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Police de Toronto : un programme de réponse aux crises de santé mentale suspendu

L'épaule d'un agent de la police de Toronto.

Des experts s'interrogent sur la raison d'être de ce programme. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Radio-Canada

Selon une note de service interne obtenue par CBC News, la police de Toronto a suspendu le déploiement de ce qu'elle appelle les Divisional Crisis Support Officers (DCSO) [officiers divisionnaires de support en cas de crise, traduction libre] en septembre, invoquant des "contraintes de personnel".

Or, des experts s'interrogent sur la raison d'être de ce programme. Selon eux, ses ressources seraient mieux utilisées si elles étaient canalisées vers des organisations de santé communautaire pour répondre à ces situations, plutôt que vers la police.

L'intention du programme était de jumeler des policiers qui ont suivi un cours de deux jours à un policier spécialisé qui ont suivi un cours de 10 jours et de compléter l’équipe de trois personnes avec une infirmière autorisée pour répondre aux appels en matière de santé mentale.

L'intention était que les agents du DCSO soient principalement affectés à cet effort et ne soient pas disponibles pour d'autres appels de service. Mais désormais, selon la lettre, ces agents seront disponibles pour tout appel d'urgence.

Bien qu'ils ne soient pas dédiés à ce rôle, on s'attend à ce que ces agents, lorsqu'ils sont disponibles, continuent à utiliser leurs précieuses compétences pour répondre aux appels et aider les membres du public, peut-on lire dans la note de service, qui ajoute que l'intention est de revenir au modèle original de déploiement du programme dès que les effectifs le permettront.

Les documents de la réunion du 27 septembre de la Commission des services de police de Toronto indiquent que le programme du DCSO a été introduit pour les agents de première ligne en 2021. 149 agents ont reçu la formation et 131 autres doivent la recevoir d'ici la fin de l'année.

Dans un courriel adressé à CBC News, Meaghan Gray, porte-parole de la police, a déclaré qu'étant donné que la force donne la priorité à la dotation en personnel dans les unités d'intervention primaire de la ville, le travail du DCSO a été réimaginé.

Plus précisément, au lieu d'avoir un seul agent de police dédié à chaque quart de travail, nous formons plus d'agents afin qu'ils soient mieux préparés à répondre aux appels de service en matière de santé mentale, a déclaré Mme Gray.

Trouver des alternatives

Des experts se demandent toutefois pourquoi ce programme a été institué en premier lieu.

John Sewell, coordonnateur de la Coalition pour la responsabilisation de la police de Toronto et ancien maire de Toronto, a déclaré en entrevue à CBC News que ce problème suggère que la police répond à des appels auxquels elle ne devrait pas avoir à répondre et qui pourraient plutôt être traités par des travailleurs en santé mentale.

Pourquoi la police répond-elle à des appels au sujet de sans-abri? Pourquoi répondent-ils à des appels concernant des surdoses de drogue? [...] On n'a pas besoin d'eux pour ce genre de choses, a-t-il déclaré.

Le fait est que la police n'est pas formée à la [gestion de crise de] santé mentale.

La Dre Vicky Stergiopoulos, médecin en chef du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), a déclaré qu'il s'agissait d'une occasion de réimaginer ce à quoi un système de réponse aux crises approprié pourrait et devrait ressembler pour notre population.

La police ne devrait pas être le premier intervenant de facto en cas de crise de santé mentale, il existe d'autres modèles, a-t-elle ajouté.

La Ville va bientôt essayer l'un de ces modèles, avec un nouveau programme pilote employant des travailleurs de crise ayant une expertise en santé mentale et en désescalade, qui devrait remplacer la police de Toronto en tant que premiers intervenants pour certains appels 911 non urgents à partir de 2022.

Les policiers sont essentiels, ils sont compétents dans leur travail, mais ils ne sont pas des fournisseurs de soins de santé, ils ne sont pas des experts en santé mentale et ils ne sont pas équipés, avec ou sans formation, pour gérer les crises de santé mentale en toute sécurité dans la communauté, a déclaré la Dre Stergiopoulos.

Avec les informations de CBC News

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