•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Indemnisation des enfants autochtones : des commentaires de Trudeau mis en doute

Justin Trudeau et Michael LeBourdais.

Le premier ministre Justin Trudeau salue le chef Michael LeBourdais lors de sa visite chez les Tk'emlups te Sewepemc à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

La Presse canadienne

Des militants et des leaders autochtones se demandent de qui parle au juste le premier ministre Justin Trudeau lorsqu'il soutient qu'Ottawa mène des « consultations » sur le jugement qui confirme la nécessité pour le gouvernement fédéral d'indemniser les enfants des Premières Nations.

Lors d'une visite dans la communauté des Tk'emlúps te Secwépemc, en Colombie-Britannique, lundi, le premier ministre a soutenu que son gouvernement était en discussion avec les communautés autochtones à ce sujet.

Il ne reste plus que quelques jours si Ottawa veut faire appel d'un jugement de la Cour fédérale qui confirmait, le 29 septembre, la décision du Tribunal canadien des droits de la personne concernant l'indemnisation des enfants autochtones pour des lacunes dans les services offerts par le gouvernement fédéral.

Le litige porte sur l'élargissement du principe de Jordan, une règle stipulant qu'Ottawa intervient lorsqu'il y a un désaccord sur l'ordre de gouvernement qui devrait fournir des services à des enfants autochtones.

En septembre 2019, le Tribunal canadien des droits de la personne a ordonné au gouvernement fédéral de verser 40 000 $ à chaque enfant autochtone qui a été retiré de son foyer après 2006, ainsi qu'à ses parents. Le Tribunal a conclu qu'Ottawa avait fait preuve de discrimination à l'égard des enfants autochtones en sous-finançant sciemment les services à l'enfance et à la famille dans les réserves.

Il est estimé qu'environ 54 000 enfants et leurs parents pourraient être admissibles à une indemnisation, ce qui coûterait probablement plus de 2 milliards de dollars au gouvernement fédéral.

Le gouvernement Trudeau avait demandé une révision judiciaire de la décision du Tribunal auprès de la Cour fédérale. Le premier ministre a souligné lundi que les enfants qui ont été retirés de leur communauté et qui ont enduré des souffrances alors qu'ils étaient sous la garde des autorités provinciales méritent une compensation.

Mais M. Trudeau a déclaré que son gouvernement consultait les partenaires et les dirigeants autochtones et examinait les implications du jugement.

Or, Cindy Blackstock, directrice de la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations, l'une des parties au litige, a été surprise de ce commentaire, parce que son organisme n'a pas été consulté.

Elmer St. Pierre, chef national du Congrès des peuples autochtones, affirme lui aussi qu'il n'a pas été consulté, alors qu'il est un intervenant dans le dossier.

Cora Morgan, de l'Assemblée des chefs du Manitoba, soutient également que son organisme n'a pas été consulté, malgré le fait que cette province a le taux le plus élevé d'enfants autochtones dans le système provincial de l'enfance et de la famille.

Les Chefs de l'Ontario, également parties à l'affaire, ont confirmé dans un communiqué que leur regroupement n'avait été consulté par le premier ministre ou le gouvernement sur ces questions par le biais d'aucun des mécanismes que nous avons établis pour discuter de la mise en œuvre des ordonnances du tribunal.

L'organisme, qui représente les Premières Nations en Ontario, soutient qu'une table nationale a été créée pour la consultation sur les ordonnances, ainsi qu'une table régionale pour l'Ontario.

Tout ce que je peux dire, c'est que, parmi ceux avec qui j'ai parlé, personne n'a rien entendu, donc je ne sais pas à qui ils parlent [à Ottawa], mais en fin de compte, les personnes les plus importantes à qui parler sont celles qui étaient dans la salle d'audience, a déclaré Mme Blackstock mercredi.

Les demandes de commentaires adressées au cabinet du premier ministre et à Services aux Autochtones Canada n'avaient pas encore été honorées mercredi au moment de publier.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !