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Le patron de la GRC poussé vers la sortie : la manœuvre surprend et suscite les critiques

Le commandant divisionnaire de la Gendarmerie royale du Canada au Nouveau-Brunswick, Larry Tremblay.

Le commandant divisionnaire de la Gendarmerie royale du Canada au Nouveau-Brunswick, Larry Tremblay.

Photo : Ed Hunter/CBC

La décision du gouvernement de Blaine Higgs de demander le remplacement immédiat de Larry Tremblay à la tête de la GRC au Nouveau-Brunswick est tout à fait hors de l’ordinaire. C’est ce que croient des experts et l’opposition officielle.

Le ministre de la Sécurité publique, Ted Flemming, a demandé que le commandant divisionnaire Larry Tremblay soit remplacé.

Dans une lettre à la commissaire – dont l’existence a été révélée mardi par CBC – Ted Flemming argumente que la GRC ne rend pas suffisamment de comptes aux élus locaux et qu'elle n'en fait pas assez pour lutter contre les drogues illégales.

Le ministre Ted Flemming en entrevue (archives).

Le ministre Ted Flemming en entrevue (archives).

Photo : CBC/Jacques Poitras

La GRC a annoncé mardi que Larry Tremblay prendra sa retraite à la fin octobre. Une « décision personnelle », selon sa porte-parole, qui a indiqué qu’il n’allait pas accorder d'entrevue à ce sujet.

Une manœuvre surprenante

Le contrat entre la GRC et le gouvernement provincial permet au ministre de faire une telle demande.

Il s’agit néanmoins d’une décision qui surprend et qui semble sans précédent, selon Véronique Chadillon-Farinacci, professeure adjointe au Département de sociologie et de criminologie de l’Université de Moncton.

À ma connaissance, ça sort tout à fait de l’ordinaire. Je ne peux pas me rappeler d’un cas où la province a demandé le retrait immédiat d’un supérieur de la GRC en vertu de l’entente contractuelle avec les provinces , dit-elle.

Le professeur au Collège militaire royal du Canada et à l’Université Queens, Christian Leuprecht, est du même avis.

C’est un développement pas mal époustouflant. Je ne peux pas penser à un autre exemple, au Canada, d’un gouvernement provincial qui demande le retrait d’un commissaire adjoint, dit-il.

Il affirme que les gouvernements provinciaux qui ont des ententes de services avec la GRC ont tendance à garder leurs distances avec les questions pratiques et qu'ils lui donnent une marge de manœuvre importante.

Selon Christian Leuprecht, la demande du ministre Ted Flemming marque un changement d’approche de la part de Fredericton.

Ça montre que la province est maintenant en train de se prévaloir de son droit en vertu de son contrat – pour l’argent qu’elle paie – d’établir ce qu’elle souhaite comme direction pour les forces de l’ordre, analyse-t-il.

Véronique Chadillon-Farinacci affirme quant à elle que de nombreuses questions restent toujours sans réponse. Par exemple, on ne sait pas grand chose des facteurs qui ont poussé le gouvernement à pousser Larry Tremblay vers la sortie.

Présentement, il y a beaucoup d’informations manquantes, donc on ne peut pas dire grand chose. Mais ce que ça nous dit, c’est que le gouvernement n’est pas satisfait du service rendu par la GRC. [...] Par rapport à la drogue, est-ce que c‘est une question de type d’enquêtes menées, ou de leur nombre?

Un signe de l’intransigeance de Higgs, selon l’opposition

Le chef par intérim de l’opposition officielle à Fredericton, le libéral Roger Melanson, ne cache pas son étonnement.

C’est anormal. Historiquement, je pense que ce n’est pas une situation que l’on a déjà vécue au Nouveau-Brunswick, dit-il en entrevue.

Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord, a lui aussi été surpris par les révélations de CBC.

Monsieur Tremblay, à ma connaissance, ne faisait pas un mauvais travail, il était respecté dans le milieu. [...] C’est clairement de l’ingérence dans ce cas-ci. Il n'y a aucune preuve d’une inconduite énorme, ou d’une inconduite quelconque. C’est donc très surprenant , dit-il.

Selon lui, il s’agit aussi d’un énième signe de l’intransigeance du gouvernement de Blaine Higgs.

C’est encore la façon de faire du gouvernement Higgs qui est un peu " à notre manière ou partez " et qui a tendance à blâmer sa propre incompétence sur d’autres personnes, dit-il.

Roger Melanson tient à peu près le même discours.

Il semble y avoir une tendance assez claire depuis que le gouvernement Higgs est au pouvoir. Si on n’est pas d’accord, potentiellement avec leur agenda politique, on se fait demander soit poliment, ou directement, de faire autre chose , dit-il.

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