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Haïti : le chef de gang menace de tuer les missionnaires pris en otage

Un manifestant brandit une pancarte. On y lit : libérer les Américains.

Des personnes manifestent pour la libération des missionnaires kidnappés à Titanyen, au nord de Port-au-Prince, en Haïti.

Photo : AP / Joseph Odelyn

Agence France-Presse

Le chef du gang haïtien qui a enlevé 17 citoyens nord-américains samedi à l'est de la capitale Port-au-Prince a menacé d'exécuter les otages, dans une vidéo tournée mercredi et partagée jeudi sur les réseaux sociaux.

Si je n'obtiens pas ce dont j'ai besoin, je tuerai ces Américains, menace en créole Wilson Joseph, apparaissant en costume et entouré de nombreux hommes en armes, tous réunis devant les cercueils où reposent les cadavres de cinq membres de son gang qui, selon lui, auraient été tués par la police.

Samedi, un groupe de missionnaires et des membres de leurs familles, 16 citoyens américains et 1 ressortissant canadien, ont été enlevés alors qu'ils venaient de visiter un orphelinat situé au cœur de la zone sous l'emprise de cette bande armée.

L'organisation Christian Aid Ministries, à laquelle les missionnaires enlevés appartiennent, a indiqué que le groupe comptait 12 adultes, dont l'âge est compris entre 18 et 48 ans, et 5 enfants, âgés de 8 mois, 3, 6, 13 et 15 ans.

Les ravisseurs exigent une rançon de 17 millions de dollars américains pour leur libération, ont confirmé à l'AFP des sources sécuritaires ayant requis l'anonymat.

Haïti est classé comme un pays en zone rouge par les États-Unis, qui déconseillent à leurs ressortissants de s'y rendre, notamment en raison des nombreux enlèvements, dont les victimes incluent régulièrement des citoyens américains.

Depuis décembre 2020, Wilson Joseph fait l'objet d'un avis de recherche de la police haïtienne pour assassinat, tentative d'assassinat, enlèvement, vols de véhicules et détournements de camions de marchandise.

Un nouveau directeur à la tête de la police

Dans ce contexte d'emprise grandissante des gangs, Frantz Elbé est devenu jeudi soir le nouveau directeur général de la police nationale d'Haïti, après la démission de son prédécesseur Léon Charles, a indiqué la Primature de la République d'Haïti dans un tweet.

Le temps est au travail, a ajouté le premier ministre haïtien Ariel Henry sur Twitter.

« Nous voudrions que la paix publique soit rétablie, que nous retournions à la vie normale et que nous retrouvions la voie de la démocratie. »

— Une citation de  Ariel Henry, premier ministre d'Haïti

Enfin, nous voudrions organiser des élections. Nous souhaitons bon travail et succès au nouveau directeur général de la police, a-t-il ajouté.

Longtemps cantonnées aux quartiers pauvres de la capitale, les bandes armées ont, ces derniers mois, étendu leur contrôle, bloquant notamment l'accès aux terminaux pétroliers.

Jeudi, des groupes de chauffeurs de taxi-moto ont multiplié les barricades à travers Port-au-Prince pour protester contre la pénurie de carburant, causée par les gangs et qui les contraint à s'approvisionner au marché noir.

Au début de septembre, les bandes armées ont détourné plus d'une dizaine de camions-citernes à la sortie du seul terminal encore partiellement accessible, parmi les trois que compte le pays.

Devant le risque de voir leurs employés séquestrés et de perdre près de 22 000 $ CA de marchandises par camion, les distributeurs de produits pétroliers ont presque suspendu leurs activités.

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