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Fuite de Paul Mukendi : son ancienne avocate n’avait rien vu venir

Les documents pour porter sa cause en Cour suprême et pour une demande de remise en liberté étaient fins prêts le jour de sa fuite.

L'avocate porte sa toge devant le palais de justice de Québec.

Me Dominique Bertrand, ex-avocate de Paul Mukendi

Photo : Radio-Canada

L'ex-avocate de Paul Mukendi au Québec, Me Dominique Bertrand, a été la première surprise d'apprendre qu'il avait fui les autorités, le 20 août. Tout avait été préparé avec son client pour porter sa cause en Cour suprême, confie-t-elle à Radio-Canada.

Le revers de Paul Mukendi en Cour d'appel confirmant sa condamnation pour agression sexuelle ne devait pas être la fin de son parcours judiciaire.

Nous avions reçu le mandat [de notre client] d'adresser une demande d'autorisation auprès de la Cour suprême du Canada pour en appeler du jugement de la Cour d'appel, affirme Me Bertrand, qui a accepté d'aborder publiquement le cas de Paul Mukendi pour la première fois depuis que la pasteur a pris la fuite.

Tout avait été planifié, y compris une demande de remise en liberté, le temps que la Cour suprême tranche le sort de Paul Mukendi. L'objectif, poursuit Me Bertrand, était de tout déposer le 20 août, soit le jour même où il devait se livrer aux autorités en vertu d'un ordre de la Cour d'appel.

Paul Mukendi est menotté et escorté par un policier ainsi que par son avocate.

Paul Mukendi à sa sortie du palais de justice de Québec le 27 février 2020, en compagnie de l'avocate Dominique Bertrand.

Photo : Radio-Canada

Fuite surprise

Me Bertrand témoigne aujourd'hui de son étonnement et assure qu'elle n'a rien vu venir ce jour-là. On a eu la nouvelle en même temps que les autres que M. Mukendi s'était enfui. On a été les premiers à être les plus étonnés, ajoute-t-elle.

D'autant plus que le révérend, dit-elle, avait toujours été respectueux de toutes ses conditions de remise en liberté et de notre système de justice.

Après cette décision prise par Paul Mukendi, Me Dominique Bertrand a demandé à la cour de la retirer des dossiers la liant à son client. Dans la mesure où mon client a quitté, en tant qu'avocate et comme officier de justice, je ne pouvais pas continuer à occuper le dossier, explique-t-elle.

« Je ne pouvais pas cautionner les choix que M. Mukendi avait faits. »

— Une citation de  Me Dominique Bertrand

Dans un scénario hypothétique où Paul Mukendi reviendrait au Canada, Me Bertrand est peu optimiste qu'il obtiendrait la clémence de la Cour suprême. Il faut respecter les tribunaux et les ordres que les tribunaux nous donnent pour pouvoir leur demander secours, soutient-elle.

Le fondateur du Centre évangélique Parole de vie, à Québec, a fait surface en République démocratique du Congo, hier. Depuis le début de sa cavale, Paul Mukendi accuse régulièrement le système de justice canadien. Il dit avoir été victime d'une injustice, d'un complot et que son sort était scellé d'avance.

Il continue également de marteler qu'il est victime de ses prises de position contre l'homosexualité.

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