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Détecter le cancer avant la formation d’une tumeur

Représentation artistique d'une tumeur cancéreuse.

La technique mise au point à l'Université Concordia permet de détecter le cancer avant la formation d'une tumeur.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une technique qui permet de détecter le cancer à l’échelle nanométrique a été conçue par des scientifiques québécois de l’Université Concordia.

Le Pr Muthukumaran Packirisamy et le doctorant Srinivas Bathini expliquent que leur technologie dite microfluidique, aussi appelée laboratoire sur puce, utilise des particules magnétiques pour détecter les biomarqueurs suspects avant même la formation d’une première tumeur.

Cette technique permet d’établir un diagnostic très précoce du cancer, ce qui peut nous aider à trouver des solutions thérapeutiques et à améliorer la vie des patients, explique dans un communiqué le Pr Packirisamy, qui est également directeur du Laboratoire de biomicrosystèmes optiques de Concordia.

Plus c'est détecté tôt, mieux c'est

Au moment où une personne reçoit un diagnostic, le cancer est souvent à un stade avancé et s’est propagé dans tout le corps sous forme de métastases.

Cette réalité réduit considérablement les chances de survie des patients.

La nouvelle méthode est basée sur une biopsie liquide qui intègre donc la technologie du laboratoire sur puce.

À l’aide de particules magnétiques recouvertes d’un agent de liaison spécialement conçu, la puce de biopsie liquide attire et piège en quelque sorte les particules contenant des biomarqueurs cancérigènes, affirment les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Biosensors and Bioelectronics (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Repères

  • Près de la moitié des Canadiens développeront un cancer au cours de leur vie et environ un quart en mourront.
  • Pas moins de 210 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués et quelque 80 800 personnes en meurent chaque année.
  • Le cancer fait 9 millions de morts par année dans le monde.

Prendre le messager au piège

La puce de biopsie cible les vésicules extracellulaires (VE), un type de particule libéré par la plupart des cellules organiques et qui agissent comme des messagers intercellulaires.

Ces vésicules sont extrêmement petites. Elles ne mesurent généralement qu’entre 40 et 200 nanomètres.

Elles transportent toutefois toute une cargaison de protéines, d’acides nucléiques tels que l’ARN, de métabolites et d’autres molécules provenant de la cellule mère, et sont ensuite absorbées par d’autres cellules, explique le communiqué.

Les VE peuvent aussi contenir des biomarqueurs associés au cancer et répandre leur cargaison toxique de cellule en cellule.

La puce cible donc les exosomes porteurs de cancer. Elle contient des nanoparticules magnétiques ou d’or recouvertes d’un polypeptide synthétique qui servent d’agent de liaison moléculaire.

Ensuite, dès qu’une gouttelette de liquide organique (sang, salive, urine) entre en contact avec la puce, les exosomes se fixent aux nanoparticules traitées.

Les chercheurs les séparent ensuite des nanoparticules et procèdent à une analyse (protéomique et génomique) pour déterminer le type de cancer précis.

De nombreux avantages

Les biopsies liquides évitent le traumatisme des biopsies invasives, qui impliquent une chirurgie exploratoire, ajoute M. Packirisamy. Nous pouvons obtenir tous les marqueurs et pronostics du cancer simplement en analysant n’importe quel liquide corporel.

Dans ces travaux, les chercheurs ont eu recours à des cellules de cancer du sein, mais ils aimeraient à terme créer des tests de dépistage pour les autres cancers.

Peut-être qu’un jour ce produit sera aussi facilement accessible que d’autres dispositifs hors laboratoire, comme les tests de grossesse à domicile, espère Srinivas Bathini.

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