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Débat à la mairie : Marie-Josée Savard sous-estime la valeur de la dette

La candidate de l'administration sortante a estimé la dette de la Ville de Québec à 550 millions de dollars, soit trois fois moins que le 1,5 milliard inscrit au dernier budget.

Un plan large du plateau du débat des candidats à la mairie

Les candidats à la mairie de Québec ont croisé le fer pendant 90 minutes lors du débat télévisé organisé par ICI Québec.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

La candidate de l’administration sortante, Marie-Josée Savard, a été attaquée de toutes parts dans le cadre du débat télévisé organisé par ICI Québec. Elle a aussi elle-même donné des munitions à ses adversaires en sous-estimant largement le montant de la dette de la Ville de Québec.

La bévue est survenue dans la portion du débat où les cinq candidats à la mairie devaient répondre à 10 questions à choix de réponses posées en rafale sur les finances publiques et l’histoire de la Capitale-Nationale. Pourtant plus expérimentée que les autres candidats à l'hôtel de ville, Marie-Josée Savard a obtenu de loin le pire score, soit 4 bonnes réponses sur 10.

Elle a notamment estimé la dette municipale à 550 millions de dollars, soit trois fois moins que le 1,5 milliard inscrit au dernier budget.

Mme Savard était quand même vice-présidente du comité exécutif depuis quatre ans, rappelle son adversaire, Jean-François Gosselin. Je trouve ça surprenant, a laissé tomber le chef de Québec 21.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Jean Rousseau y voit, quant à lui, un manque de sérieux dans la préparation du débat. Le budget, il faut le connaître et le connaître sur le bout de ses doigts. Si elle ne connaît pas la dette nette de la ville, où est-ce qu'elle était pendant toutes ces années?

Ça, c'est une question à laquelle on se serait attendu qu'elle soit capable de répondre, a commenté le chef de Québec forte et fière, Bruno Marchand, sans laisser passer l’occasion de répondre aux attaques que la candidate lui avait adressées. Elle a passé toutes les semaines de début de campagne à me dire que je ne connaissais pas ça, que je ne connaissais pas la ville et que j'aurais une courbe d'apprentissage éternelle. Bien moi, je la sais la dette de la Ville.

J'étais pas très bonne

Au sujet de sa mauvaise évaluation de la dette municipale, Marie-Josée Savard laisse entendre qu’elle a eu de la difficulté à manipuler les cartons que les candidats devaient utiliser pour donner leur réponse à l’animateur du débat, tout en répétant à plusieurs reprises qu’elle ne tentait pas de justifier son résultat.

Marie-Josée Savard, derrière un lutrin, prend la parole lors du débat.

Marie-Josée Savard, candidate à la mairie de Québec.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Dans cette même section du débat, Marie-Josée Savard a aussi répondu que c'était gratuit de monter à bord des autobus du RTC depuis le début de la pandémie de COVID-19, alors que cette mesure n’est plus en vigueur. Elle s’est aussi trompée sur la portion que représente le salaire des employés municipaux dans le budget, le plus gros poste de dépenses de la Ville de Québec.

Sérieusement, j'étais pas très bonne. Je vais l'assumer, je ne peux pas faire autrement. C'est le résultat que j'ai eu, mais j'ai de la difficulté à croire que les gens vont s'arrêter à un quiz pour savoir si la personne est correcte ou pas, si elle a les compétences.

Sur la défensive

Marie-Josée Savard a aussi eu à défendre son bilan une bonne partie de la soirée. Elle a passé huit ans dans l’administration Labeaume au cours de deux mandats séparés. Ses adversaires l’ont notamment accusée de mépris envers les fonctionnaires municipaux et d'avoir échoué lamentablement à protéger le patrimoine bâti.

Jean Rousseau intervient lors du débat.

Le candidat à la mairie de Québec, Jean Rousseau.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Quand le maire a traité les cols bleus de crosseurs de système, ça a fait mal. Mme Savard, c'est encore présent dans votre administration, a lancé Jean Rousseau.

Je me doutais que j'allais être la cible un peu, je ne suis pas surprise là-dessus. C'est sûr que je défends un bilan. […] C'est un gros défi, a admis Mme Savard dans la mêlée de presse après le débat. C'est toujours facile de critiquer les résultats d'un dossier de quelqu'un quand toi, tu n'as jamais eu à porter un dossier, a-t-elle lancé à l’endroit de ses adversaires, dont deux n’ont jamais siégé à l’hôtel de ville.

Tramway et VALSE

Sur le thème de la mobilité, la pression a été redirigée vers le chef de l’opposition sortant, Jean-François Gosselin. Il est le seul candidat à rejeter le projet de tramway. Le chef de Québec 21 souhaite plutôt un métro léger qui, selon lui, pourrait être construit avec la même enveloppe de 3,3 milliards de dollars.

Vous avez le culot de nous dire qu’on a un projet sur une napkin […] et vous arrivez avec un vidéo de 2,5 minutes et vous dites : "Ça va arriver au même coût que le tramway de Québec", a fait remarquer Marie-Josée Savard, incrédule.

La chef de Transition Québec a quant à elle accusé Québec 21 de mener une campagne de désinformation et de s’appuyer sur un géologue climatosceptique pour défendre son projet de transport en commun.

Jackie Smith, derrière un lutrin, prend la parole lors d'un débat.

Jackie Smith, candidate à la mairie de Québec.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Jackie Smith fait valoir que les coûts explosent habituellement lorsqu’il est question de travaux d’excavation.

Jean-François Gosselin s’attendait à de telles critiques et a défendu bec et ongles son projet baptisé VALSE. D’autres villes le font. Pourquoi on ne serait pas capable de le faire à Québec? On va être capable de le faire aussi. J’en suis convaincu.

Jean-François Gosselin, derrière un lutrin, prend la parole lors d'un débat.

Jean-François Gosselin, candidat à la mairie de Québec.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

C’est ce que ça prend à Québec, un métro léger, avec un trambus électrique pour se rendre à D’Estimauville, a martelé le chef de Québec 21.

Québec forte et fière

Le chef de Québec forte et fière (QFF) a semblé avoir moins de temps de parole pendant le débat. Je ne pense pas qu'on doit juger une performance au nombre de fois où on prend la parole ou à la longueur de ses réponses, a répondu Bruno Marchand à un journaliste qui lui demandait de commenter sa performance.

Bruno Marchand intervient lors du débat.

Bruno Marchand intervient lors du débat.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

J'ai dit ce que j'avais à dire, j'ai pris la place que j'avais besoin de prendre pour expliquer la vision qu'on a de la ville. Quand les trois autres se chicanent à la manière traditionnelle de l'hôtel de ville, je ne pense pas que ça intéresse les citoyens, analyse le chef de QFF.

Il a une fois de plus défendu l’idée d’une redevance pour les projets immobiliers le long du tracé du futur tramway. Bruno Marchand demeure convaincu que cette initiative permettrait d’éviter de piger 300 millions de dollars dans les coffres de la Ville pour la réalisation du projet de transport en commun.

Mis à part Jackie Smith, les trois autres candidats déplorent le fait qu’une telle redevance aurait pour effet d’embourgeoiser les quartiers à proximité du tramway.

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