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Affichant de l’optimisme, Joe Biden fait des concessions sur ses grands projets

Joe Biden, vu de loin, s'adresse à un auditoire réuni dans le musée, où se trouvent des trolleys; sur la scène sont disposées des affiches avec le slogan « Reconstruire en mieux ».

Le président Joe Biden a de nouveau défendu son plan d'infrastructures et son projet de réformes sociales lors d'une visite au Electric City Trolley Museum de Scranton, en Pennsylvanie.

Photo : Associated Press / Susan Walsh

Agence France-Presse

Joe Biden a appelé le Congrès mercredi, depuis sa ville natale de Pennsylvanie, à voter ses plans d'investissements qui doivent « profondément changer » l'Amérique et dont les montants ont été rabotés pour tenter de rassembler toutes les franges du Parti démocrate.

L'Amérique est toujours la plus grande économie [...], mais nous risquons de perdre notre avantage compétitif, a déclaré le président américain à Scranton en guise d'avertissement aux démocrates qui bloquent l'adoption de ses programmes de réformes sociales et de modernisation des infrastructures.

Il a décrit une Amérique à la traîne sur d'autres économies avancées notamment en matière d'éducation et de protection sociale.

« Ce sont les États-Unis d'Amérique, bon sang! Qu'est-ce que nous faisons? Nous n'avons pas adopté de projet de loi sur les infrastructures depuis des décennies. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Ces dépenses donneront un nouveau souffle à l'économie, a-t-il argué.

À l'adresse des républicains, il a martelé que ces plans ne créeront pas de dette supplémentaire. Je pense que nous allons avoir un accord, avait-il déclaré avant son arrivée à Scranton, une ville à forte tradition ouvrière.

Il n'a toutefois pas précisé à quelle échéance, alors que certains élus évoquent la possibilité d'un accord dès cette semaine.

Cette visite survient au lendemain de négociations intensives avec des élus démocrates réticents à apporter leur voix et au cours desquelles il a consenti à diminuer radicalement les dépenses consacrées aux mesures sociales et au climat.

En jeu, deux vastes programmes. Le premier porte sur des investissements pour moderniser les infrastructures. Le second, baptisé Build Back Better (Reconstruire en mieux), prévoit des dépenses sociales. Ces plans comportent aussi de nombreuses mesures pour protéger l'environnement.

Personne n'obtiendra tout ce qu'il veut, mais quoi qu'il en soit, notre proposition finale tiendra la promesse fondamentale que nous avons faite au peuple américain, a assuré mercredi Chuck Schumer, le leader de la majorité démocrate au Sénat.

L'objectif est de finaliser un accord d'ici la fin de la semaine, a-t-il ajouté.

Meghan Markle appelle le Congrès à garantir un congé parental

Meghan Markle est venue apporter son soutien mercredi à l'administration Biden, exhortant le Congrès à voter les mesures en faveur d'un congé parental.

Cela devrait être un droit national plutôt qu'une option limitée à ceux dont les employeurs ont mis en place des mesures ou à ceux qui vivent dans l'un des rares États où un congé parental existe, a écrit l'épouse du prince Harry dans une lettre ouverte à Chuck Schumer et à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Pour éviter un échec politique cuisant, la Maison-Blanche avait déjà consenti cet été à ramener le montant de son plan d'infrastructures à 1200 milliards de dollars contre 2200 milliards sur huit ans prévus initialement.

Ce montant a été entériné au Sénat, mais son passage à la Chambre des représentants reste en suspens, l'aile gauche des démocrates ayant conditionné son vote à l'accord sur le plan Build Back Better.

Ce dernier devait initialement engager des dépenses de 3500 milliards de dollars sur dix ans pour renforcer l'accès à l'éducation, à la santé, aux gardes d'enfants ainsi que des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique.

La démocrate Pramila Jayapal, cheffe de file des progressistes à la Chambre des représentants, a indiqué mardi soir après sa rencontre avec Joe Biden que la contre-offre du président était désormais de l'ordre de 1900 à 2200 milliards de dollars.

Une enveloppe encore supérieure aux 1500 milliards voulus par le sénateur démocrate dit modéré Joe Manchin, dont le vote est crucial.

M. Manchin argue qu'il faut des mesures plus ciblées, comme la gratuité des droits de scolarité des deux premières années d'études supérieures pour les plus pauvres et non pas pour toutes les familles.

Six sénateurs sont debout derrière un lutrin, avec au micro Joe Manchin, qui regarde ses collègues.

En raison de la courte majorité de leur parti au Sénat, les démocrates centristes Joe Manchin (à gauche) et Kyrsten Sinema (au centre) disposent d'un moyen de pression extraordinaire pour obtenir des concessions.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Joe Biden s'est entretenu avec Joe Manchin et sa collègue Kyrsten Sinema, dont l'opposition au plan de réformes sociales équivaudrait, ni plus ni moins, à un veto. En effet, si les démocrates contrôlent le Congrès, leur majorité au Sénat est si courte que toute défection est impossible.

À l'issue des réunions, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a semblé plus optimiste, relevant qu'il y avait un consensus large sur l'urgence d'avancer au cours des prochains jours, car la fenêtre de tir pour conclure un accord est en train de se fermer.

Pour Joe Biden, au-delà du succès politique intérieur, un vote du plan Build Back Better, qui comprend des mesures ambitieuses sur le climat, serait le bienvenu avant la conférence mondiale sur le climat dans quelques jours à Glasgow, en Écosse.

Les États-Unis sont le mauvais élève des pays avancés, mais le président souhaite signaler que la première puissance économique mondiale va désormais montrer l'exemple. Or, ce sont les dispositifs relatifs au volet climat qui semblaient les plus fragilisés mercredi.

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