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Sondage : Catherine Fournier en avance dans la course à la mairie de Longueuil

Catherine Fournier devant un lutrin.

La candidate à la mairie de Longueuil Catherine Fournier

Photo : Radio-Canada

Catherine Fournier est en tête dans la course à la mairie de Longueuil, selon un sondage CROP-Radio-Canada. Elle creuse l'écart qui la sépare de ses adversaires.

Les intentions de vote sont de 33 % pour Mme Fournier, de 10 % pour Josée Latendresse, de 6 % pour Jean-Marc Léveillé et de 4 % pour Jacques Létourneau.

À 29 ans, Mme Fournier est loin d’être une nouvelle venue en politique. Députée de la circonscription de Marie-Victorin depuis décembre 2016, elle est très présente dans les médias, ce qui lui confère un profil public appréciable, croit Alain Giguère, président de la maison de sondage CROP. Elle incarne un grand dynamisme. C'est une femme de vision, de force, soutient le sondeur.

Sa décision, en 2019, de quitter le Parti québécois, qu’elle n’estimait pas assez indépendantiste, l’a également servie, croit M. Giguère.

« Elle incarne une espèce de renouveau, une force. On veut du sang neuf et elle a l'air d'avoir la drive qu'il faut. »

— Une citation de  Alain Giguère, président de la maison de sondage CROP

C’est également l’avis de Danielle Pilette, professeure associée à l'École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle estime que le fait que Mme Fournier soit députée d’une circonscription de Longueuil traduit un engagement pour leur ville que les gens apprécient. Les gens se disent : voilà une candidate qui était engagée comme députée et qui est restée notre députée, même si elle a laissé le Parti québécois, affirme Mme Pilette.

Cette connexion entre les paliers fédéral, provincial et municipal fonctionne en général assez bien, mentionne Mme Pilette, citant le cas de Denis Coderre en 2013, qui avait passé de longues années comme député au fédéral avant de se présenter à la mairie de Montréal.

Ses réalisations passées permettent aux électeurs d’évaluer celui ou celle pour qui ils s’apprêtent à voter.

« D’abord, Catherine Fournier a plus de notoriété, puis aussi, on peut l'évaluer.  »

— Une citation de  Danielle Pilette, professeure associée à l'École des sciences de la gestion de l’UQAM

Fait à noter, le taux d’indécis, à 44 %, est particulièrement élevé dans ce sondage. Selon M. Giguère, cela s’explique par une certaine fatigue électorale, après l’élection fédérale du 16 septembre, et un certain désintérêt pour la chose municipale.

Statistiquement, si on regarde les chiffres, Mme Fournier pourrait l'emporter pareil parce qu'elle a une avance confortable, affirme-t-il. Il faudrait que tous les indécis se branchent en faveur de ses adversaires pour qu'elle ne rentre pas.

Notre couverture des élections municipales au Québec en 2021.

Les enjeux qui préoccupent les Longueuillois

À la différence des Montréalais et des Lavallois, les habitants de Longueuil ne classent pas la sécurité en tête de leurs priorités. C’est plutôt l’accès au logement qui les inquiète, puis l’environnement, alors que la place du français est au dernier rang.

L’importance accordée au logement n’est pas surprenante dans le contexte de la crise actuelle, tandis que le sentiment d’insécurité, à Longueuil, ne semble pas être aussi important qu’à Montréal ou à Laval, observe Danielle Pilette.

La criminalité, quand il y en a, est une criminalité de la Rive-Sud, explique la chercheuse. Elle n'est pas en lien avec la criminalité montréalaise, alors que celle de Laval, elle, y est liée. Par contre, à Longueuil, on est très près du centre-ville de Montréal en fait de distance et de densité. Donc, on retrouve les préoccupations d'accessibilité aux logements.

Pourquoi l’environnement ou la protection du français, deux enjeux dont on parle beaucoup, ne sont pas plus haut sur la liste?

C’est peut-être dû au fait que, pour les gens, ces questions ne sont pas de compétence municipale. C’est notamment le cas pour le français, note Mme Pilette. Même si ce n'est pas tout le monde qui connaît précisément les compétences des villes, tout le monde sait qu'il y a un Office de la langue française et que ça ne relève pas de la Ville de Montréal.

Le transport alternatif

À la question de savoir si leur administration municipale devrait investir davantage dans le transport alternatif (transport en commun, vélo, marche, etc.) ou dans les routes (nids de poule, circulation), les Longueuillois privilégient les routes. N'empêche qu'un nombre important choisit le transport alternatif.

Cela traduit un changement générationnel qu’on voit partout en Amérique du Nord, note Danielle Pilette.

Les jeunes ont vraiment un autre mode de vie, souligne-t-elle. Ils gardent leur argent pour les voyages à l'étranger, en avion. Quand ils se déplacent, ils le font en transport actif ou en transport collectif. Bien des jeunes, signale-t-elle, n’ont même pas de permis de conduire.

« Ils ne parcourent plus l'espace métropolitain comme les générations précédentes. »

— Une citation de  Danielle Pilette, professeure associée à l'École des sciences de la gestion de l’UQAM

Une inconnue : le taux de participation

À plus de deux semaines du scrutin, les jeux ne sont pas encore faits, mais le taux d’indécis préoccupe M. Giguère, qui craint qu’il se répercute sur l’affluence le jour du vote. Je ne sais pas quel va être le taux de participation, mais ça ne s'annonce pas bien, s'inquiète-t-il.

« C'est désolant pour la démocratie. Ça donne l'impression qu'il y a un manque d'intérêt, alors que toute l’information est là. »

— Une citation de  Alain Giguère, président de la maison de sondage CROP

Aux élections municipales de l’automne 2017, le taux général de participation a été de 44,8 %. Longueuil (32,4 %) et Laval (36,3 %) étaient bien au-dessous de la moyenne.

Méthodologie

Le sondage a été mené par la firme de sondages CROP, au téléphone et en ligne auprès de 501 citoyens de Longueuil, du 7 au 16 octobre 2021. Étant donné qu'une partie du sondage est réalisée par panel Web, il s'agit d'un sondage non probabiliste qui n'a pas de marge d'erreur. À titre informatif, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d'erreur de 4 %.

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