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Protection des caribous : nouvelles restrictions sur l’accès au parc national Jasper

Un caribou des bois.

Les activités humaines qui compactent la neige dans l'arrière-pays de Jasper exposent les caribous forestiers à une prédation accrue par les loups, selon les chercheurs.

Photo : Shutterstock

Les restrictions hivernales sur l’accès à l’arrière-pays du parc national Jasper seront en place plus longtemps et sur une plus grande partie du territoire cet hiver. Parcs Canada juge cette mesure essentielle pour protéger les hardes de caribous forestiers restantes dans le parc, qui sont en mauvaise posture.

Dès le 1er novembre, les visiteurs seront temporairement interdits dans certains secteurs de l’arrière-pays qui recoupent l’habitat hivernal des caribous de Tonquin, d’À la Pêche et de Brazeau.

Ce fut également le cas lors des deux hivers précédents, mais cette année, ces restrictions ne seront pas levées en février, mais seulement à compter du 15 mai.

Elles s’appliqueront aussi sur une plus grande portion du territoire de la harde de Brazeau.

Les humains qui pavent la voie aux loups

En s’aventurant profondément et en haute altitude dans l’arrière-pays en hiver, les randonneurs, les raquetteurs et les skieurs compactent la neige. Cela facilite la tâche aux loups qui n'ont pas à traverser la profonde poudreuse qui les sépare habituellement de leurs proies en ce temps-là de l'année.

Ainsi, les activités humaines peuvent amener les loups à chasser aux endroits mêmes où se rassemblent les caribous pour éviter les prédateurs, peut-on lire sur le site de Parcs Canada.

Les habitats des trois hardes repérées sur une carte.

Trois hardes de caribous des bois circulent encore dans le parc. Les sections d'arrière-pays qui recoupent leur habitat hivernal seront interdites aux visiteurs de novembre jusqu'à mai.

Photo : Parcs Canada

Quatre groupes de conservation ont salué la décision d'élargir les restrictions saisonnières dans un communiqué conjoint.

Ils soulignent que les hardes sont particulièrement vulnérables en hiver, parce qu’elles se nourrissent principalement de lichens à faible teneur en protéines et parce que c’est la période de gestation des femelles.

Après la disparition récente de la harde de caribous de la Maligne à Jasper, nous voyons avec un certain soulagement que la protection des caribous des autres hardes en voie de disparition devient une priorité, déclare Gillian Chow-Fraser, de la Société pour la nature et les parcs du Canada.

Une harde disparue, deux autres en danger

Le parc national Jasper comptait des centaines de caribous des bois dans les années 1960, mais ce n’est plus le cas. La harde Maligne a été déclarée disparue l’an dernier, car personne n’avait vu trace d’un de ses membres depuis deux ans. Les deux autres hardes à habiter le parc de façon permanente sont en voie de disparition.

Celle de Tonquin ne compte plus que 45 têtes et celle de Brazeau, 15. Selon Parcs Canada, ni l’une ni l’autre n’a assez de femelles pour espérer un repeuplement sans intervention humaine.

La harde d’À la Pêche, pour sa part, circule entre la limite nord du parc et les contreforts des Rocheuses. C’est elle qui se porte le mieux, avec 150 individus au dernier recensement.

Même des mesures à petite échelle, appliquées aux bons moments de l’année et aux bons endroits, permettent d’améliorer la connectivité et la qualité de l’habitat pour la faune, affirme Aerin Jacob, scientifique en conservation de Y2Y, qui a participé à la récente étude scientifique des possibilités de conservation du caribou à Jasper.

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