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Incidents racistes au Collège Louis-Riel : une première rencontre émotive du groupe EMA

Des élèves arrivent au Collège Louis-Riel.

Le Collège Louis-Riel est l'une des deux écoles secondaires de la Division scolaire franco-manitobaine qui sont situées à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

À Winnipeg, les élèves du Collège Louis-Riel membres du comité Étudiants issus des minorités et de leurs alliés (EMA) ont tenu leur première rencontre avec l’administration de l’école lundi. Une rencontre émotive, mais qui pourra aider les élèves et les membres du personnel à mieux comprendre comment éviter des situations de racisme et accueillir la diversité.

Cette réunion, qui était prévue depuis deux semaines, a permis d’aborder les incidents qui ont suivi l’utilisation du mot en n par une enseignante de l’école, la semaine dernière.

On a ressenti beaucoup de tristesse, beaucoup de colère, des émotions très fortes, les élèves avaient besoin de partager ce qu’ils avaient vécu, relate la directrice adjointe du Collège Louis-Riel, Laura Marquié Aïnouche, en décrivant la première rencontre du groupe Étudiants issus des minorités et de leurs alliés (EMA).

En tout, 18 étudiants de la 9e à la 11e années ont participé à cette rencontre avec l’administration de l’école.

Selon Delices Solotschi, une élève de 9e année âgée de 14 ans, les larmes et les pleurs qui ont coulé pendant cette rencontre doivent servir de moteur pour travailler ensemble à combattre le racisme.

[Le but était de] montrer que nous avons tous des différences, que c’est la vie dans laquelle nous sommes, mais qu’il faut aussi faire de l’école un espace personnel et un espace sécuritaire, a-t-elle dit en entrevue à Radio-Canada.

Élève de 10e année, Julie Tuelenake, 15 ans, ajoute que le comité lui permet de s’exprimer librement, lorsqu'elle se sent plus à l'aise de parler aux autres élèves qu’aux enseignants. Elle salue toutefois les efforts des enseignants qui travaillent pour faire de l’école un espace sécuritaire.

Deux éléves en entrevue à l'extérieur de leur école secondaire.

Julie Tuelenake et Delices Solotschi sont deux élèves du Collège Louis-Riel qui ont participé à la première rencontre du groupe Étudiants issus des minorités et de leurs alliés (ÉMA).

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Les élèves du groupe ÉMA et l’administration ont convenu qu’ils se rencontreraient tous les lundis pour échanger sur les enjeux touchant le racisme.

Mme Marquié Aïnouche reconnaît que l’établissement a encore du travail à faire, mais elle affirme que son équipe est déterminée à écouter les élèves, qui avaient besoin de parler de ce qui les avait heurtés et choqués.

On a vraiment senti une volonté de travailler ensemble, une volonté de dire : "Écoutez-nous, les élèves qui ont été blessés, voilà comment nous nous sommes sentis. Maintenant, qu’est-ce que vous vous êtes prêts à faire comme action. […] On était à cette étape de verbaliser, explique Mme Marquié Aïnouche.

Des pistes de solutions

Pour l’avenir, Délices Solotschi a déjà quelques idées en tête pour sensibiliser la communauté au racisme.

On a remarqué que, pour nos cours d’histoire, on avait besoin de plus parler des Afro-Canadiens. On voulait des cours renforcés sur le Canada l’histoire, a-t-elle déclaré, déplorant que le contenu enseigné parle peu de la réalité vécue par les Afro-Américains.

Mme Marquié Aïnouche ajoute que les élèves ont déjà évoqué la possibilité de faire des activités en lien avec le mouvement Black Lives Matter.

Précision des faits

En entrevue au 6 à 9, mercredi matin, le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine, Alain Laberge, a précisé que c’est au cours d’une discussion entre les élèves et l’enseignante sur un événement survenu il y a deux ans au sein du Collège Louis-Riel que le mot en n a été prononcé par cette dernière. Ce n’est pas dans le cadre d’une activité pédagogique, un cours ou une lecture en classe que l’événement est survenu, comme cela a été dit cette semaine.

C’est une question anodine qui est sortie un peu [hors] contexte dans une salle de classe. […] Plutôt, les élèves voulaient, je crois en toute honnêteté, avoir le point de vue de leur enseignante, avoir son idée personnelle par rapport au sujet, a-t-il déclaré.

Depuis, la DSFM a placé l’enseignante en congé.

Avec les informations de Mohamed Amin Kehel et Patricia Bitu Tshikudi

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