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Accident mortel à Beauport : les proches satisfaits que l’accusé reste en prison

Un véhicules très accidenté et une voiture de la Sûreté du Québec.

L'accident qui a fauché la vie de quatre personnes sur l'autoroute Dufferin-Montmorency à Québec.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Vigeant

Les proches des victimes qui ont péri dans l'accident sur l'autoroute Dufferin-Montmorency se disent satisfaits que l'accusé demeure détenu durant les procédures judiciaires.

Éric Légaré est accusé d’avoir tué quatre personnes, en plus d'en blesser deux autres, le 2 septembre dernier, alors qu’il était en état d’ébriété.

Le tribunal estime que de le remettre en liberté pourrait miner la confiance du public envers le système judiciaire.

Une décision que salue le père de la petite Emma, 10 ans, une des victimes de la collision. Jean-Dominic Lemieux croit que le juge a bien évalué les faits.

C'est une victoire. La preuve est accablante, c'est ce qui a été dit encore ce matin. Il voulait défendre l'image de la justice et je pense que ça a été fait avec honneur, soutient Jean-Dominic Lemieux.

Jean-Dominic Lemieux tient des empreintes des mains de sa fille Emma, en violet et du demi-frère d'Emma, Jackson, en orange.

Jean-Dominic Lemieux tient des empreintes des mains de sa fille Emma, en violet et du demi-frère d'Emma, Jackson, en orange.

Photo : Radio-Canada/Pascal Poinlane

Peines exemplaires réclamées

Le père de Jackson Fortin, 14 ans,  autre victime, se dit lui aussi soulagé par la décision du juge Alain Morand.

Daniel Fortin souhaite maintenant que la justice aille plus loin, en imposant des peines plus sévères aux personnes trouvées coupables de conduite avec les facultés affaiblies.

Ce que je constate, c'est beaucoup des récidivistes qui causent des blessures ou des décès. Pourquoi attendre une récidive? Pourquoi pas une peine d'emprisonnement dès la première fois?, lance-t-il.

Daniel Fortin, devant le salon funéraire

La vie de Daniel Fortin, le père de Jackson Fortin, a chaviré depuis le décès de son fils.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

L'accident

Éric Légaré fait face à 19 chefs d’accusation dont conduite en état d’ébriété, conduite dangereuse causant la mort, conduite dangereuse causant des lésions corporelles et délit de fuite.

L'accusé circulait à environ 130 kilomètres à l'heure lorsqu'il a percuté une voiture immobilisée à l'intersection de boulevard François-De Laval.

Quatre membres de la même famille ont perdu la vie : Emma Lemieux, 10 ans, Jackson Fortin, 14 ans, leur mère, Shellie Fletcher-Lemieux, 44 ans, et leur grand-père, James Fletcher, 68 ans.

Facteurs aggravants

Dans sa décision,  le juge Alain Morand a souligné que le taux d’alcoolémie de l’accusé s’élevait à 209 mg par 100 millilitres de sang au moment de la collision. Un taux de THC de 6,9 nanogrammes a aussi été retrouvé dans son sang.

La cour a relevé plusieurs facteurs aggravants pour statuer qu’Éric Légaré doit demeurer détenu, notamment la gravité des accusations qui pèsent contre lui, la preuve, que le magistrat a qualifié d’accablante, son insouciance extrême à l’égard de la sécurité d’autrui, ses antécédents en matière d’alcool au volant, en matière de vitesse excessive, ainsi que le fait qu’il aurait fait de fausses déclarations aux enquêteurs.

Fausses déclarations

Dans les heures qui ont suivi son arrestation, Éric Légaré a mentionné aux enquêteurs qu’il s’était rendu dans un pub du quartier St-Roch vers 16h, après sa journée de travail. 

Il a aussi soutenu consommer de l’alcool modérément.

Un enregistrement vidéo démontre pourtant qu’il était accoudé au bar en après-midi, quatre heures avant l'accident.

Il y a pris 10 consommations, dont trois verres d’alcool fort. 

Antécédents

En 2017, Éric Légaré avait aussi plaidé coupable en cour municipale à une accusation de conduite avec facultés affaiblies.

Il avait été condamné à une amende de 1000 $ et à une interdiction de conduire pendant 12 mois pour des faits qui remontaient à 2015.

Le procureur de la Couronne, Pierre-Alexandre Bernard.

Le procureur de la Couronne, Pierre-Alexandre Bernard.

Photo : Radio-Canada/Hadi Hassin

Décision justifiée

La Couronne est satisfaite de la décision et la défense dit la comprendre.

Le juge s’est rangé à nos arguments presque en entier. Il bien rappelé dans sa décision qu’à ce stade-ci, monsieur ne bénéficiait d’aucun facteur apparent atténuant à sa cause, mentionne le procureur de la Couronne, Me Pierre-Alexandre Bernard.

L'avocat d'Éric Légaré, Me Vincent Montmigny, en mêle de presse.

L'avocat d'Éric Légaré, Me Vincent Montmigny, en mêle de presse.

Photo : Radio-Canada/Hadi Hassin

C'est mon client, mais ce que je vous dis, je lui ai déjà dit. C'était une conduite dangereuse, un taux d'alcool très élevé. Ce qu'a dit le juge Morand n'est pas sorti de nulle part. Ça reflète une certaine réalité, estime l’avocat d’Éric Légaré, Me Vincent Montmigny.

Éric Légaré doit comparaître à nouveau le 26 novembre prochain, pour son enquête préliminaire.

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