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Terres non cédées : le Canadien de Montréal fait erreur, croit le ministre Lafrenière

Un dessin sur une pierre, sur laquelle est peint « This is mohawk land ».

Le Canadien de Montréal salue désormais avant chaque partie l'hospitalité de la nation mohawk pour ce match disputé sur son territoire traditionnel et non cédé.

Photo : Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Le gouvernement Legault rabroue le Canadien qui affirme que Montréal est un territoire autochtone non cédé. Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, soutient que l'organisation fait erreur.

Le Canadien de Montréal annonce désormais avant le début des matchs à domicile que son organisation reconnaît la nation mohawk pour son hospitalité sur son territoire traditionnel et non cédé.

C'est une décision du Canadien, a dit M. Lafrenière en mêlée de presse à l'Assemblée nationale. C'est important de reconnaître que les Premières Nations étaient là avant nous et qu'on cohabite ensemble, mais là, on embarque dans un débat d'historiens qui ne s'entendent pas, donc c'était peut-être une erreur.

Particulièrement à Montréal, on ne s'entend pas sur qui était là en premier, a-t-il poursuivi, et c'est là que ça devient compliqué.

Des artefacts prouvent que plusieurs communautés ont été de passage à Montréal. Voici pourquoi on ne s'entend pas de façon historique, a plaidé M. Lafrenière.

Le ministre a dit qu'il préfère se limiter à reconnaître que les Autochtones et les Inuit étaient ici auparavant, sans préciser le territoire et la nation.

L'opposition suggère de tenir un débat élargi à l'Assemblée nationale avec des représentants autochtones, mais le gouvernement caquiste ferme la porte à cette requête.

Ça demande une position officielle sur l'histoire du Québec et on ne peut pas la réécrire, a tranché M. Lafrenière.

Il soutient que cette controverse a une incidence positive malgré tout, parce qu'elle permet de parler de ces enjeux territoriaux.

Mardi, l'opposition officielle libérale avait salué la décision du Canadien. Dominique Anglade avait néanmoins reconnu que la recherche historique est loin d'être catégorique sur cette question.

La véracité de tout ça est importante, mais le message aussi est important et doit être véhiculé. [...] S'il y a des faits qui doivent être vérifiés, qu'ils les vérifient.

Le Parti québécois (PQ) s'était prononcé contre la prise de position du Canadien.

Son chef, Paul St-Pierre Plamondon, avait dit qu'il fallait laisser ce débat aux historiens. Il avait toutefois ajouté que la vérité avait ses droits.

Si c'est erroné sur le plan historique que d'affirmer que c'est un territoire mohawk non cédé, je regrette, mais la vérité est importante. La rigueur, les faits comptent.

Il se demande aussi pourquoi une équipe sportive décide de se prononcer sur une question historique.

De son côté, Québec solidaire (QS) a dit aussi vouloir laisser le débat aux historiens.

Le chef parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, a dit ne pas vouloir lancer la pierre au Canadien, même s'il rappelle que c'est une entreprise qui songe d'abord à faire des profits quand elle se positionne.

Tant que l'État québécois ne mettra pas au clair la question des droits ancestraux, des controverses comme celle-là vont se produire, a-t-il soutenu.

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