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Des jeunes de Rollo Bay vont dormir dehors pour vivre la réalité des sans-abris

Huit jeunes assis devant leur école.

Les membres du groupe Acad'est jeunesse, tous scolarisés à l'école La-Belle-Cloche de Rollo Bay, vont dormir dehors une nuit dans un abri de fortune pour sensibiliser leur communauté à la réalité vécue par les sans-abris.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Ces huit filles et garçons, tous scolarisés à l'école La-Belle-Cloche, se mobilisent ainsi pour recueillir des dons, que ce soit de l'argent ou des aliments. Ils veulent aussi sensibiliser leur communauté à l'existence que vivent celles et ceux qui n'ont pas de toit.

Tia Stanislawaska (8e année), Fionnuala O'Neill et Camdyn Burns (9e année), Renée Chapman (10e année), Mitchel White, Alex Lord, Trinity Roche (11e année), et Carson Bernard (12e année) ont mis sur pied ce projet en un mois environ. De l'idée, au choix du lieu et des matériaux qu'ils vont utiliser pour construire leur abri de fortune, les jeunes ont tout décidé de A à Z, avant d'informer leurs parents et enseignants.

On veut créer notre propre abri pour passer la nuit et prendre des dons pour la banque alimentaire et un refuge, explique Mitchel White. On a pris des morceaux de carton, des pneus. On va amener beaucoup de vêtements chauds et on va dormir sans tente, comme des sans-abris, poursuit Renée Chapman.

Huit jeunes assis sur le trottoir avec des messages écrit sur des morceaux de carton.

De gauche à droite : Mitchel White, Alex Lord, Renée Chapman, Trinity Roche, Carson Bernard, Camdyn Burns, Tia Stanislawaska et Fionnuala O'Neill. Les messages sur les morceaux de carton, majoritairement en anglais, serviront à interpeller les passants pour recevoir des dons en nourriture ou en argent.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Les membres du groupe ont décidé collectivement à quoi allait ressembler leur abri pour la nuit, en cherchant des informations sur les matériaux les plus adaptés, notamment en ligne. La toiture, par exemple, sera réalisée à l'aide d'une bâche en plastique.

Les élèves commenceront la construction de leur abri à 18 h vendredi soir. Ils emporteront de l'eau avec eux, mais pas de nourriture, comptant sur les passants pour leur donner de quoi manger. Ils n'auront pas non plus de chauffage ou de feu pour lutter contre le froid.

Tous confient que leurs parents, après une première réaction étonnée, les soutiennent dans leur démarche. Ils ont pensé que c'était un peu étrange, mais ils savent que c'est pour une bonne cause donc ils sont d'accord, raconte Carson Bernard. Mon père pense que c'est un peu bizarre parce qu'il ne veut pas que j'aie froid. Mais il veut que j'aie l'expérience de ce que les gens sans-abri vivent, donc ça ne le dérange pas, ajoute Trinity Roche.

Plus de dons, et du travail pour tous

Alex Lord, quant à lui, affirme que ses parents le soutiennent complètement, car cela va permettre aux membres de la communauté de voir comment les sans-abris habitent et peut-être changer les avis de quelques personnes. Quelques adultes accompagneront les jeunes, notamment Tina Peters-White, assistante administrative à l'école La-Belle-Cloche.

Au-delà de la levée de fonds et de la collecte d'aliments, modifier le regard des gens sur la réalité que vivent les personnes dans le besoin est l'objectif principal du groupe, comme l'explique Mitchel White : On veut vraiment faire ceci pour nous mettre dans les souliers des sans-abris.

« On ne les voit pas trop à l'Île-du-Prince-Édouard, mais on sait qu'ils sont là et qu'ils ne sont pas les plus chanceux. »

— Une citation de  Mitchel White

Quant à savoir comment améliorer le sort des personnes les plus pauvres, les avis se complètent au sein du groupe. Alex Lord, lui, pense que le monde devrait essayer d'aider plus souvent et pas critiquer, en donnant plus aux banques alimentaires par exemple.

Pour Renée Chapman, cela ne suffit pas pour régler un problème qui est systémique. Ce n'est pas juste donner de l'argent et de la nourriture, mais donner une chance de travailler, l'accès à un emploi pour qu'ils puissent avoir la chance d'avoir une vie meilleure, lance la jeune fille.

Le groupe de jeunes restera sur place jusqu'à 6 h samedi matin. Les dons collectés, sous forme de denrées non périssables, seront stockés dans un autobus scolaire, prêté par l'école.

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