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Ce ne serait que le début d’une hausse du prix des aliments

« On ne manquera pas de nourriture, mais il va avoir moins de choix et les prix vont augmenter, simplement parce que tout coûte plus cher à faire », dit Sylvain Charlebois.

Une femme tranche avec un grand couteau une large pièce de boeuf cru.

En septembre, l'inflation annuelle s'est établie à 4,4 % au Canada, ce qui représente la hausse des prix la plus rapide en près de 19 ans, signalait Statistique Canada cette semaine.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

La hausse du prix des aliments est brutale pour les consommateurs et ne devrait pas s’estomper, estime un expert du domaine agroalimentaire.

En septembre, l'inflation annuelle s'est établie à 4,4 % au Canada, ce qui représente la hausse des prix la plus rapide en près de 19 ans, signalait Statistique Canada cette semaine.

Le prix du carburant est largement responsable, car les consommateurs ont payé le mois dernier 32,8 % qu’en septembre 2020. En excluant le les prix de l'essence du calcul, l'inflation se serait établie à 3,5 % le mois dernier.

Dans l'ensemble, les prix des aliments ont augmenté de 3,9 % en un an.

D’après Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie, à Halifax, ce n’était qu’une question de temps avant que ne survienne cette importante hausse du prix des aliments.

Les causes sont multiples et, combinées, elles expliquent la situation actuelle : les ingrédients coûtent plus cher, la nourriture des animaux aussi, et le transport terrestre et maritime des marchandises éprouve des ennuis de logistique.

Sylvain Charlebois donne une entrevue à Radio-Canada.

Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie (archives).

Photo : Radio-Canada

Tout coûte plus cher, la fabrication, le transport, l'emballage…, énumère M. Charlebois.

Viande de luxe

Immanquablement, les consommateurs se retrouvent contraints de modifier leurs habitudes.

Le prix des viandes, en particulier, a bondi, augmentant à leur rythme annuel le plus rapide depuis avril 2015. Le boeuf est 15 % plus cher qu’en janvier dernier, le bacon et le poulet ont récemment augmenté de plus de 10 %.

Les gens consomment moins de viande. C'est plus de 40 % des Canadiens qui ont décidé de bouder le comptoir des viandes pour aller ailleurs, a expliqué Sylvain Charlebois, dans une entrevue jeudi au Téléjournal Acadie.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle explosion des prix se produit et les gens sont désormais plus à l’aise de manger autre chose et de se détourner du comptoir des viandes lorsqu’il devient un problème pour les gens qui ont un budget, croit le chercheur.

Deux boeufs dans un pré.

Des animaux d'élevage près de Cremona en Alberta le 26 juin 2019.

Photo : Associated Press / Jeff McIntosh

Cela n'augure pas bien pour l'industrie, mentionne-t-il, si le boeuf est maintenant perçu comme un produit de luxe.

La « réduflation » : moins pour notre argent

Certains consommateurs trouvent qu’ils en ont moins pour leur argent, et leur impression est exacte, ajoute Sylvain Charlebois.

Il évoque une technique appelée réduflation. Au lieu d’augmenter le prix d’un produit et d’effrayer l’acheteur, on en offre tout simplement moins.

Le montant est le même, mais les quantités et portions diminuent. On va avoir 15 biscuits au lieu de 18, on va avoir 400 grammes au lieu de 500 grammes, mais le prix demeure le même , explique-t-il. Les croustilles, il y a plus d'air dans les sacs...

Un étalage de sacs de chips.

Avec la réduflation, les portions diminuent.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Si elle peut apparaître trompeuse, cette stratégie est absolument légale, dit-il, parce que les quantités et les prix doivent être affichés et que le consommateur les a sous les yeux à l’épicerie au moment de faire son choix. 

De plus, cette réduflation peut s’étendre sur une longue période, les quantités diminuant progressivement, ce qui fait que les gens s’en aperçoivent plus difficilement.

Les prix continueront d’augmenter... mais pas de panique

L’augmentation du prix des aliments n’est qu’un début, martèle Sylvain Charlebois. Les problèmes rencontrés dans la chaîne d’approvisionnement persisteront pour le moment, ce qui pourrait se traduire par des trous dans les étalages des épiceries, dit-il.

Paniquez pas! On ne manquera pas de nourriture, mais il va avoir moins de choix et les prix vont augmenter, simplement parce que tout coûte plus cher à faire, résume-t-il.

Avec des renseignements de Marie-Hélène Lange

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