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Le suspect du meurtre de David Amess formellement inculpé

Des gens tiennent des pancartes de David Amess près du parlement. Des fleurs ont été déposées devant une grande affiche du député, installée entre deux drapeaux britanniques.

Une cérémonie à la mémoire de David Amess organisée par des membres de la communauté anglo-iranienne a eu lieu lundi, à proximité du parlement britannique.

Photo : La Presse canadienne / AP/Alberto Pezzali

Agence France-Presse

Près d'une semaine après la mort du député britannique David Amess, poignardé lors d'une rencontre avec des citoyens de sa circonscription, le suspect a été inculpé jeudi pour meurtre et préparation d'actes terroristes, le parquet évoquant des « motivations à la fois religieuses et idéologiques ».

Ali Harbi Ali, un Britannique d'origine somalienne de 25 ans, devait être présenté dès jeudi à un juge à la Westminster Magistrates' Court de Londres.

David Amess, député conservateur de 69 ans et père de cinq enfants, a été tué à coups de couteau vendredi alors qu'il s'entretenait avec ses administrés dans une église méthodiste à Leigh-on-Sea, à environ 60 kilomètres à l'est de Londres.

La mort de cette personnalité de Westminster, député depuis 1983 réputé pour sa grande gentillesse saluée y compris par ses adversaires politiques, a bouleversé le pays, rappelant le traumatisme de l'assassinat de la députée travailliste Jo Cox en juin 2016 par un extrémiste de droite.

Il a suscité des appels à renforcer la sécurité des élus et à apaiser un débat politique électrique ces dernières années, et notamment depuis les échanges autour du Brexit.

Le soir même de la mort du député, catholique fervent et Brexiter convaincu, la police avait évoqué une motivation potentielle liée à l'extrémisme islamiste.

« Nous allons soumettre à la cour le fait que ce meurtre a une connexion terroriste, plus précisément des motivations à la fois religieuses et idéologiques. »

— Une citation de  Nick Price, chef de la division antiterroriste du parquet, dans un communiqué

Le Royaume-Uni a connu plusieurs attaques djihadistes au couteau ces dernières années, certaines revendiquées par le groupe armé État islamiste. Aucune revendication n'a été rendue publique depuis la mort de David Amess.

Arrêté sur place, le suspect avait selon les médias britanniques suivi un programme de lutte contre la radicalisation, sans être considéré comme à risque par les services de sécurité.

Né à Londres, il y a grandi et a fréquenté une école chrétienne du sud de la capitale, selon les médias.

Son père, Harbi Ali Kullane, ancien conseiller du premier ministre somalien, avait confirmé dimanche que son fils était en détention et s'est dit traumatisé.

Ses motivations restent inconnues et la police a appelé jeudi à la patience.

Je comprends l'intérêt autour de ces questions, et bien sûr elles font partie de notre enquête, a souligné devant la presse un responsable de la Metropolitan Police, Matt Jukes. Cependant, maintenant que des charges ont été retenues, nous ne fournirons pas d'autres informations, a-t-il ajouté, appelant à la retenue.

Selon le Times, les enquêteurs examinent, parmi les pistes envisagées, les liens du député avec l'État du Qatar. L'élu était président du groupe parlementaire transpartisan sur les relations entre le Royaume-Uni et le Qatar et sa dernière visite dans le pays a eu lieu en octobre.

Selon d'autres médias cependant, le suspect avait envisagé de tuer d'autres députés.

Un de ses amis, cité par le tabloïd The Sun, a dit qu'il s'était complètement radicalisé sur Internet et s'était pris d'admiration pour le prêcheur Anjem Choudary, figure de la mouvance radicale islamiste de Londres.

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