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Procès de Patrik Mathews : la défense veut 33 mois plutôt que 25 ans

Les avocats de la défense rejettent la proposition de peine de la Couronne de 25 ans de prison.

Patrik Mathews vu de face.

Les avocats de Patrik Mathews jugent que 33 mois de prison seraient suffisants pour l'ancien réserviste des Forces armées canadiennes.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Radio-Canada

Les avocats qui représentent Patrik Mathews recommandent qu'il soit condamné à 33 mois de prison, au lieu de la peine de 25 ans réclamée par les procureurs américains. L’ancien réserviste canadien est accusé d'avoir fait partie d'un groupe néonazi.

Les procureurs ont présenté, le mois dernier, leur requête préalable à la détermination de la peine pour le recruteur présumé de l’organisation suprémaciste blanche The Base.

M. Mathews a fui illégalement le Manitoba pour les États-Unis en 2019, où il a été arrêté après plusieurs mois sous surveillance. Il avait initialement plaidé non coupable aux accusations liées à un complot visant à déclencher une guerre raciale aux États-Unis.

En juin, Patrik Mathews a changé sa réponse à l'accusation pour se déclarer coupable des diverses accusations déposées dans le Delaware et le Maryland. Il est accusé de possession d’une arme à feu alors qu’il se trouvait illégalement aux États-Unis, de possession illégale d’une mitraillette, de possession d’une mitraillette non enregistrée et d’obstruction à la justice pour avoir détruit un téléphone cellulaire qui faisait partie d’une enquête fédérale.

Il risque jusqu’à 10 ans de prison pour chacun des trois premiers chefs d’accusation, ainsi qu’une peine maximale de 20 ans et une amende de 250 000 $ pour la destruction du téléphone.

Patrik Mathews et son coaccusé Brian Lemley ne font pas l’objet d’accusation de terrorisme, mais les procureurs envisagent de demander cet ajout aux accusations, ce qui pourrait augmenter considérablement la peine de prison.

Les avocats de M. Mathews dénoncent cette manœuvre. Selon une déclaration de la défense déposée le 12 octobre devant la Cour de district du Maryland, le gouvernement cherche à obtenir un renforcement spectaculaire de la peine, en faisant valoir que l’infraction de M. Mathews visait à promouvoir un crime fédéral de terrorisme.

La défense ajoute que l’accusé rejette avec véhémence cette accusation et qu'il soutient que la demande du gouvernement d’appliquer l'accusation de terrorisme devrait être rejetée.

Preuves vidéo

Les procureurs ont soumis des preuves vidéo capturées par le Federal Bureau of Investigation (FBI). Le 11 janvier 2020, un agent du FBI infiltré dans The Base s’est rendu dans l’appartement où vivaient Patrik Mathews et Brian Lemley, au Delaware.

Selon les procureurs, les images vidéo montrent une discussion entre Patrik Mathews et Brian Lemley concernant des actes de terrorisme qui auraient pu être commis dans un rassemblement pour le droit aux armes à feu en Virginie et des plans pour tuer un policier et le président de la Chambre des délégués de l’État.

Les documents déposés la semaine dernière listent une série d’objets que les enquêteurs ont saisis lors de l’exécution d’un mandat de perquisition dans la résidence de Newark où les accusés vivaient le 16 janvier 2020. La police a saisi 2 fusils, dont un AR-15 sans numéro de série, et environ 2000 cartouches de différents types de munitions.

La défense nie qu’ils avaient l’intention de commettre des actes de terrorisme en Virginie. Selon la défense, Patrik Mathews devait travailler le jour de la manifestation sur les armes à feu et il n’avait pas l’intention d’y participer.

La défense affirme que l’agent du FBI en filature avait l’intention claire de faire pression sur les accusés pour qu’ils élaborent ces plans.

Elle poursuit en affirmant que tout discours intercepté ne peut faire l’objet de poursuites, puisque les conversations privées sont protégées par le premier amendement de la Constitution américaine. Les enregistrements montrent que Patrik Mathews adhérait à des opinions racistes et antisémites et qu'il prônait la violence antigouvernementale et politique.

Réactions des procureurs

La défense a aussi présenté des comparatifs de peines octroyées pour des discours haineux et de la violence antigouvernementale depuis le début de l’affaire contre Patrik Mathews en janvier 2020.

Selon la défense, des gens qui ont participé aux émeutes au Capitole en janvier 2021 dans les cas les plus sévères de violence n’ont pas été condamné à des peines supérieures à 1 an d’emprisonnement.

Les procureurs ont déclaré que les deux accusés recherchent une clémence qu’ils n’ont jamais envisagé de montrer envers ceux qu’ils avaient l’intention de tuer, de terroriser et d’humilier.

Les procureurs et les avocats de Patrik Mathews réévalueront la suggestion d'une peine de 25 ans lors d’une audience sur le renforcement du terrorisme le 25 octobre. Une audience pour déterminer la peine est prévue le 28 octobre.

Avec les informations de Bryce Hoye

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