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La Chambre demande que Steve Bannon soit accusé d’outrage au Congrès

La balle est rendue devant le département de la Justice.

Steve Bannon, un masque à la main, au milieu de plusieurs journalistes et photographes.

Steve Bannon, l'ex-conseiller de Donald Trump, a refusé de comparaître devant le comité d'enquête sur l'assaut du Capitole.

Photo : Reuters / Andrew Kelly

La Chambre des représentants a adopté jeudi une résolution pour qu'une accusation d'outrage au Congrès soit portée contre l'ex-conseiller de Donald Trump, qui a défié son assignation à comparaître devant le comité spécial sur l'assaut du Capitole.

Sans surprise, la résolution, approuvée à 229 voix contre 202, a en majeure partie été adoptée selon des lignes partisanes. Neuf républicains, parmi lesquels se trouvaient évidemment les deux seuls membres républicains du comité spécial, Liz Cheney et Adam Kinzinger, se sont rangés derrière les démocrates.

La décision ultime de porter des accusations reviendra au département de la Justice.

La résolution d'aujourd'hui sur l'outrage au Congrès va au-delà de [Steve] Bannon. C'est un vote en faveur du système des freins et contrepoids et en faveur de la Constitution, a commenté la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, dans un communiqué publié en soirée. Les freins et contrepoids font référence au contrôle exercé par les branches du gouvernement américain les unes sur les autres.

CNN a rapporté que le bureau de Mme Pelosi avait indiqué que le document officiel avait été transmis au département du procureur général Merrick Garland en fin d'après-midi.

Interrogé plus tôt sur le dossier devant un comité de la Chambre, M. Garland n'a pas indiqué ce que serait la décision du département, mais a dit que son département l'évaluerait.

Le département de la Justice fera ce qu'il fait toujours dans de telles circonstances : nous appliquerons les faits et la loi et prendrons une décision en accord avec les principes inhérents aux poursuites, a-t-il répondu.

Dans l'éventualité où des accusations sont portées, Steve Bannon serait passible d'une peine de prison d'un an et d'une amende allant jusqu'à 100 000 $, advenant une condamnation.

Soupçonné par le comité spécial de détenir des informations importantes sur les événements du 6 janvier, il avait été sommé de comparaître jeudi dernier, mais son avocat a soutenu que son client était dans l'impossibilité juridique de se plier à l'assignation.

Il a invoqué le privilège de l'exécutif invoqué par l'ex-président Trump dans le but d'empêcher les comparutions de divers témoins. Plusieurs experts jugent toutefois que ce concept s'appliquerait difficilement à Steve Bannon, qui a quitté son poste à la Maison-Blanche en 2017.

Vu comme un témoin important

Des partisans de Donald Trump à l'extérieur du Capitole, qu'ils ont pris d'assaut; certains portent des drapeaux américains ou pro-Trump.

Des partisans de Donald Trump, à l'extérieur du Capitole, le 6 janvier dernier.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Isolée au sein de sa formation, Mme Cheney, vice-présidente du comité spécial et ardente critique de Donald Trump, a une nouvelle fois tenté de rallier ses collègues à sa cause au cours des débats qui ont précédé le vote.

Les déclarations publiques de M. Bannon montrent clairement qu'il savait ce qui allait se passer avant que cela ne se produise, et qu'il devait donc être au courant de la planification de tout ce qui s'est passé ce jour-là, et qu'il a peut-être même participé à cette planification.

« Le peuple américain mérite de savoir ce qu'il savait et ce qu'il a fait. »

— Une citation de  Liz Cheney, représentante républicaine

Comme par le passé, ses collègues sont cependant restés sourds à son plaidoyer, accusant les démocrates de cibler leurs adversaires politiques.

Fidèle allié de Donald Trump, Jim Jordan a par exemple associé l'assignation à comparaître à du harcèlement ayant ultimement pour but de s'en prendre à Donald Trump.

Steve Bannon, qui a œuvré comme stratège en chef de Donald Trump pendant les premiers mois de son mandat après avoir été l'un des principaux architectes de sa victoire électorale, est considéré comme un témoin clé dans l'enquête du comité spécial.

Selon des comptes rendus, Steve Bannon s'est entretenu avec son ancien patron dans les semaines précédant l'invasion du siège du Congrès.

Les propos tenus au micro de son balado le 5 janvier, la veille de l'assaut, suggèrent en outre qu'il était au courant des événements qui se produiraient le lendemain.

Vous avez fait en sorte que cela arrive, et demain c'est le moment de vérité. Alors attachez-vous. Préparons-nous, y disait-il notamment.

« Comprenez bien ceci. L'enfer va se déchaîner demain. Ça va bouger. Ça va être rapide. »

— Une citation de  Steve Bannon, dans l'épisode du 5 janvier de son balado

Dans leur livre Péril, les journalistes Bob Woodward et Robert Costa font également état de sa rencontre avec d'autres alliés du président défait à l'hôtel Willard InterContinental Washington, un établissement luxueux de la capitale fédérale, le même jour. La réunion avait entre autres pour objet d'encourager les élus républicains à s'opposer à la validation de la victoire de Joe Biden.

Trump en rajoute

Dans un communiqué laconique à l'image des tweets qu'il publiait, l'ancien locataire de la Maison-Blanche a de nouveau banalisé les événements du 6 janvier, faisant écho à ses allégations non fondées d'une vaste fraude électorale.

« L'insurrection a eu lieu le 3 novembre, le jour de l'élection. Le 6 janvier, c'était la manifestation! »

— Une citation de  Donald Trump, ex-président des États-Unis

Lisant sa déclaration en Chambre, le démocrate James Raskin a rétorqué : Non, M. Trump, je suis désolé. En Amérique, c'est ce qu'on appelle une élection.

Lundi dernier, Donald Trump a intenté une action en justice pour empêcher le comité de la Chambre de recevoir des archives de la Maison-Blanche liées au 6 janvier dernier, date à laquelle des centaines de ses partisans ont envahi le Congrès.

Au cours des dernières semaines, le comité spécial de la Chambre a également assigné à comparaître l'ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche Mark Meadows et celui qui était son adjoint, Dan Scavino, ainsi que Kash Patel, qui était chef de cabinet du secrétaire à la Défense, en plus de leur enjoindre de produire des documents.

Ils devaient eux aussi témoigner la semaine dernière, mais des membres du personnel du comité ont déclaré qu'ils collaboraient pour leur part avec le comité et que l'échéance avait conséquemment été reportée.

La semaine dernière, le comité a également assigné à comparaître Jeffrey Clark, un ex-responsable du département de la Justice qui aurait été impliqué dans des efforts pour renverser l'élection présidentielle de 2020.

Les travaux du comité spécial ont commencé en juillet de façon percutante, avec les témoignages émotifs de policiers visiblement encore ébranlés par l'assaut des pro-Trump qu'ils ont dû repousser le 6 janvier.

En plus de décrire de façon détaillée les épisodes de violence qu'ils ont subis, ils ont critiqué les républicains qui ont cherché à banaliser l'assaut.

Avec les informations de Washington Post

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