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Après presque 15 ans d’absence, Algoma Steel revient sur le marché boursier

Justin Trudeau porte un casque de chantier accompagné de travailleurs dans une asciérie.

Justin Trudeau visite l'usine d'Algoma Steel à Sault-Sainte-Marie le 5 juillet 2021. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

La compagnie Algoma Steel, basée à Sault-Sainte-Marie, dans le Nord de l'Ontario, fait son entrée en bourse mardi après la finalisation de l’accord de fusion avec la société d’acquisition new-yorkaise Legato.

C’est un chapitre important dans l’histoire de cette entreprise canadienne qui a dû se mettre à l’abri de ses créanciers en 2015 après la chute du prix de l’acier.

Grâce à l’accord de fusion, Algoma Steel réalise un bénéfice net de 377 millions de dollars.

Cette somme permettra de refluer les coffres de l’entreprise et d’effectuer des investissements stratégiques pour moderniser les installations de Sault-Sainte-Marie, peut-on lire dans le communiqué de presse paru tôt mardi matin.

Algoma Steel compte entre autres transitionner vers des pratiques plus concurrentielles et écoénergétiques, comme la mise en place d’un nouveau fourneau électrique à arc pour l’élaboration de l’acier.

Utiliser un fourneau alimenté par un système électrique au lieu du charbon permettra de réduire les émissions de carbone de plus de trois millions de tonnes par an, selon l’entreprise.

Des bobines d'acier dans un environnement industriel.

Algoma réduira son utilisation du charbon, notamment grâce à l'aide financière du gouvernement fédéral.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

L'entreprise produit environ 2,8 millions de tonnes d'acier par an, ce qui en fait la deuxième plus grande entreprise sidérurgique du Canada.

Dès mercredi, les actions d’Algoma Steel se négociaient sur la bourse technologique de New York, le NASDAQ, et à la Bourse de Toronto.

Une décision stratégique

Legato est une société d'acquisition à vocation spécifique, c’est-à-dire une entreprise sans activités commerciales dont l’objectif est de lever des fonds en entrant en bourse.

Ces entreprises sont de plus en plus présentes dans le marché boursier, explique Robert Tetrault, gestionnaire de portefeuille et premier vice-président de Canaccord Genuity, une firme de services financiers.

Les entreprises comme Legato ont accès à des sources de financement et sont déjà cotées en bourse, poursuit-il.

Avec l’accord de leurs actionnaires, ils partent à la recherche d’entreprises qui répondent à certains critères, dans l’espoir de faire des accords de fusion.

Algoma entre en bourse alors que le prix de l’acier connaît une hausse importante, remarque M. Tétrault. C’est la hausse du prix de l’acier qui a rendu cette transaction possible .

« Le prix de l’acier et de d’autres ressources naturelles a augmenté au cours de la dernière année, créant les conditions de marché favorables pour Algoma et pour Legato. »

— Une citation de  Robert Tetrault, gestionnaire de portefeuille et premier vice-président de Canaccord Genuity, une firme de services financiers.

Selon ce conseiller financier, il ne serait pas surprenant de voir d’autres compagnies industrielles comme Algoma emprunter la même voie. Fusionner permet de créer de la liquidité, de vendre au-delà de la valeur estimée, et permet aux actionnaires de sortir du capital de l’entreprise.

Le syndicat des Métallos craint une perte d’emplois

Le vice-président de la section 2251 du syndicat des Métallos, Mark Molinero, est plutôt indifférent à l’entrée en bourse d’Algoma Steel.

Je ne pense pas qu’on peut dire que ça va nécessairement améliorer les choses, commente-t-il.

Un travailleur arrive pour son quart de travail à l'aciérie Algoma.

Algoma Steel est le principal employeur privé de Sault-Sainte-Marie.

Photo : CBC/Erik White

Nous n'appuyons pas nécessairement la décision de transitionner vers un fourneau électrique à arc, poursuit-il. Nous sommes préoccupés par les différents scénarios que l’équipe de gestion nous a présentés.

« Dans cette transition, il y aura peut-être des installations qui ne seront plus en marche, et ça pourrait avoir un impact sur le nombre d’emplois à Algoma Steel. »

— Une citation de  Mark Molinero, vice-président de la section 2251 du syndicat des Métallos

M Molinero affirme avoir tenté de discuter plusieurs fois de cet enjeu avec le premier ministre Justin Trudeau lors de son passage à Sault Sainte Marie et l’équipe de gestion d’Algoma Steel, sans succès.

De son côté, Algoma Steel affirme que la fusion n’aura pas d’impact sur la composition de l’équipe de gestion.

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