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De mine de charbon à projet d’énergies renouvelables, le virage de Montem Resources

Vue aérienne de Tent Mountain, une chaîne de montagnes minée avec un lac au sommet.

Les traces de l'ancienne mine de charbon Tent Mountain pourraient devenir des atouts pour ce projet vert, selon Montem Resources.

Photo : Google Earth

La compagnie australienne Montem Resources qui souhaite exploiter du charbon métallurgique dans le sud-ouest de l’Alberta explore maintenant la possibilité de transformer une ancienne mine de charbon en complexe hydroélectrique.

L’idée présentée aux investisseurs cette semaine est encore très préliminaire, mais selon le PDG de Montem Resources, Peter Doyle, l’opposition aux projets miniers en Alberta a joué un rôle décisif dans le virage à 180 degrés de l’entreprise.

Refroidie par l’opposition au charbon

En juin, une commission d’examen conjoint a déclaré qu’un projet similaire à celui de Montem Resources, la mine Grassy Mountain, n’était pas dans l’intérêt du public.

Nous avons été choqués par cette décision et cela nous a forcés, comme entreprise, à trouver ce que nous pouvions faire d’autre avec nos actifs, explique M. Doyle.

Une mine à ciel ouvert devant les Rocheuses albertaines.

La région de Crowsnest Pass a par le passé été une plaque tournante de l'industrie canadienne du charbon.

Photo : CBC

Montem Resources avait pour projet de relancer la mine de charbon à ciel ouvert Tent Mountain, située dans la région de Crowsnest Pass dans le sud de l’Alberta.

L’entreprise continue le processus réglementaire pour exploiter à nouveau le charbon, mais elle pourrait aussi convertir le site en centrale de pompage-turbinage. Le concept, peu utilisé au Canada, vise à recréer le même principe de production que les barrages hydroélectriques.

Un concept d’hydroélectricité pompée

De l’eau s’échappe d’un réservoir en hauteur vers un bassin en aval et fait tourner une turbine pour générer de l’électricité. Une pompe alimentée en électricité éolienne ramène l’eau vers le haut.

Le système a l’avantage de résoudre l’intermittence de l’électricité fournie à partir des éoliennes. Quand il y a du vent, les éoliennes produisent parfois trop d’électricité pour la demande, mais les batteries pour cet excès sont limitées. La centrale de pompage-turbinage utilise ce surplus, souvent à bas prix, pour alimenter sa pompe. Lorsqu’il y a moins de vent et que les éoliennes ne fournissent plus de puissance, le système de turbine prend alors le relais.

Un champ d'éoliennes près de Pincher Creek, dans le sud de l'Alberta.

La région de Crowsnest Pass est connue pour ses forts vents propices à la production d'électricité.

Photo : Jaq Murillo

Selon M. Doyle, l’ancienne mine est le lieu parfait pour un tel projet. L’exploitation de charbon qui s’est arrêtée en 1983 a laissé déjà deux réservoirs d’eau séparés par 300 mètres de dénivelé.

Nous avons déjà des lignes électriques à notre porte, nous avons toutes les infrastructures en place, les routes… , s’enthousiasme-t-il.

L’énergie des éoliennes pourrait soit être achetée des parcs existants déjà dans la région soit être fournie par l’établissement d’un nouveau champ d’éoliennes construit en partenariat avec la Première Nation Piikani.

Du potentiel selon un expert

Selon le professeur associé d’économie à l’Université de Calgary, Blake Shaffer, certains aspects de la proposition de Montem Resources sont potentiellement intéressants. L’électricité produite par pompage-turbinage est plus chère que d’autres sources, mais elle est aussi plus fiable, explique-t-il.

C’est le système du futur, ajoute-t-il. Un système qui incorpore beaucoup d’énergies renouvelables, mais qui a aussi une autre source lorsque les énergies renouvelables ne sont pas en fonction.

Le professeur est toutefois moins convaincu par un dernier aspect de la proposition de Montem Resources, la production d'hydrogène vert. L’entreprise australienne souhaite potentiellement se servir de l’électricité générée par sa centrale de pompage-turbine pour alimenter un électrolyseur et produire 13 000 tonnes d’hydrogène vert par an.

Selon M. Shaffer, ce type de production n’est rentable que si l’électricité utilisée pour le processus d’extraction de l’hydrogène coûte peu cher, ce qui ne semble pas être le cas dans la proposition de Montem Resources.

Le projet fera cependant l’objet d’une étude de faisabilité de 12 à 18 mois. L’entreprise espère obtenir une subvention de 5 millions de dollars du gouvernement du Canada pour l'aider avec cette prochaine étape.

Avec les entrevues de Robson Fletcher

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