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La nouvelle mairesse de Calgary refuse d’assermenter le conseiller municipal Sean Chu

Sean Chu parle aux médias.

Le conseiller municipal de Calgary Sean Chu a assuré qu'il n'avait aucune intention de démissionner lors d'un point de presse, jeudi après-midi.

Photo : Radio-Canada

La nouvelle mairesse de Calgary, Jyoti Gondek, refuse d’assermenter Sean Chu au conseil municipal, car il a été reconnu coupable d’une inconduite en vertu de la loi sur la police relativement à des contacts inappropriés avec une mineure de 16 ans en 1997, alors qu'il était policier. Il a reçu une lettre de réprimande en lien avec cette affaire qui est restée à son dossier pendant cinq ans. Elle a expiré en 2008. Il n'a pas fait l'objet d'accusations criminelles.

Rectificatif :

Une version précédente laissait entendre que Sean Chu faisait toujours l'objet d'allégations de contacts sexuels inappropriés avec une mineure, ce qui n'est pas le cas.

En conférence de presse, jeudi, Sean Chu a affirmé qu’il n’a pas l’intention de démissionner et qu’il se présentera quand même à la cérémonie, parce qu’il le doit, selon la loi.

« J’ai été dûment élu par les gens du quartier 4 et j’ai l’intention de rester en poste pour les servir. »

— Une citation de  Sean Chu, conseiller municipal de Calgary

Le candidat réélu dans le quartier électoral 4 de la métropole albertaine fait l’objet d'une controverse depuis la semaine dernière.

Sean Chu s’excuse

Sean Chu avait déjà reconnu qu’il avait mis sa main sur la jambe de l’adolescente dans un lieu public.

Jeudi, il a également admis qu’il l’avait emmenée chez lui.

Il dit qu’il a rencontré l’adolescente pendant qu’il était en uniforme, dans un établissement où il fallait être majeur pour entrer. Il est revenu la voir après la fin de son quart.

Il dit que c’est là qu’il l’a conduite chez lui, après quoi ils se sont touchés de façon consensuelle.

À un certain point, elle n’a pas voulu continuer. J’ai respecté ses souhaits et je l’ai reconduite chez elle, affirme-t-il.

L’adolescente, qui est maintenant majeure, allègue qu’il l’a agressée. Cela n’a jamais été prouvé en cours.

Sean Chu affirme s’être soumis à un polygraphe pendant trois heures au cours de l’enquête policière.

J’ai toujours été complètement honnête, dit-il.

Au cours de son point de presse, il a tout de même présenté de rapides excuses à la plaignante.

Ça n’a jamais été mon intention de causer du tort à quiconque, a-t-il dit.

D’autres politiciens demandent sa démission

Sean Chu avait l’occasion de faire la bonne chose [en démissionnant], mais il a refusé, a déploré la porte-parole néodémocrate en matière du statut de la femme, Janis Irwin, par communiqué.

Selon elle, M. Chu a utilisé sa position de pouvoir en tant que policier pour profiter de la jeune fille.

Malheureusement, il reste dans une position de pouvoir en tant que conseiller. Cela envoie le message que les gens dans la position de M. Chu n’ont pas à rendre de comptes.

Plusieurs autres politiciens avaient également demandé la démission du conseiller dans les derniers jours, incluant le premier ministre albertain : Il y a peu de crimes pires que l'exploitation sexuelle de mineurs, et je prends cela très au sérieux, a assuré Jason Kenney mardi en conférence de presse, précisant que le conseiller devrait démissionner si les allégations s’avéraient vraies.

Jyoti Gondek demande par ailleurs au gouvernement albertain d’étudier toutes les options possibles pour exclure Sean Chu du conseil municipal s’il refuse de quitter son poste de son propre gré.

Il peut très bien venir [à la cérémonie], mais je ne vais pas l’assermenter [au conseil municipal] , a-t-elle insisté.

Pour le moment, le gouvernement provincial n’a pas l’autorité nécessaire pour forcer Sean Chu à renoncer à son poste.

Le ministre des Affaires municipales explore ses recours légaux

Contrairement à ce que certains ont suggéré, le ministre des Affaires municipales ne peut pas simplement mettre un élu municipal à la porte, a réitéré le ministre des Affaires municipales, Ric McIver, dans un communiqué envoyé en fin d’après-midi jeudi.

Le bureau de la mairesse affirme que l'article 574 de la loi sur les gouvernements municipaux (Municipal Government Act) stipule que le gouvernement provincial a le pouvoir de relever de ses fonctions un élu local.

Toutefois, Ric McIver dit que cet article a été conçu pour gérer des situations où un conseiller a commis des infractions liées aux opérations municipales pendant qu’il était élu.

Ceci dit, je reconnais pleinement l’intérêt public justifié dans cette situation sans précédent, déclare-t-il.

J’ai demandé que des experts juridiques indépendants étudient la loi et me conseillent sur les actions, s’il y en a, que le ministre des Affaires municipales peut légalement entreprendre.

Il promet de rendre leurs conclusions publiques.

Jyoti Gondek recommande néanmoins d’édicter et utiliser le projet de loi 52, qui permet aux Albertains de « renvoyer » des élus municipaux, scolaires ou provinciaux par le biais de pétitions.

[Le projet de loi] a reçu la sanction royale, mais n’est toujours pas adopté. S’il [le gouvernement provincial] le fait, il peut agir immédiatement, fait savoir la mairesse.

Par ailleurs, le candidat que Sean Chu a battu de justesse dans le quartier 4, D.J. Kelly, a demandé un recomptage des voies.

Élections Calgary a refusé, mais il compte maintenant déposer une requête pour un recomptage judiciaire.

Avec des informations de Hannah Kost

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