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Le long parcours menant au premier match des Lions de Trois-Rivières au Colisée Vidéotron

Le nouveau Colisée vu depuis un couloir qui mène à la patinoire.

Le nouveau Colisée pourra accueillir aussi des spectacles.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Le Colisée Vidéotron passera jeudi soir du rêve à la réalité en accueillant ses premiers spectateurs. Le match inaugural des Lions de Trois-Rivières dans l’enceinte concrétisera le souhait de plusieurs de construire une nouvelle installation sportive pouvant servir de domicile pour une équipe professionnelle, de salle de spectacles, et permettant d’ajouter à l’offre aux citoyens. Mais la réalisation de ce projet n’a pas été un long fleuve tranquille. Retour sur près de 20 ans qui ont mené à la soirée du 21 octobre 2021.


2002-2009 : REMETTRE LE COLISÉE AUX NORMES

En 2002, quelques semaines après son entrée officielle en fonction à titre de maire de la ville fusionnée de Trois-Rivières, Yves Lévesque souhaite rapatrier une équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) dans la cité de Laviolette. Cependant, l’état du Colisée situé au parc de l’Exposition ne plaît pas au commissaire de la ligue, Gilles Courteau, qui estime que l’aréna devrait être rénové pour répondre aux normes du circuit. De son côté, Yves Lévesque indique que la Ville n’est pas prête à investir des millions dans sa restauration.

La façade du Colisée de Trois-Rivières, au parc de l'Exposition.

La façade du Colisée de Trois-Rivières, au parc de l'Exposition.

Photo : Radio-Canada

En 2005, le quotidien Le Nouvelliste rapporte que le maire de Trois-Rivières envisage la construction d’un nouvel aréna sur les terrains de l’ancienne usine Tripap au coût de 20 millions de dollars. Une nouvelle que Yves Lévesque s’empresse de démentir. S’il reconnaît que le Colisée de Trois-Rivières ne répond plus aux besoins de la population, il assure que la construction d’un nouvel aréna est loin d’être une priorité.

La question de la rénovation du Colisée revient dans l’actualité en 2007, alors que le maire souhaite à nouveau rapatrier une équipe de la LHJMQ à Trois-Rivières et faire renaître les Draveurs, qui ont évolué dans la ligue entre 1969 et 1992.

C’est finalement en 2008, après avoir évalué les travaux de réfection du Colisée à plus de 25 millions de dollars, que l’idée de construire un nouvel amphithéâtre de 5000 sièges est lancée.

Plusieurs promoteurs et le maire Yves Lévesque rêvent même en 2009 à la venue du club-école du Canadien de Montréal, les Bulldogs de Hamilton, dans ce futur Colisée s’il voit le jour.


2010-2016 : OÙ CONSTRUIRE LE NOUVEAU COLISÉE?

Maintenant que la Ville de Trois-Rivières a exprimé le souhait de construire une nouvelle infrastructure sportive, elle cherche l’endroit où elle sera située. Au début de l’année 2010, un débat éclate sur le choix de l’emplacement.

Sur le site du Complexe sportif Alphonse-Desjardins, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine ou au parc de l’Exposition? Le conseil municipal tranche en avril pour une construction près du complexe de l’Académie Les Estacades. Une maquette est dévoilée une semaine plus tard.

La maquette du Colisée qui aurait été construit au Complexe sportif Alphonse-Desjardins.

La maquette du Colisée qui aurait été construit au Complexe sportif Alphonse-Desjardins.

Photo : Radio-Canada

En février 2011, le gouvernement du Québec donne son aval au projet de construction. Il ne manque que la participation du fédéral à être confirmée pour que Trois-Rivières puisse aller de l’avant avec ce projet évalué à l’époque à 39 millions de dollars.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper dit toutefois non quelques mois plus tard, ce qui oblige la Ville à demander une contribution supplémentaire de la part de Québec pour la construction du Colisée. Le souhait de Trois-Rivières est exaucé par les libéraux de Jean Charest qui s’engagent à financer à parts égales le projet avec la Ville, dont le coût est maintenant évalué à 46 millions de dollars.

En décembre 2013, le maire Yves Lévesque tire un trait sur l’emplacement choisi par le conseil municipal trois ans plus tôt. Il mise plutôt sur un partenariat avec l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) pour la suite des choses. La nouvelle mouture est présentée comme le Centre d’excellence régional académique et sportif.

Mais M. Lévesque est tenté par un autre emplacement : le District 55, un vaste développement résidentiel et commercial situé près de la jonction des autoroutes 55 et 40, au pied du pont Laviolette. Il propose même d’établir le projet de l’UQTR sur le site du District 55.

En 2016, une autre avenue se profile alors que le maire évoque la possibilité que l’aréna soit construit sur un terrain appartenant à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, à côté de l’École secondaire Chavigny, tout près du District 55.

Mais cette idée ne fait que passer, puisque les élus municipaux votent une résolution pour l’achat d’un terrain au District 55 pour la construction du futur Colisée.


2016-2019 : FINANCER LA CONSTRUCTION

Le 13 juillet 2016, le projet est plus que jamais sur les rails. Le gouvernement du Québec accepte de financer la moitié du coût du nouveau Colisée grâce à une subvention de 26,8 millions de dollars. Le coût du projet est alors évalué à 53,6 millions de dollars.

Le projet de colisée de 5000 places est officiellement lancé en octobre, alors que la Ville mandate deux firmes pour qu’elles estiment les coûts de toutes les étapes de construction. Le maire de Trois-Rivières veut un projet clé en main, dont le coût total ne pourra dépasser 55 millions de dollars. L’ouverture est prévue pour le printemps 2019.

Un terrain vaste près d'une autoroute.

Le terrain du nouveau Colisée de Trois-Rivières, en bordure de l'autoroute 55, en 2016.

Photo : Radio-Canada / Daniel Ricard

Les perspectives de dépassement de coûts sont toutefois trop grandes en novembre 2017. La Ville revient sur ses critères en demandant aux entreprises soumissionnaires, notamment, de diminuer le nombre de sièges autour de chacune des deux glaces de l’aréna.

Au début de l’année 2018, la construction du nouveau Colisée est confiée à l’entreprise TEQ, avec qui la Ville signe un contrat d’environ 56,7 millions de dollars. Les premiers événements devraient s’y tenir à compter de la fin 2019.

Le 4 juin 2018, le coup d’envoi à la construction est donné avec la première pelletée de terre. Le maire Yves Lévesque profite de l’occasion pour affirmer qu’une équipe de hockey s’installera au nouveau Colisée pour commencer la saison 2020-2021.


2019-2020 : TROUVER UN OU DES LOCATAIRES

Maintenant que les travaux de construction sont amorcés, la Ville doit trouver un ou des locataires pour occuper le nouveau Colisée. C’est le mandat qui est confié à l’ancien joueur du Canadien de Montréal Marc-André Bergeron en mars 2019.

Quelques mois plus tard, le propriétaire des Growlers de Terre-Neuve, dans l’ECHL, une ligue professionnelle de troisième division, rend visite au nouveau maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche. Dean MacDonald est intéressé par le chantier du District 55.

Ce dernier dépose plus tard son projet aux élus municipaux d’implanter une nouvelle équipe de l’ECHL à Trois-Rivières, affiliée à l’organisation du Canadien de Montréal, qui pourrait démarrer ses activités lors de la saison 2020-2021.

Un homme vêtu d'un veston.

L'homme d'affaires Dean MacDonald présente son projet aux élus municipaux, en février 2020.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Roberge

Une course se dessine lorsque les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières, dont le domicile est le Colisée du parc de l’Exposition, déposent également leur candidature pour occuper la future infrastructure.

Entre décembre 2019 et février 2020, le dossier connaît plusieurs rebondissements concernant l’intérêt du Tricolore à s’associer avec une franchise de l’ECHL, le choix de l’équipe qui investirait les lieux à son ouverture et une possible cohabitation entre les Patriotes et l’ECHL sous le même toit.

Au cours de cette période, Marc-André Bergeron est remercié de ses fonctions. Il sera plus tard engagé par Deacon Sports and Entertainment (DSE), le groupe de promoteurs voulant implanter une équipe de l’ECHL à Trois-Rivières.

Le 9 juillet 2020, une entente de principe d’une durée de cinq ans, assortie de deux options de renouvellement de cinq ans, elles aussi, est signée entre la Ville de Trois-Rivières et DSE pour occuper le nouveau Colisée dès la saison 2021-2022. Chaque année, quatre matchs préparatoires y seront présentés ainsi que 36 parties de saison régulière.

À la suite de cette annonce, les Patriotes se désistent et renoncent à vouloir cohabiter avec l’équipe professionnelle.


2020-2021 : DES DÉTAILS À FICELER

Cette dernière prend forme en novembre 2020, quand l’équipe de haute direction est annoncée. Marc-André Bergeron est nommé à titre de vice-président et directeur général de l’organisation, tandis que Mark Weightman, qui a travaillé pour les Alouettes de Montréal et le Rocket de Laval, en est le président et chef de la direction. Il ne faut que quelques jours avant que l’ECHL et la Ville concluent une entente.

Ce que plusieurs amateurs attendaient est confirmé au début de l’année 2021. L’organisation du Canadien de Montréal annonce son affiliation pour trois ans avec la nouvelle équipe qui verra le jour à Trois-Rivières dans l’ECHL.

Il ne reste plus aux dirigeants qu’à trouver les joueurs qui composeront la formation et une identité à l’équipe. Celle-ci est dévoilée le 10 juin 2021. L’organisation portera le nom des Lions de Trois-Rivières.

Une livraison retardée

La Ville de Trois-Rivières prend possession des lieux le 22 juillet 2021. La livraison a été retardée à trois reprises, créant un litige entre la Municipalité et le groupe TEQ. Une entente à l’amiable est intervenue entre les deux parties. L’entreprise s’était alors engagée à livrer le bâtiment pour l’été 2021. Des conflits entre TEQ et des sous-traitants, qui affirmaient avoir dû attendre plusieurs mois avant d’être payés, ont aussi marqué l’actualité.

C’est à Éric Bélanger que Marc-André Bergeron confie la tâche d’être le premier entraîneur-chef de l’histoire de la concession. Les cinq premiers joueurs des Lions sont mis sous contrat dans les semaines qui suivent.

Le visage d'Éric Bélanger devant le logo des lions et de ses commanditaires.

Éric Bélanger est devenu, en juin 2021, le premier entraîneur-chef de l'histoire la nouvelle équipe de hockey professionnel de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Le 9 septembre 2021, à un peu plus d’un mois du premier match des Lions, la Ville annonce que leur nouveau domicile sera connu sous le nom de Colisée Vidéotron. L’édifice est inauguré trois jours plus tard. La population peut alors découvrir pour la première fois l’installation de 60,6 millions de dollars qui abrite deux patinoires et des salles multifonctionnelles.

Le camp d’entraînement des Lions s’ouvre le 7 octobre en vue du début de la saison, le 21 octobre 2021. Pour l’occasion, l’équipe trifluvienne affronte les Growlers de Terre-Neuve, l’autre équipe détenue par l’homme d’affaires Dean MacDonald.

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