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Une vague de romans sur la pandémie, dont un de Margaret Atwood

L'écrivaine canadienne sortira un roman collaboratif sur des personnes rapprochées par le confinement.

L'écrivaine est assise et croise les mains en regardant sur la droite.

Margaret Atwood le 21 août 2019 à Toronto

Photo : The Associated Press / Arthur Mola

Agence France-Presse

Est-ce que le lectorat est prêt à revivre la crise de la COVID-19 à travers la fiction? La question hante les allées de la Foire du livre de Francfort, où le Canada est l’invité d’honneur, qui présente plusieurs récits directement inspirés par la pandémie.

Deux de ces ouvrages à paraître sont signés par des autrices parmi les plus populaires du moment : la romancière américaine Jodi Picoult et la canadienne Margaret Atwood. Cette dernière s'est lancée dans un roman collaboratif, avec Douglas Preston, Tommy Orange et Celeste Ng, sur des personnes de Manhattan, à New York, rapprochées par le confinement.

Nous, membres de la race humaine, avons traversé une période très difficile ici sur la planète Terre, et ce n'est pas fini, a prévenu Margaret Atwood, autrice de La servante écarlate, lors d'une intervention virtuelle pour la cérémonie d'ouverture de la foire qui se tient jusqu'à dimanche.

L'ouvrage collectif qu'elle a supervisé, Fourteen Days: An Unauthorised Gathering (Quatorze jours : un rassemblement non autorisé), doit sortir en 2022 et sera l'un des premiers témoignages de la façon dont la fiction peut s'emparer d'un thème d'actualité encore brûlant.

Écrire sur la pandémie pour comprendre

Autrice de succès traduits dans plus de 30 langues, Jodi Picoult publiera le mois prochain un roman construit sur l'histoire d'une touriste bloquée loin de son pays par la pandémie.

Intitulé Wish You Were Here, il s'agissait selon l'Américaine de donner un sens à 2020.

La femme sourit en posant pour les photographes.

L'écrivaine américaine Jodi Picoult à New York le 24 juin 2009.

Photo : Getty Images / Stephen Lovekin

Les artistes doivent trouver un sens aux choses que nous ne comprenons pas, comme une pandémie mondiale, a expliqué l'écrivaine qui n'est pas présente à Francfort, mais a répondu aux questions écrites de l'AFP.

Moins de maisons d’éditions, d’auteurs et d’autrices ont fait le déplacement à Francfort cette année, mais l'Allemand John von Dueffel y présentera vendredi The Angry and The Guilty, l'histoire d'une femme devant se mettre en quarantaine au moment où le patriarche de la famille est en train de mourir.

Un lectorat frileux?

Toutefois, certaines personnes du monde du livre doutent que le lectorat, à peine sorti des turbulences de la pandémie, va vouloir y replonger en littérature.

Le critique littéraire allemand Denis Scheck met en garde contre la précipitation à sortir ces fictions, soulignant le talent nécessaire pour restituer les événements en temps quasi réel.

Sceptique sur l'idée de romans traitant dès à présent de la COVID-19, il estime qu'il faudrait attendre encore 10 ou 20 ans.

Il souligne que les meilleures fictions sur les attentats du 11 septembre 2001 n'ont vu le jour que des années, voire plus d'une décennie après les faits.

Et parallèlement, le lectorat a préféré, durant la pandémie, se tourner vers des classiques de la littérature évoquant d'autres épidémies, comme en témoigne le regain de succès de La peste, d'Albert Camus.

L’urgence de témoigner

Mais des autrices et auteurs comme l'Américaine Hilma Wolitzer ont trouvé dans l'écriture un exutoire aux drames qui les ont frappés durant la pandémie.

L'écrivaine de 91 ans a perdu en 2020 son mari de la COVID-19 et a elle-même dû être hospitalisée après avoir été infectée.

Poser des mots sur une page blanche était une façon de faire face au chagrin, alors que tous les rituels habituels du deuil, comme les funérailles et la compagnie de la famille et d'autres proches, m'étaient refusés, explique-t-elle à l'AFP.

Cet épisode douloureux de sa vie constitue l'ultime chapitre de son dernier livre, Today a Woman Went Mad in the Supermarket, un recueil d'histoires mettant en scène des personnages récurrents, dont certains déjà présents dans ses récits des années 1960 et 1970.

J'espère que les gens le liront pour le plaisir et la consolation, comme ils le feraient pour toute autre œuvre de fiction, confie-t-elle.

Le lectorat devra décider lui-même quand il sera prêt à lire des romans sur la COVID-19, dit Jodi Picoult. Nous devons mettre en perspective ce que nous avons appris sur nous-mêmes au cours des 18 derniers mois. Si mon livre permet de faire cela au moins pour une seule personne, je considérerai que c'est un succès.

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