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La transmission par aérosol du SRAS-CoV-2 est « la clef », selon Protect Our Province B.C.

Illustration de particules de virus qui sortent d'une bouche.

Le SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19, se propage d'une personne infectée à une autre par des gouttelettes respiratoires et des aérosols créés lorsqu'une personne infectée tousse, éternue, chante, crie ou parle.

Photo : getty images/istockphoto / 3quarks

Le mode de transmission par aérosol du SRAS-CoV-2, soit par de fines particules en suspension dans l’air, est négligé dans le discours des autorités sanitaires provinciales, déplorent les experts de l’organisme Protect Our Province B.C.. Pourtant, il implique d’adopter des mesures sanitaires plus ciblées, affirme ce regroupement de travailleurs de la santé.

Miser sur la ventilation, porter un masque chirurgical adapté, moins s'attarder sur la désinfection des surfaces et les barrières en plexiglas, mais éviter les espaces bondés : voilà les conseils donnés par le nouvel organisme, dans sa première session d’information publique, mercredi.

Protect Our Province B.C., se présente comme un regroupement de travailleurs de la santé, de chercheurs et d’analystes politiques, unis pour fournir des informations précises sur la COVID-19, face à ce que le groupe qualifie de manque de transparence de la Colombie-Britannique.

Mercredi, il a tenu sa première session d'information sur la crise sanitaire en direct sur Internet. Des experts, comme le Dr Victor Leung, médecin spécialisé en maladies infectieuses et microbiologiste médical, ont été invités à informer le public lors de cette session.

Vulgariser le mode de transmission du virus

Comprendre le mode de transmission du virus est essentiel pour le Dr Victor Leung, car c’est de cette façon que l'on peut chacun à notre échelle limiter sa propagation.

Il explique qu'un virus peut se transmettre par des gouttelettes de taille différentes : les aérosols, de fines particules (de taille inférieure à 100 μm) ou encore de plus grosses gouttelettes (de taille supérieure à 100 μm).

Dans le cas d’une transmission par aérosol, les particules peuvent flotter dans l’air pendant plus longtemps et se propager au-delà d'un mètre. Ces gouttelettes sont émises en tout temps par une personne infectée, lorsqu’elle parle, chante, renifle ou éternue.

« Si une personne infectée quitte une pièce, il sera toujours possible d’inhaler les particules du virus qu’elle a émises. »

— Une citation de  Dr Victor Leung, médecin spécialisé en maladies infectieuses et microbiologiste médical

La quantité de particules du virus propagées par une personne infectée peut varier en fonction de différents facteurs, dont la charge virale portée. Une personne atteinte de ce virus peut ainsi contaminer 80 personnes à elle seule ou aucune, souligne-t-il.

« Les aérosols voyagent comme la fumée de cigarette. »

— Une citation de  Dr Victor Leung, médecin spécialisé en maladies infectieuses et microbiologiste médical

Les plus grosses particules quant à elles ne peuvent pas être inhalées; l’infection se produit par contact direct avec des personnes ou surfaces contaminées, explique-t-il. Ces gouttelettes tombent généralement sur le sol en moins de cinq secondes et se propagent rarement au-delà d'un mètre du sujet infecté.

Ce mode de transmission, mis en avant par les autorités sanitaires, justifie l’adoption de mesures telles que la distanciation physique de deux mètres (distance au-delà de laquelle ces particules ne sont pas censées se propager) et la désinfection régulière des surfaces.

Pourtant, pour les experts de Protect Our Province B.C., c'est la transmission par aérosols qu'il faudrait cibler.

Une question qui divise

Le Dr Victor Leung soutient que les chercheurs ont été biaisés sur le mode de transmission du virus pendant une longue partie de la pandémie. Lui-même reconnaît s’être trompé à ce sujet, mais les preuves scientifiques récentes sont claires, selon lui.

Il cite notamment les 10 preuves du mode de transmission par aérosol du SARS-CoV-2, issues d’un article publié dans la revue The Lancet (Nouvelle fenêtre). Elles stipulent notamment que la transmission du virus est plus importante lors de rassemblements, dans des événements intérieurs également, mais elle est réduite avec une bonne ventilation.

L’Organisation mondiale de la Santé a reconnu en juillet 2020 l’existence d’études sur les aérosols. Elle avait fait l’objet de critiques de groupes de scientifiques pour ne pas être à jour sur la transmission du virus par des particules en suspension dans l'air.

En novembre 2020, l’Agence de la santé publique du Canada a mis à jour ses directives sur la transmission sur le SRAS-CoV-2 pour y inclure la transmission par aérosol. Un risque qu'elle n'avait pas inclus jusque-là dans ses recommandations. Une modification qui n'a pas eu suffisamment d'impact sur les mesures sanitaires, déplorent des scientifiques.

On n’est pas encore sorti du bois, dit une membre du groupe

Si la situation sanitaire semble se stabiliser en Colombie-Britannique, les hôpitaux dans la région du Nord restent sous pression, rappelle la Dre Amy Tan, médecin de famille et spécialiste des soins palliatifs, qui fait partie du regroupement Protect Our Province B.C..

« La situation est désastreuse, l'habileté à donner des soins [dans le nord] est limitée, non seulement pour ceux qui sont atteints de la COVID-19, mais tous ceux qui sont malades sont touchés. »

— Une citation de  Dre Amy Tan, médecin de famille et spécialiste des soins palliatifs et membre de Protect Our Province B.C.

Il faut se rappeler qu’au début de la pandémie, on disait : "on est tous ensemble là-dedans", renchérit la Dre Karina Zeidler, cofondatrice du groupe et médecin de famille. Même si on a l’impression d’être sortis du bois, je ne pense pas que ce soit le cas. Il y a encore plein de décès, ajoute-t-elle.

Un mode de transmission pris en compte, répond la province 

On utilise beaucoup de monde, beaucoup de sciences, et on donne des chiffres à tout le monde, rétorque le ministre de la Santé Adrian Dix, interrogé sur le manque de transparence de la province lors des mises à jour sanitaires. 

Les efforts de la province sont menés par des scientifiques, y compris la Dre Bonnie Henry, qui est reconnue un peu partout dans le monde pour son leadership dans le domaine de la réponse à la pandémie, a-t-il ajouté. Elle est extraordinaire, parce qu’elle ne cesse jamais d’apprendre, elle apprend de tout le monde.

Le mode de transmission par aérosol du virus de la COVID-19 est bien pris en compte par la province, renchérit Adrian Dix. La Dre Bonnie Henry s’est déjà exprimée plusieurs fois sur le sujet et elle soutient l’amélioration de la ventilation, parmi les mesures entreprises, assure-t-il. 

Quoi qu’il en soit, ce débat sur le mode de transmission du virus ne change en rien l’importance de se laver les mains, de porter un masque et d’être vacciné; conclut Adrian Dix. 

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