans local fixe pour accompagner sa clientèle.

En 2004, l’entrepreneur originaire de France lance Henohealth, une entreprise de services basés sur une approche innovante et individuelle de l'éducation et du bien-être pour les jeunes ayant des besoins particuliers.

Son programme de thérapie par le mouvement, Conquer the dragon (Mater le dragon), a fait ses preuves et est reconnu notamment par le ministère de l’Enfance et du Développement de la famille de la Colombie-Britannique.

Christian Héno avec son sabre.

Christian Héno a créé le programme de thérapie par le mouvement spécialisé Conquer the dragon dans lequel les arts martiaux sont centraux.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

« Le but est de rentrer dans le système scolaire afin d'apporter aux enfants qui ont des difficultés scolaires, mais aussi aux enfants qui ont des problèmes cognitifs et de comportement, la confiance, l’estime de soi, soit toutes ces valeurs dont ils ont besoin pour fonctionner dans leur existence. »

— Une citation de  Christian Héno, entrepreneur et thérapeute

Son propre patron et son seul employé, Christian Héno combine différents arts martiaux dans ses séances avec les jeunes. L'art martial est un outil comme le qi gong, la méditation, l'expression théâtrale. [Ces derniers] sont des outils pour moi pour aider l'enfant, le restructurer psychologiquement, émotionnellement et surtout physiquement parce que l'idée est quand même de leur redonner confiance dans leur corps.

Rebondir rapidement tel un ninja

Cette noble mission a pourtant été mise à mal par la crise sanitaire du coronavirus.

« Ça a impacté très douloureusement l'activité, la dynamique de mon travail puisque moi j'allais dans les écoles comme prestataire de services, donc c’est souvent des programmes [qui se déroulent après l’école]. Mais les écoles fermaient les unes après les autres, ce qui fait que je me suis retrouvé dehors. »

— Une citation de  Christian Héno
Christian Héno.

Christian Héno espère monter une académie du mouvement pour les enfants avec des besoins particuliers.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Alors que ses activités d’accompagnement des jeunes ont été ralenties, Christian Héno se tourne, pendant plusieurs mois, vers l’enseignement du français et le tutorat en ligne pour garder son navire à flot. Il considère que l’une des qualités principales d’un chef d’entreprise est l’adaptabilité. Parallèlement, il continue l’accompagnement individuel de certains jeunes, en personne, car son approche requiert un contact que le virtuel ne peut combler, précise-t-il.

« Je me suis toujours dit que quoiqu'il arrive, mon programme va toujours exister et surtout que les enfants ont besoin de moi. Quelque part, la situation sanitaire est un problème, mais eux ont toujours ce besoin et encore plus avec la COVID. J'ai refusé d'abdiquer, les parents ont refusé d'abdiquer aussi. Donc on s'est retrouvé dans les parcs à travailler un peu plus. »

— Une citation de  Christian Héno

Mais le changement de saison ne permettant plus de sessions à l’extérieur, le besoin d’un local devient impératif. Même si les choses vont un peu mieux, note-t-il, l’entrepreneur souligne qu’il a perdu une bonne partie de sa productivité.

Il ajoute : Maintenant, il faut que je relance la machine et la COVID est toujours là. C’est un peu plus compliqué de retrouver ses automatismes, surtout sur le plan financier puisque je n’ai plus de local, d’endroit pour pouvoir travailler.

Un appel à l’aide

Reconnaissant des diverses aides gouvernementales, M. Héno aimerait néanmoins que la province soutienne davantage les petites entreprises comme la sienne. Dans le programme de relance de l’économie, il souhaite voir l’existence d'une structure stratégique qui permettrait aux petites entreprises de mieux redémarrer. Il cite en exemple des ateliers, des séminaires ou encore des conseillers en affaires qui pourraient les aider au niveau de la comptabilité et de l’administration.

« Parce que là, tout redémarre et en même temps, tout ne redémarre pas. On a quand même perdu pas mal d'atouts. J’ai eu la chance de survivre. Mais ce n’est pas bon d’être en survie, parce qu’on se sent toujours en situation de manque. »

— Une citation de  Christian Héno

À l’heure actuelle, l’urgence semble pour Christian Héno de trouver un espace attitré où mener ses activités. Alors, il lance un appel à la communauté.

Christian Héno et une élève.

À défaut d'un local qui lui appartient, l'entrepreneur a obtenu le soutien de la Maison de la Francophonie à Vancouver pour cette session d'accompagnement.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

« Est-ce qu'il y a des organisations, des écoles qui seraient prêtes à m'aider pour que je puisse continuer à opérer le programme et surtout que les enfants aient la possibilité d’avoir accès à mon programme? Parce que pour l'instant c'est compliqué. »

— Une citation de  Christian Héno

Prévenir pour mieux guérir

De tempérament à ne pas baisser les bras et à toujours anticiper, le fondateur de Henohealth estime que la prévoyance est la clé pour traverser une tempête telle que celle de la COVID-19. Il réécrit régulièrement son plan d’affaires et n’oublie jamais l’évaluation des risques.

Très souvent, quand on est pris par surprise, il faut un plan B ou un plan C surtout en tant que chef d’entreprise. C’est presque une erreur de ne pas avoir un plan B ou un plan C, conseille l'entrepreneur à ses pairs.

Christian Héno et une élève.

Avant la pandémie, Christian Héno travaillait essentiellement avec des écoles privées de Vancouver ou encore à North Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Un service essentiel pour certaines familles

Avec Conquer the dragon, Christian Héno travaille avec des enfants autistes, dyslexiques, compulsifs, qui ont des troubles de l’attention ou qui sont anxieux ou dépressifs. Parmi eux, Payton Oben, une adolescente de 13 ans qui a intégré le programme en pleine pandémie il y a plus d’un an. La jeune fille souffre notamment d’anxiété. Elle espère que d’autres jeunes comme elle puissent profiter des services de Christian, car les résultats sont concluants, observe-t-elle.

« Quand je me regarde [l’année passée], je me vois en manque de confiance. Mais maintenant, je me sens plus forte, heureuse et épanouie. »

— Une citation de  Payton Oben
Bobby et Payton Oben.

Bobby Oben (gauche), la maman de Payton (droite), estime que le programme Conquer the dragon a permis à sa fille d'être enfin elle-même.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

En cette semaine des petites et moyennes entreprises, la maman de l’adolescente, Bobby Oben, espère que la province soutienne davantage ces entreprises locales. Je me sens très bénie qu’on ait eu cette opportunité pour Payton.

« J’espère que [Christian] pourra poursuivre l'accompagnement individuel [...]. Je pense que le monde est très divisé pour le moment. Il est donc très important que les gens qui détiennent des petites entreprises continuent leurs activités pour que nous puissions nous unir et prospérer. »

— Une citation de  Bobby Oben

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