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Les microplastiques dans l’atmosphère pourraient modifier le climat dans le futur

Comme les autres aérosols présents dans l’air, les particules de plastique diffusent et absorbent la lumière du soleil.

Une personne tient sur son doigt des microplastiques.

Les microplastiques sont des morceaux de moins de cinq millimètres.

Photo : iStock

Radio-Canada

Si les concentrations actuelles de microplastiques dans l'atmosphère terrestre sont faibles, leurs fortes augmentations prévues dans les prochaines décennies pourraient avoir un impact sur le climat de la planète, préviennent des scientifiques néo-zélandais.

Les déchets plastiques sont partout dans l’environnement. Les tissus synthétiques, bouteilles, sacs et autres objets se fragmentent en morceaux de plus en plus petits pour se retrouver dans la nature.

Des études ont déjà montré que les microplastiques transportés par le vent et les éléments se trouvent maintenant un peu partout sur la planète : des plus hautes chaînes de montagnes aux abysses des océans.

En raison de leur légèreté, ils peuvent aussi se trouver sous forme aérosol dans l’atmosphère. Jusqu’à maintenant, l’effet de ces microplastiques en suspension dans l'air sur le climat mondial restait mal connu.

Les autres types de particules en suspension, telles que la poussière minérale, les sulfates et le carbone noir, ont un effet sur le climat.

Par exemple, le carbone noir absorbe le rayonnement visible et infrarouge, ce qui réchauffe l'atmosphère. De leur côté, les sulfates diffusent le rayonnement, ce qui mène à un refroidissement.

Des particules diversifiées

Les microplastiques ne sont pas homogènes comme les autres polluants atmosphériques, puisqu’ils comprennent des centaines de matériaux de tailles et de formes différentes, comme des polymères, des produits chimiques et des pigments.

Pour cette raison, les chercheurs pensent que, de façon générale, les microplastiques peuvent aussi bien refroidir que réchauffer le climat en raison de leur grande hétérogénéité.

Dans leurs travaux, la Dre Laura Revell et ses collègues de l'Université de Canterbury se sont principalement intéressés aux fragments et aux fibres rejetées dans l’atmosphère par les tissus synthétiques, puisque ce sont les seules particules pour lesquels les chercheurs disposent d'assez d’informations concernant leurs propriétés optiques et leurs effets radiatifs directs.

Les résultats de leurs modélisations montrent que ces microplastiques ont un tout petit effet de refroidissement sur le climat, un impact qui n'aurait cependant aucune répercussion sur le climat mondial en raison du réchauffement lié aux gaz à effet de serre.

Sur la base de nos hypothèses, qui sont tirées du nombre limité d'études sur les microplastiques en suspension dans l'air publiées à ce jour, l'impact des microplastiques en suspension dans l'air sur le climat est actuellement faible, comme prévu, explique dans un communiqué la Dre Revell.

Un problème en devenir

Les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature (Nouvelle fenêtre) (en anglais) estiment qu'il devient urgent de mieux contrôler la quantité de débris plastiques présents dans l'air.

Environ cinq milliards de tonnes de déchets plastiques se sont accumulées dans les dépotoirs ou dans l'environnement à ce jour, une quantité qui devrait doubler au cours des 30 prochaines années si les tendances actuelles de la production de plastique et de la gestion des déchets se poursuivent, notent les chercheurs.

Si nous ne prenons pas, en tant qu'espèce, des mesures sérieuses pour lutter contre la pollution par les microplastiques, la production de plastique et les pratiques de gestion des déchets, alors la quantité de microplastiques continuera d'augmenter dans l'atmosphère et finira par contribuer aux changements climatiques futurs, conclut la Dre Revell.

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