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Coastal GasLink : les tensions montent alors que le chantier est à nouveau bloqué

Un campement érigé par des opposants le 25 septembre bloque un lieu de passage important du gazoduc.

Des tuyaux posés en long sur un chantier déblayé.

Plus du tiers du gazoduc a été enfoui, selon Coastal GasLink, mais des opposants au projet tentent toujours de le bloquer.

Photo : Image de l'association des entreprises et entrepreneurs indépendants (ICBA)

Les opposants au gazoduc Coastal GasLink, qui agissent avec l’appui des chefs traditionnels de la nation Wet’suwet’en, bloquent à nouveau un site crucial au passage du pipeline dans le nord de la Colombie-Britannique.

Depuis le 25 septembre, un campement a été installé à l’endroit où la compagnie gazière prévoit forer le sol pour faire passer le tuyau sous la rivière Morice, Wedzin’Kwa en langue wet’suwet’en, un point de passage essentiel.

Nous devons faire tout notre possible pour les empêcher de procéder au forage, dit Jennifer Wickham, membre de la nation Wet’suwet’en et porte-parole du clan Gidimt’en, engagé depuis 2018 contre Coastal GasLink. Nos chefs héréditaires ont adopté une loi qui dit qu’aucun pipeline ne peut traverser notre territoire.

Deux manifestants ont été arrêtés cet automne par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), pour violation d’une injonction accordée en 2019 à Coastal GasLink interdisant le blocage des travaux.

Selon les opposants, le forage sous la rivière met en danger la qualité de l’eau et les saumons qui viennent y frayer chaque année. C’est une rivière intacte, dont on peut encore boire l’eau, explique Jennifer Wickham.

Dans une déclaration écrite, la présidente de Coastal GasLink, Tracy Robinson, dit que la technique de forage utilisée est sans danger : Nos équipes vont utiliser une méthode "en microtunnel", c’est-à-dire un passage sans tranchée qui sera construit bien en dessous du lit de la rivière et qui ne perturbera pas le flot, le lit et les berges de la rivière.

Vers une répétition des événements de 2020?

En 2019 et en 2020, des opposants au pipeline avaient installé des barrages à plusieurs endroits sur le chemin forestier Morice River, près de Houston, ce qui a mené à des affrontements avec les policiers et à des dizaines d’arrestations, suivis d’un mouvement de soutien pancanadien.

Cette fois, le campement Coyote occupe l’extrémité d’une route adjacente qui mène à la rivière et croise le chemin Morice River à la hauteur du kilomètre 63.

J’imagine qu’ils ne sont pas très contents [à CGL], dit Jennifer Wickham, soulignant que l’hiver approche à grands pas dans la région. S’ils repoussent la construction à après le mois de décembre, il fera très froid sur notre territoire, peut-être dans les moins 40.

La rivière Morice en hiver, entourée d'arbres enneigés.

La rivière Morice, appelée Wedzin'Kwa par les Wetsuwet'en, doit être traversée par le gazoduc Coastal GasLink dans le nord de la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

TC Énergie, qui est propriétaire de Coastal GasLink, n’a pas dit dans quelle mesure ce blocage risque d’avoir un impact sur l'échéancier de construction et quels seront les coûts supplémentaires s’il n’est pas respecté. La date prévue pour la complétion du gazoduc reste 2023.

La GRC ne s’avance pas non plus sur la date d’une intervention potentielle pour déloger les occupants du campement.

Selon Jennifer Wickham, il ne fait pas de doute que les policiers finiront par intervenir. Ils sont encore en train de gérer ce qui se passe à Fairy Creek, sur l’île de Vancouver, mais nous nous attendons à une forme d’intervention, dit-elle.

L’influence de Fairy Creek

Les manifestations pour la protection des forêts anciennes qui se poursuivent près de Fairy Creek influencent les tactiques employées par les opposants à Coastal GasLink.

L’une des deux personnes arrêtées en septembre près du campement Coyote a recouru à un dispositif inspiré de celui utilisé par les militants du sud de l’île de Vancouver pour s’accrocher sous un autobus qui bloquait le chemin forestier dans le but de compliquer le travail des policiers.

Selon Jennifer Wickham, il a fallu plusieurs heures à ces derniers pour arriver à l’extraire de là.

Nous gardons un œil sur le succès [des manifestants] de Fairy Creek, et sur la façon dont la GRC réagit, dit-elle. Il y a bien sûr certains de nos partisans qui viennent de l’île et qui étaient à Fairy Creek.

Une information que confirme le sergent Chris Manseau, agent de relation avec les médias de la GRC.

Quelques manifestants qui étaient à Houston contre Costal GasLink étaient aussi à Fairy Creek cet été, et maintenant ils sont retournés [près de Houston], ajoute-t-il.

Selon Coastal GasLink, le projet de pipeline de 670 kilomètres est terminé à 50 %, et plus du tiers du gazoduc a été mis en terre. Il doit transporter du gaz naturel de Groundbirch près de Dawson Creek jusqu'à Kitimat, sur la côte.

Si les chefs héréditaires des Wet'suwet'en s'opposent à Coastal GasLink, les cinq conseils de bande wet’suwet’en élus qui se trouvent le long de son tracé ont signé des accords avec la compagnie gazière leur garantissant investissements, emplois et redevances à long terme.

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