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Riopelle et la nordicité autochtone au Musée d’art Audain de Whistler

Jean Paul Riopelle, dans un paysage hivernal, regarde au loin.

Jean Paul Riopelle.

Photo : Basil Zarov (1905(?) - 1998), Jean Paul Riopelle à l’atelier de Sainte - Marguerite - du - Lac - Masson. Au loin, l’œuvre « La Défaite », v ers 1976, photographie noir et blanc. Ottawa, Bibliothèque et Archives Canada. © Succession Jean Paul Riopelle / SOCAN ( 2021 ). Photo © Bibliothèque et Archives Canada. Reproduction autorisée par Bibliothèque et Archives Canada/Fonds Basil Zarov/e011205146

Le Musée d'art Audain de Whistler accueille Riopelle : The Call of Northern Landscapes and Indigenous Cultures, une exposition d’envergure qui met en lumière l’intérêt marqué de Jean Paul Riopelle (1923-2002) pour la nordicité et les peuples autochtones.

Conçue par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), cette exposition jette un éclairage sur un aspect moins connu du travail du peintre, graveur et sculpteur québécois.

Se concentrant sur sa production des années 1950 à 1970, cette exposition retrace, par le biais d'œuvres, d'artefacts et d’archives, les voyages et les influences qui ont nourri l'intérêt de l'artiste pour les territoires nordiques et les communautés autochtones d’Amérique du Nord.

Années 70 : décennie de changements

Les années 70 sont très importantes pour Riopelle, car c’est une décennie où il change, explique Curtis Collins, directeur général et conservateur en chef du Musée d'art Audain de Whistler.

Une œuvre de Jean Paul Riopelle.

Une œuvre de Jean Paul Riopelle.

Photo : Jean Paul Riopelle, Montreal 1923 – L’Isle-aux-Grues 2002, Tyuk 1971 Acrylic on lithographs mounted on canvas (triptych) Collection of Jules Maeght Photo: Alex Lamic

Au cours des années 1970, Riopelle, qui vit alors à Paris, revient de plus en plus souvent au Québec et entreprend des expéditions dans le Grand Nord québécois et canadien. De courts séjours qui conduisent l'artiste à exprimer, de manière plus marquée, son intérêt pour le Grand Nord.

Il peint des icebergs, s'inspire d'éléments de la culture inuit, comme les jeux de ficelles, ou encore opte pour le noir et le blanc, alors qu'il était reconnu pour ses toiles colorées.

« C’est une exposition qui porte sur tout ce qu’il lisait en rapport avec le Grand Nord et les peuples autochtones. »

— Une citation de  Curtis Collins, directeur général et conservateur en chef du Musée d'art Audain de Whistler

Suivant un parcours chronologique et thématique à travers quatre salles, l’exposition réunit non seulement des peintures, des sculptures et des œuvres sur papier de Riopelle, mais aussi des œuvres historiques des communautés yupik et tlingit, entre autres, et celles d’artistes inuit contemporains tels que Noah Arpatuq Echalook.

Femme jouant à la ficelle, une œuvre de Noah Arpatuq Echalook.

Une oeuvre de Noah Arpatuq Echalook.

Photo : Noah Arpatuq Echalook (né en 1946), Femme jouant à la ficelle, 1987, pierre vein ée vert foncé, ivoire, peau d’animal, 26 x 39 x 24 cm. Ottawa, Musée des beaux - arts du Canada. © Fédération des coopératives du Nouveau - Québec. Photo MBAC

À partir des recherches réalisées dans le cadre de cette exposition, le Musée a d'abord retrouvé les publications dont Riopelle s'est inspiré pour son travail. Ce dernier est ensuite parti à la recherche d'œuvres illustrées dans ces ouvrages dans le but de les obtenir pour ce projet d'exposition.

Oeuvre de Jean Paul Riopelle.

Encourager le dialogue

M. Collins souligne que le musée cherche à provoquer chez les visiteurs une réflexion sur l’appropriation culturelle. Je suis prêt pour toutes sortes de discussions, lance-t-il.

Ce dernier est conscient du risque que prend l'établissement muséal, l'exposition pouvant susciter des réactions ou des critiques, mais il soutient qu'il est très important pour le Musée de parler de ces choses difficiles et complexes.

C’est la raison pour laquelle je me suis adressé à Alison Pascal et Xwalacktun pour savoir comment aborder une telle exposition, précise M. Collins.

Alison Pascal est conservatrice au centre culturel Squamish Lil’wat, tandis que Xwalacktun est un artiste d’origine squamish et kwakwak’wakw, qui fait aussi partie du conseil d’administration du musée.

« C’était une belle occasion d’avoir une discussion interculturelle. »

— Une citation de  Curtis Collins, directeur général et conservateur en chef du Musée d'art Audain de Whistler

M. Collins ajoute que l'événement est aussi une occasion pour le Musée d'art Audain de s’inscrire dans un mouvement de réconciliation en offrant un contexte visuel et culturel pour alimenter le dialogue interculturel.

Dans cette optique de réconciliation, le Musée d'art Audain proposera des visites guidées en compagnie d’Alison Pascal et de Xwalacktun afin d’offrir une perspective autochtone sur l’exposition.

Nous voulons aussi encourager les membres des nations Squamish et Lil'wat à venir voir l’exposition, dit le conservateur.

Whistler : premier arrêt

Reconnu pour sa riche collection d’art autochtone et canadien, le Musée d’art Audain a été choisi par le MBAM comme premier arrêt pour cette exposition itinérante.

L'œuvre Pangnirtung de Jean Paul Riopelle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Œuvre de Jean Paul Riopelle.

Photo : Jean Paul Riopelle (1923 - 2002), Pangnirtung (triptyque), 1977, huile sur toile, 200 x 560 cm. Musée national d es beaux - arts du Québec, achat grâce à une contribution spéciale de la Société des loteries du Québec. Inv. 1997.113. © Succession Jean Paul Riopelle / SOCAN ( 2021 ). Photo MNBAQ, Idra Labrie

M. Collins se réjouit des liens naturels qui existent entre l’exposition Riopelle et la collection permanente du Musée d’art Audain.

Prenez les masques de Willie Seaweed dans l’exposition de Riopelle. On a aussi des masques de cet artiste dans notre collection permanente. Je pense que cette exposition a peut-être une plus grande résonance ici qu’à Montréal, confie le directeur du musée de Whistler.

C’est d’ailleurs la première exposition consacrée à Riopelle dans l’Ouest canadien, selon Curtis Collins.

C'est aussi la plus importante dans l’histoire du Musée d’art Audain, qui célébrera ses six ans d’existence en 2022.

L’exposition Riopelle : The Call of Northern Landscapes and Indigenous Cultures est présentée jusqu’au 21 février 2022 au Musée d’art Audain de Whistler.

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