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Langue, finances, Ottawa : trois défis de taille pour les prochains élus du Nunavut

Les Nunavummiut n’ont plus que deux jours avant de se rendre aux urnes pour choisir les candidats qui les représenteront à l’Assemblée législative dans chacune des 22 circonscriptions du territoire.

Une pancarte indiquant l'emplacement d'un bureau de vote par anticipation.

Lundi, les habitants du Nunavut choisiront les candidats qui les représenteront à l’Assemblée législative dans chacune des 22 circonscriptions du territoire.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Les Nunavummiut se rendront aux urnes lundi, alors qu'environ le quart des députés ont déjà été réélus sans opposition. Si chaque circonscription fait face à des défis propres, la majorité d’entre elles ont des problèmes communs avec lesquels le prochain gouvernement aura à composer.

Cette campagne de 36 jours, qui a été ponctuée par la crise de l’eau potable à Iqaluit, a principalement gravité autour des thèmes du logement, des infrastructures, de la sécurité alimentaire, des soins offerts aux aînés et de la transmission de l’inuktut, la langue inuit.

La transmission de la langue inuit, un enjeu au premier plan

L’enseignement de l’inuktut suscite bien des inquiétudes au territoire, puisque cette langue perd du terrain au profit de l’anglais.

Je pense qu’il y a de nombreuses déceptions, affirme Aluki Kotierk, la présidente de l’organisme Nunavut Tunngavik Inc. (NTI), qui représente les Inuit du territoire.

Aluki Kotierk regarde par la fenêtre.

Aluki Kotierk dénonce ce qu'elle considère comme l'inaction du gouvernement territorial sortant en matière d'enseignement de l'inuktut au Nunavut.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Certaines des politiques publiques ne semblent pas être centrées sur les Inuit, donc je pense que bon nombre d'Inuit du Nunavut se sentent désillusionnés par rapport à ce sur quoi nous nous étions entendus, poursuit-elle, en faisant référence à l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut.

NTI a récemment poursuivi le gouvernement du Nunavut, alléguant qu’il avait failli à sa tâche d’offrir un système d'éducation en langue inuit.

Au mois de novembre 2020, l’Assemblée législative du Nunavut a adopté le projet de loi 25, modifiant la Loi sur l’éducation et la Loi sur la protection de la langue inuit, qui donne au gouvernement jusqu’en 2039 pour étendre l’enseignement de la l’inuktut à tous les niveaux.

Cette modification de la loi a pour effet de reporter de 20 ans la généralisation de l’enseignement en langue inuit.

Des mots en inuinnaqtun sont écrits sur un tableau.

En 2016, le dernier recensement de Statistique Canada relevait que la langue inuit était la langue maternelle de 65 % de la population du Nunavut, contre 72 % en 2001.

Photo : CBC / Kate Kyle

De nombreux besoins, mais des moyens limités

Le premier ministre sortant, Joe Savikataaq, assure que les relations entre son gouvernement et NTI sont bonnes, dans l’ensemble, bien qu’il admette que certains dossiers les divisent.

Lorsqu’ils s’accordent sur des enjeux communs, dit-il, cela leur permet d’unir leur voix et de mieux se faire entendre à Ottawa.

Devant les défis de taille qui attendent le prochain gouvernement, les autorités maintiennent qu’il faut bien plus de financement. Or, puisqu’environ 80 % des revenus du territoire viennent de transferts fédéraux, son avenir dépend en bonne partie d’Ottawa.

« Les besoins des Nunavummiut surpassent le financement que nous recevons. »

— Une citation de  Joe Savikataaq, premier ministre sortant

Le secteur minier est la plus grande industrie du Nunavut, mais le gouvernement territorial ne perçoit pas les redevances qui en découlent.

Des camions et des grues transportent de la roche contenant du minerai.

Le site de la mine Meliadine, près de Rankin Inlet.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

En vertu de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, les redevances minières venant de toutes les mines en activité [...] reviennent aux organisations inuit, puisque les terres sur lesquelles elles se trouvent appartiennent aux Inuit, souligne-t-il.

Joe Savikataaq admet que la diversification de l’économie est un défi : Nous ne pouvons pas compter sur l’agriculture et la foresterie.

Il indique toutefois que le territoire est propice à la pêche en haute mer et à la pêche côtière. Il ajoute que son gouvernement a misé sur la création d’emplois en renforçant les économies locales.

Joe Savikataaq devant une vue d'Iqaluit.

Joe Savikataaq a été élu sans opposition dans la circonscription d’Arviat-Sud. Il espère briguer un second mandat comme premier ministre.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Nous partageons les mêmes électeurs

La nouvelle députée fédérale du Nunavut, Lori Idlout, espère qu’elle nouera de bonnes relations avec le prochain gouvernement territorial.

Nous partageons les mêmes électeurs, nous avons à cœur les mêmes questions et nous voulons tous faire ce qu’il y a de mieux pour les Nunavummiut, affirme-t-elle.

Malheureusement, [...] nous devrons toujours nous battre plus fort pour nos résidents, déplore-t-elle, citant le coût de la vie élevé au territoire et le fait que le Nunavut ne dispose que d’un seul siège à la Chambre des communes.

Lori Idlout devant une rue d'Iqaluit.

Lori Idlout a été élue députée fédérale du Nunavut en septembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Le premier politicien à avoir occupé le poste de premier ministre du territoire, Paul Okalik, affirme que bien des choses ont changé depuis son époque, dont la relation avec Ottawa, mais il dit ne pas perdre espoir.

Je serai patient une fois que le nouveau gouvernement aura été formé, indique celui qui a été à la tête du gouvernement territorial de 1999 à 2008. Mais je vais continuer à faire pression pour que les choses s’améliorent pour mes compatriotes Inuit et pour l’ensemble du territoire.

Gouvernement de consensus

Les quelque 14 000 électeurs qui seront en mesure de voter lundi devront attendre plusieurs semaines avant de savoir qui deviendra leur premier ministre. Les 22 députés élus le jour du scrutin le désigneront lors d’un vote secret organisé le 17 novembre.

Tout comme les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut repose sur un gouvernement de consensus, ce qui signifie que tous les candidats sont indépendants et qu’il n’y a ni alliances ni partis politiques.

Cette forme de gouvernement s’inscrit dans la culture autochtone et vise à favoriser la collaboration entre les ministres et les députés.

Bannière teaser du dossier élections Nunavut 2021.

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